FLNKS : aucune marche arrière, la lutte pour l’indépendance reste la ligne rouge

(Corsicainfurmazione.org, Unità Naziunale, Publié le 18 janvier 2026) Le FLNKS réfute toute idée de revirement stratégique et affirme la constance de sa ligne politique en faveur de l’indépendance de la Kanaky.

Réuni en Convention nationale le 9 janvier 2026, le mouvement a décidé de ne pas participer aux discussions prévues à Paris dans le cadre proposé par l’État, jugé orienté vers le projet de Bougival, qu’il rejette. Cette décision n’est pas un refus du dialogue, mais une position conforme aux mandats internes. Le FLNKS propose toutefois une prise de parole politique en visioconférence le 16 janvier, limitée à la séquence à l’Élysée, afin de réaffirmer ses objectifs et de poser les conditions préalables à une reprise sérieuse des discussions, dans le respect du processus de décolonisation et de l’Accord de Nouméa.

Jean Rossi

Le communiqué du FLNKS :

Depuis plusieurs jours, certaines forces politiques et médiatiques évoquent un prétendu « recul » ou « revirement stratégique » du FLNKS.

Le Front de Libération Nationale Kanak et Socialiste, en qualité de mouvement de libération nationale, tient à apporter une clarification formelle :

  • Il n’y a aucun revirement.
  •  Il y a une ligne politique constante, tenue et conforme aux décisions de nos instances.

Le 8 janvier 2026, le Président de la République a invité le Président du FLNKS à un temps d’échange organisé sur plusieurs jours à Paris, dans un format multilatéral, comprenant :
• une première demi-journée, le vendredi 16 janvier au matin, à l’Élysée, au cours de laquelle chaque participant peut exposer librement son projet ;
• plusieurs demi-journées d’ateliers thématiques, organisées à Oudinot, correspondant à un travail d’amendement du projet dit « de Bougival ».

Le 9 janvier 2026, après débat en Convention nationale à Karigou, et conformément aux motions du Congrès de Nimbayes du 6 décembre 2025, le FLNKS a décidé de ne pas se rendre à Paris dans le format proposé.
Ce choix n’est pas un refus du dialogue, mais une décision politique cohérente avec le mandat donné par ses instances.

  • Le cadre proposé par l’État reste orienté vers le projet dit de Bougival, rejeté formellement par le FLNKS.
  • Le FLNKS (incluant ses élus et collaborateurs locaux et nationaux) ne participera donc à aucun atelier, à aucune discussion technique, ni à aucun dispositif visant à relégitimer Bougival.
  • Pour autant, le FLNKS ne souhaite pas laisser la chaise vide. La Convention de Karigou a donc décidé de proposer une prise de parole politique en visioconférence, strictement limitée à la séquence du vendredi matin à l’Élysée, afin de réaffirmer clairement sa position devant le Président de la République, les représentants de l’État et l’ensemble des délégations présentes.

Cette participation aura pour seul objet de :

-réaffirmer que notre objectif politique fondamental d’accession de Kanaky à la pleine souveraineté est l’indépendance, selon une trajectoire maîtrisée, crédible et conforme au droit international.
– poser les conditions préalables à une reprise sérieuse des discussions, portant sur le cadre du dialogue, le respect du processus de décolonisation, le soutien économique à la reconstruction non conditionné et la clarification du calendrier des élections provinciales, conformément à l’Accord de Nouméa.

Le 13 janvier 2026, le FLNKS a notifié par courrier officiel au Président de la République sa non-participation à la séquence parisienne, et sa disponibilité pour une prise de parole en visioconférence le 16 janvier au matin.

Les documents publiés parlent d’eux-mêmes :

  • l’invitation corrigée de l’Élysée
  • la réponse écrite du FLNKS
  • Pas de revirement.
  • Une ligne politique tenue.
  • Le FLNKS respecte le mandat donné par ses militants.

La lettre du FLNKS au Président de la République :

Front de Libération Nationale Kanak et Socialiste (FLNKS)
A Nouméa, le 13 janvier 2026


Monsieur le Président,

Le Front de Libération Nationale Kanak et Socialiste (FLNKS) accuse réception de la correspondance de la Présidence de la République relative à l’invitation adressée en vue d’une rencontre à Paris le 16 janvier 2026.

Réunie en Convention nationale le 9 janvier 2026 à Karigou-Dumbéa, le FLNKS a examiné cette proposition avec attention. À l’issue de ses délibérations, la Convention nationale a décidé de ne pas répondre favorablement à cette invitation à Paris dans les conditions et le format actuellement envisagés.

Cette décision ne saurait être interprétée comme un refus du dialogue. Elle procède du constat que les conditions politiques et institutionnelles nécessaires à un échange sincère, équilibré et respectueux, conforme aux exigences d’un processus de décolonisation, ne sont pas réunies à ce stade.

Le FLNKS rappelle en particulier que le projet dit « Bougival », rejeté dès août 2025 par l’ensemble de ses composantes, ne peut constituer un cadre consensuel de discussion. Il observe également que la situation économique et sociale particulièrement dégradée que traverse la Kanaky–Nouvelle-Calédonie appelle des réponses immédiates et durables, qui ne sauraient être subordonnées à l’acceptation préalable d’un cadre institutionnel prédéfini.

Par ailleurs, le contexte institutionnel actuel en France ne permet pas, à ce jour, d’apporter l’ensemble des garanties de stabilité politique et de sécurité juridique indispensables à des échanges engageant durablement l’avenir du peuple kanak.

Pour autant, fidèle à ses responsabilités historiques et à son attachement à une résolution politique pacifique et concertée, le FLNKS ne souhaite pas interrompre le dialogue avec l’État français.

Dans cet esprit, le Front se tient à votre disposition pour qu’un échange puisse se tenir par visioconférence ce vendredi 16 janvier 2026, aux horaires prévus pour la rencontre de Paris. Cette modalité permettrait d’aborder utilement les conditions préalables à une reprise sérieuse des discussions, notamment en ce qui concerne :

  • la définition d’un cadre de dialogue réellement ouvert ;

  • le respect du processus de décolonisation reconnu au niveau international ;

  • les modalités d’un soutien économique à la reconstruction, clair et non conditionné ;

  • la clarification du calendrier et des modalités des élections provinciales, dans le respect des dispositions de l’Accord de Nouméa.

Le FLNKS considère qu’un tel échange serait de nature à préserver la clarté politique, le respect mutuel et la responsabilité qui s’imposent dans une séquence engageant l’avenir institutionnel de la Kanaky–Nouvelle-Calédonie.

Dans l’attente de votre réponse, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de notre plus haute considération.


Le président du FLNKS
Christian TEIN


Monsieur Emmanuel Macron
Président de la République française
Palais de l’Élysée
75 rue du Faubourg Saint-Honoré
75008 Paris

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