Edito – « Emploi en Corse : le colonialisme version EDF » – Revue de presse et communiqués de soutien

(Corsicainfurmazione.org, Unità Naziunale, Publié le 17 février 2026) Ce qui se joue aujourd’hui autour de la politique de recrutement à la centrale et sur le chantier du Ricantu n’est ni un simple désaccord social ni une difficulté technique de gestion des ressources humaines : c’est l’illustration flagrante d’un système colonial toujours à l’œuvre, dans lequel la Corse reste considérée comme une périphérie dominée, privée de la maîtrise de son développement économique et de son avenir professionnel.

Malgré l’existence avérée de Corses diplômés, formés, compétents, malgré des engagements écrits, formalisés et signés, malgré les déclarations publiques de la direction et de la présidence  promettant l’ancrage territorial, l’accès prioritaire à l’emploi local et le développement économique insulaire, les faits démontrent une continuité assumée des pratiques d’exclusion. La direction persiste à recruter des cadres venus du continent pour des postes qui, de l’aveu même des représentants syndicaux, relèvent de fonctions d’entrée, parfois réduites à des compétences élémentaires, reléguant ainsi les travailleurs corses à des rôles subalternes, exécutants, sans perspective réelle d’évolution.

Cette logique n’est pas nouvelle : elle s’inscrit dans la droite ligne de ce qui est déjà observé dans des structures stratégiques, où la Corse sert de territoire d’implantation mais jamais de centre de décision. Les engagements pris l’an dernier n’ont pas été respectés ; ils sont restés des mots couchés sur le papier, sans traduction concrète dans la stratégie d’entreprise. Le dialogue social, lui, n’est qu’une façade : la direction fait mine d’écouter, mais poursuit exactement la même politique que l’année précédente, en décidant seule, hors sol, sans tenir compte des réalités locales ni des compétences existantes sur le territoire. Cette absence d’ouverture n’est pas une maladresse, c’est un choix politique et idéologique, fondé sur l’idée profondément ancrée que les Corses ne seraient pas aptes à occuper des postes de responsabilité, d’encadrement ou de pilotage stratégique.

Le chantier de la centrale du Ricantu est emblématique de cette dépossession. Toute l’équipe encadrante du projet de construction est largement marquée par l’absence d’emplois locaux, alors même qu’il s’agit d’un projet structurant, financé et implanté en Corse, avec des conséquences économiques et énergétiques majeures pour l’île. Former ponctuellement un jeune Corse pour l’occuper sur un chantier exceptionnel, qui ne se reproduira pas avant trente ou quarante ans, sans lui donner accès aux postes de décision ni à une trajectoire professionnelle durable, relève du cynisme. Les quelques embauches locales obtenues – trois au total, issues de deux protocoles – ne sauraient masquer la réalité : elles servent d’alibi à une politique globale qui continue de privilégier des profils venus du continent, au prétexte fallacieux que « les compétences n’existent pas en Corse ». Cette affirmation est non seulement fausse, mais insultante pour l’ensemble des travailleurs corses.

Ce fonctionnement traduit une vision coloniale de l’économie : la Corse est pensée comme un espace à exploiter, non comme un territoire à faire grandir. Les décisions stratégiques sont prises ailleurs, par d’autres, pour d’autres intérêts, et imposées localement sans ancrage territorial réel. EDF, à travers sa filiale et ses directions locales, reproduit une relation de domination typique du rapport entre la France et la Corse : extraction des ressources, contrôle des infrastructures clés, importation des cadres dirigeants, et maintien de la population locale dans des positions d’exécution. La « corsisation des emplois » ne peut pas être un slogan creux ni une concession arrachée en période de conflit social ; elle doit devenir une stratégie centrale, structurante, assumée, inscrite dans les faits et non dans les discours. Tant que l’accès des Corses aux postes d’encadrement, de responsabilité et de décision restera bloqué par des logiques venues d’ailleurs, il faudra continuer à se mobiliser, car ce combat est quotidien : il s’agit ni plus ni moins que du droit d’un peuple à travailler, décider et se développer sur sa propre terre, face à un État français et à des entreprises publiques comme EDF qui continuent d’agir en puissance coloniale.

E fora a Francia..

Anto FpcL


(Alta Frequenza) Le STC d’EDF dénonce devant la centrale de Lucciana une nouvelle étape dans la décorsisation des emplois, illustrant une logique coloniale de gestion des ressources humaines en Corse. Malgré les compétences disponibles localement, des postes de cadre seraient ouverts à la mobilité française, contournant l’emploi Corse. Pour le syndicat, cette politique confirme une marginalisation organisée des travailleurs corses dans leur propre pays.

(FR3Corse) Le STC dénonce une politique de recrutement d’EDF à la centrale de Lucciana qui marginalise les compétences corses au profit de cadres venus de france, réduisant la présence insulaire dans l’encadrement. Le syndicat y voit des pratiques produisant des effets coloniaux, reléguant les travailleurs corses à des postes subalternes malgré des profils qualifiés sur le territoire. À la veille de la rencontre avec la direction, le STC exige des critères d’embauche favorisant l’emploi local et le respect des engagements pris après la grève de mars dernier.

(Corse Matin) Le STC a rassemblé une cinquantaine de personnes devant la centrale EDF de Lucciana pour dénoncer une « décorsisation » des emplois liée à des recrutements ouverts au niveau national pour des postes de cadre. Le syndicat estime que ces pratiques vont à l’encontre d’un protocole signé en mars 2025 en faveur de l’emploi local et affirme que les compétences nécessaires existent en Corse. Dans l’attente d’un entretien avec la direction, il prévient que des actions, dont un préavis de grève, pourraient être engagées en l’absence de réponses concrètes.

(Corse Net Infos) À Lucciana, le STC dénonce une politique de recrutement qui écarte les compétences corses au profit de cadres venus du continent. Pour le syndicat, cette « décorsisation » des emplois relève d’un raisonnement colonial, niant l’ancrage territorial et les engagements pris. La corsisation des emplois n’est pas un slogan : c’est une exigence politique et sociale pour vivre et travailler au pays.

(RcfM) Devant la centrale de Lucciana, le STC dénonce une politique de recrutement qui marginalise les travailleurs corses malgré des compétences locales avérées. Pour le syndicat, cette décorsisation des emplois s’inscrit dans une logique coloniale, en contradiction totale avec les engagements pris par la direction. La corsisation des emplois doit devenir une stratégie réelle, faute de quoi la mobilisation s’amplifiera.


Core in Fronte apporte son soutien aux agents STC d’EDF mobilisés, ce jour, devant la centrale de Lucciana. Alors que des jeunes Corses sont diplômés, compétents et formés, la direction d’EDF continue de privilégier des profils venus de France, notamment en ce qui concerne les postes d’encadrement. La direction d’EDF doit, impérativement, changer d’attitude. Core In Fronte rappelle que la corsisation des emplois est une revendication sociale juste. Le peuple corse est le seul ayant droit naturel de cette terre.

Nazione réitère son soutien total aux agents STC d’EDF Corsica dans le cadre de leur action en faveur de la corsisation des emplois. Malgré des accords passés lors du dernier conflit, la direction d’EDF persiste dans une logique dont le caractère colonial vise à écarter les Corses de tout poste à responsabilité. Il est plus que temps, pour les forces vives de la nation, de retrouver le chemin des luttes essentielles. Et de faire véritablement front à la décorsisation à tous les niveaux de notre pays.

« La corsisation des emplois au cœur de la mobilisation »

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