(Corsicainfurmazione.org, Unità Naziunale, Publié le 15 décembre 2025) Dimanche 14 décembre 2025 restera une date majeure dans l’histoire du peuple kabyle. Réunis à Paris, malgré les interdictions et les pressions, les responsables du Mouvement pour l’Autodétermination de la Kabylie ont proclamé l’indépendance de la République fédérale de Kabylie.
Dans un cadre privé, sous haute vigilance, cet acte solennel a affirmé une volonté politique claire : celle d’un peuple qui refuse désormais toute négation de son existence.
En proclamant l’indépendance, le MAK a donné une traduction politique à plus d’un siècle et demi de résistance, de luttes pacifiques et de sacrifices. Le texte fondateur lu par Ferhat Mehenni s’inscrit dans une continuité historique, juridique et morale, rappelant que la Kabylie n’a jamais renoncé à son identité, à sa langue ni à son droit naturel à disposer d’elle-même. Fondée sur le droit international et les principes universels de l’autodétermination, cette déclaration ne relève ni de l’aventure ni de la provocation, mais d’un acte mûri, assumé et légitime.
Au-delà de sa portée symbolique, cette proclamation marque un tournant stratégique : la cause kabyle entre dans une nouvelle phase, celle de la souveraineté revendiquée ouvertement. Soutenue par une diaspora mobilisée et des institutions politiques déjà structurées, la République fédérale de Kabylie se présente comme un projet démocratique, laïque et pacifique. Face au silence, à la répression et au déni, le peuple kabyle a choisi la dignité et la liberté. L’histoire retiendra que, ce 14 décembre 2025, la Kabylie s’est levée pour redevenir maîtresse de son destin.
Voicie la DECLARATION D’INDEPENDANCE DE LA KABYLIE avec prière d’insérer : 14/12/2025
PRÉAMBULE
Aujourd’hui, 14 décembre 2025, marque, de manière irrévocable, l’avènement d’une ère nouvelle pour le peuple kabyle.
Aujourd’hui, la Kabylie — entité politique attestée dès le IIIᵉ siècle de notre ère, royaume jusqu’en 1871 — met un terme à la sujétion dans laquelle elle fut placée à la suite de son annexion à l’Algérie il y a plus d’un siècle et demi, sans que son consentement n’ait jamais été recueilli.
Au cours de cette longue histoire, son peuple est demeuré fidèle à lui-même : à sa langue, à ses coutumes, à ses valeurs fondamentales, et surtout à sa vocation profonde pour la liberté.
Il a pleinement conscience de ce qu’il est : un peuple.
Or, un peuple conscient de lui-même est, par essence, une nation. Que cette nation soit dominée ou administrée par une puissance extérieure ne l’efface pas pour autant. Elle persiste, elle vit, elle résiste. Cette situation renforce même son droit fondamental à l’autodétermination, d’autant plus lorsque son action demeure strictement pacifique, comme c’est le cas du peuple kabyle.
Depuis cent cinquante ans, la Kabylie endure diverses formes d’oppression sans renoncer à ses valeurs ni à l’affirmation de son identité. Face à sa négation, elle a répondu par la fidélité à elle-même. Face à la violence dirigée contre son expression, elle a opposé une détermination sereine à recouvrer ses droits par des voies légales et pacifiques. Face aux tentatives de l’effacer, elle a déployé une remarquable résilience.
Le pacifisme n’est ni faiblesse ni renoncement : il constitue l’expression la plus haute de la raison et de l’humanisme. Il rejette la logique de destruction, de vengeance et de sang. Il repose sur la justice, la dignité et le droit. Il maintient ouvertes les voies d’un règlement pacifique des différends, sans vainqueur ni vaincu.
Cependant, lorsqu’un peuple se voit nier jusqu’à son existence même ; lorsque l’oppression revêt la forme d’une politique systématique de déculturation et de dépersonnalisation ; lorsque chaque génération se heurte aux mêmes refus d’exercer ses droits fondamentaux, il ne lui reste qu’une seule issue possible : celle de la libération. L’histoire des nations en est le témoin, et la Déclaration d’indépendance des États-Unis demeure, à cet égard, une source d’inspiration majeure pour fonder notre décision sur des bases historiques, géographiques, politiques, juridiques, économiques et socioculturelles.
