(Unità Naziunale, CorsicaInfurmazione.org, Publié le 5 mars) Jean-Pierre Arrighi aura été, durant plus d’un demi-siècle, de toutes les luttes du mouvement national corse. Militant associatif, politique et infatigable sportif, il incarnait une fidélité constante à la cause du peuple corse, à ses droits nationaux, à sa langue et à sa terre.
Issu dans les années 1970 de la mouvance CGT–PCF, il rejoint rapidement les rangs nationalistes. À Paris, après les événements d’Aléria, il participe activement aux comités de soutien, notamment au moment du procès d’Edmond Simeoni. Il milite alors au sein du FRC puis du PCS, aux côtés de Jean-Pierre Santini, et contribue à la fondation de l’UTCE (Union des Travailleurs Corses Exilés).
De retour à Aiacciu, il s’engage plus avant dans la lutte clandestine en rejoignant le FLNC, aux côtés notamment de Jean Biancucci. Il participe à l’essor d’une presse nationaliste indépendante autour de Dominique Alfonsi, contribuant à l’émergence de médias corses authentiques, malgré les difficultés financières et la répression. Il est notamment impliqué dans la publication clandestine du premier numéro de Ribellu, imprimé secrètement à Aiacciu et présenté lors d’une conférence de presse à Capu di Fenu.
Face à la répression accrue de l’État – notamment après l’Affaire dite « du Boeing » – il devient l’un des animateurs du Comité Anti-Répression, aux côtés de militants de la CGNC et d’Antone Murati. Cette mobilisation contribuera à la libération de prisonniers politiques, dont Dominique Alfonsi, à l’issue d’une grève de la faim.
Dans les années 1980, Jean-Pierre Arrighi est omniprésent : mobilisations de Bastelica-Fesch, luttes étudiantes, comités nationalistes, campagnes contre la criminalisation du mouvement. En janvier 1983, lors de l’arrivée du préfet Robert Broussard, symbole d’une nouvelle phase répressive, il est interpellé alors qu’il inscrit « Broussard Fora » sur les murs de la préfecture d’Aiacciu. Son engagement ne faiblira jamais, y compris durant les périodes de divisions internes où il privilégiera toujours le rassemblement et le soutien aux victimes de la répression.
Internationaliste convaincu, il participe aux campagnes de solidarité avec l’Amérique latine, notamment avec le Front Farabundo Martí de libération nationale (FMLN) au Salvador et au sein du comité Corse-Nicaragua. Il œuvre à la collecte de fonds pour des projets solidaires et contribue à tisser des liens entre la cause corse et d’autres luttes de libération nationale.
Au fil des décennies, il accompagnera les évolutions du mouvement, se rapprochant de a Chjama d’Edmond puis, plus récemment, de Femu a Corsica, dont il soutiendra la démarche de rassemblement national.
Mais Jean-Pierre Arrighi, c’était aussi une silhouette athlétique arpentant les rues d’Aiacciu. Marathonien infatigable, il parcourut des milliers de kilomètres à travers le monde, portant fièrement la bandera corsa jusqu’à la Grande Muraille de Chine. Son endurance sportive était à l’image de son militantisme : constante, déterminée, sans recherche de posture.
De l’Union des Corses en Exil aux mobilisations contemporaines, des distributions de tracts aux veilles devant la préfecture, il fut de toutes les présences. Toujours aux côtés des prisonniers politiques, des familles éprouvées, des jeunes militants, il incarnait une fidélité sans faille à la cause du peuple corse.
Avec sa disparition, c’est une figure de la génération contestataire corse qui s’éteint. Mais son exemple demeure : celui d’un militant sincère, rassembleur, patriote de conviction, dont la vie fut entièrement consacrée à la défense de la nation corse.
AnTo FpcL
« Si n’hè andatu à l’Eternu Ghjuvan’Petru Arrighi, militantu di prima trinca » – #Corse