De la bataille d’Icerriden en 1857 à l’insurrection de l’Agellid Amuqran en 1871, de la guerre d’Algérie (1954-1962) à la guerre de Kabylie (1963-1965), des soulèvements populaires de 1980 et 1981 au Printemps noir de 2001, en passant par le boycott scolaire de 1994-1995, les mobilisations de 1998, la répression du 20 avril 2014, l’opération dite « Zéro Kabyle » de 2019, les incendies criminels de 2021 et la vague de répression toujours en cours : le peuple kabyle a payé le prix nécessaire pour sa liberté.
Ses enfants ont résisté, souvent jusqu’au sacrifice ultime.
Ses villages ont continuellement porté le deuil, mais jamais ils n’ont consenti à la soumission.
Cependant, si la Kabylie a perdu des batailles militaires, elle n’a jamais capitulé. Aucun acte de reddition n’a été signé. Cette absence de renoncement rend juridiquement caduque toute prétention à sa domination, que ce soit durant la période coloniale française (1857-1962) ou celle qui prévaut depuis 1963.
La guerre qu’elle n’a jamais perdue s’achève symboliquement avec la Déclaration d’indépendance de ce jour : elle consacre la victoire de la Kabylie sur sa négation et sa répression.
De cet instant, elle jette un regard lucide sur ses blessures afin de les guérir et d’en faire les pierres précieuses de son histoire.
Elle se remémore ce à quoi, impuissante, elle a dû assister :
- l’assassinat ou l’exil de ses leaders et de ses symboles ;
- la négation de ses droits linguistiques et culturels, la stigmatisation et la criminalisation de son identité ;
- l’entrave à son développement économique et la spoliation de ses richesses ;
- l’arrestation arbitraire de ses enfants, les actes de torture, les violences policières et judiciaires, ainsi que la terreur exercée à leur encontre.
Ces réalités fondent et légitiment sa décision de reprendre son destin en main, de ne plus déléguer l’avenir de ses enfants à ceux qui ont fait d’eux une menace à éliminer.
En ce jour historique, la Kabylie rend hommage aux pionnières et aux pionniers de sa dignité ayant jalonné sa résistance de Fadma n’Summer jusqu’aux martyrs anonymes que l’histoire n’a pas encore nommés.
Elle salue les prisonniers politiques et les militants qui, au péril de leur liberté et de leur vie, maintiennent vivante la flamme de l’espoir.
Elle exprime sa gratitude à la diaspora qui, au-delà des frontières, a porté la voix du peuple kabyle, soutenu les familles des détenus politiques et assuré la continuité de la nation.
Parce qu’il serait indécent d’exiger d’un peuple qu’il renonce à son être, immoral de le sommer de se taire face à l’injustice, dangereux de confier son avenir à ceux qui œuvrent à son effacement, la Kabylie proclame la rupture de tout lien de dépendance vis-à-vis de l’État algérien.
Cette rupture s’inscrit dans l’héritage des grandes déclarations d’indépendance — 1581 (Hollande), 1776 (USA), 1905 (Norvège), 1971 (Emirats arabes Unis), 1993 (Slovaquie) et tant d’autres encore ayant consacré le droit irrépressible des peuples à vivre libres.
Elle affirme son engagement dans le cadre de la légalité internationale et s’appuie sur les principes de la Charte des Nations Unies, notamment la Résolution 1514 (14 décembre 1960), qui dispose en son article 4 :
« Il sera mis fin à toute action armée et à toutes mesures de répression, de quelque sorte qu’elles soient, dirigées contre les peuples dépendants, pour permettre à ces peuples d’exercer pacifiquement et librement leur droit à l’indépendance complète, et l’intégrité »
Le peuple kabyle, historiquement constitué sur le territoire de Kabylie, revendique désormais sa souveraineté sur lui-même.
L’accession d’un peuple à ses droits universels ne peut dépendre de la bienveillance de celui qui le domine. L’histoire a montré que si la violence a bâti des empires, la liberté a toujours fini par triompher sur eux. Et lorsqu’un peuple entend se libérer, il n’a nul besoin de permission.
Ce préambule n’est ni une accusation ni un rejet.
Il est un acte de foi : foi en nous-mêmes, foi en notre peuple, foi en notre capacité à nous gouverner avec équité, intelligence et humanité.
Il est également un acte de respect envers les peuples d’Algérie : l’indépendance de la
Kabylie est une chance pour eux. Elle leur ouvre la perspective d’un pays conforme à leurs aspirations contrariées par la Kabylie. Elle leur offre un voisinage de fraternité et d’hospitalité et une relation future d’État à État, fondée sur l’équité, la solidarité et la paix.
En ce jour solennel, fidèle à son histoire, fidèle à ses martyrs, fidèle à ses valeurs, la Kabylie met un terme à toute domination.
Le peuple kabyle, fier et souverain, se réapproprie l’ensemble des droits dont il a été spolié.
CONSIDÉRANTS
- Considérant que la Kabylie constitue l’une des plus anciennes nations d’Afrique du Nord, attestée par la permanence de son territoire, la vitalité millénaire de sa langue, la solidité de ses institutions démocratiques ancestrales et la continuité ininterrompue de sa conscience nationale ;
- Considérant que la Kabylie ne fut jamais soumise à la Régence d’Alger et que son annexion, en 1857, par la puissance coloniale française, s’opéra sans consentement, sans traité et par la seule contrainte militaire ;
- Considérant que, lors de l’indépendance de l’Algérie en 1962, la Kabylie fut intégrée au nouvel État sans consultation de son peuple, sans acte formel d’adhésion et en violation flagrante du principe du libre consentement des peuples ;
- Considérant que, durant la guerre de Kabylie de 1963-1965, l’Algérie occupa militairement la Kabylie, laquelle résista sous la conduite du Front des Forces Socialistes (FFS) de Hocine Aït Ahmed ;
- Considérant que, depuis 1962, l’État algérien exerce une politique systématique de négation de l’existence du peuple kabyle et de son identité, marginalisant sa langue, réprimant ses organisations politiques, entravant ses formes d’expression et persécutant ses militants pacifiques ;
- Considérant que, depuis l’indépendance de l’Algérie, la Kabylie a été systématiquement exclue des grandes politiques d’aménagement, de développement économique et d’investissements publics stratégiques, entraînant un déficit structurel en infrastructures, en services essentiels et en opportunités économiques, et que cette marginalisation programmée a empêché le territoire Kabyle d’assurer son développement et de répondre aux besoins fondamentaux de sa population ;
- Considérant que le peuple kabyle a opposé une résistance pacifique constante aux assauts destructeurs visant sa dépersonnalisation et la dissolution de ses formes d’organisation et de solidarité, notamment lors des événements d’avril 1980 et 1981, lors de la création de la première Ligue algérienne des droits de l’homme, ainsi qu’à l’occasion du boycott scolaire de 1994-1995 ;
- Considérant que le Printemps noir de 2001 à 2003 fut marqué par des actes de guerre perpétrés par les forces armées et paramilitaires de l’État algérien, causant la mort de plus de 128 jeunes Kabyles et blessant plus de 5 000 autres ; que cette tragédie se déroula dans une totale absence de solidarité nationale algérienne, et qu’au plus fort des événements, le parlement algérien mena un procès politique à charge contre la Kabylie, alors même qu’elle enterrait quotidiennement ses enfants abattus par des armes de guerre et des balles explosives, tentant ainsi de criminaliser une révolte légitime née de l’injustice et du sang versé ;
- Considérant que la Plateforme d’El Kseur, portée par la gigantesque mobilisation de la marche historique de la Kabylie à Alger le 14 juin 2001, a solennellement exprimé l’unité, la dignité et la détermination du peuple kabyle face à l’injustice et à la violence d’État algérien ;
- Considérant que la Déclaration du 5 juin 2001, par laquelle la Kabylie affirma avec force son droit à un destin parallèle à celui de l’Algérie, constitue un acte fondateur exprimant la volonté politique du peuple kabyle de reprendre en main son avenir ;
- Considérant que le Congrès constitutif du Mouvement pour l’Autonomie de la
Kabylie (MAK), tenu le 14 août 2007, ainsi que la présentation officielle du Projet d’Autonomie, ont marqué l’entrée de la revendication kabyle dans une phase structurée, organisée et pleinement assumée sur le plan politique ; - Considérant que la correspondance officielle adressée par le MAK aux plus hautes autorités algériennes pour solliciter un statut de large autonomie pour la Kabylie est demeurée lettre morte, révélant ainsi l’absence totale de volonté de l’État algérien d’engager une solution politique pacifique et de reconnaître les droits nationaux du peuple kabyle ;
- Considérant que l’installation de l’Anavad, Gouvernement Provisoire Kabyle en exil, le 1er juin 2010, a doté la Kabylie d’une représentation politique légitime et durable ;
- Considérant que la résolution du Conseil National du MAK, adoptée en novembre 2013 à At Hamdoun, a officialisé le passage de la revendication d’autonomie à celle de l’autodétermination, conformément au droit des peuples ;
- Considérant que le Mémorandum pour l’autodétermination déposé auprès des Nations Unies en septembre 2017 a internationalisé de manière formelle la demande kabyle et constitué un acte diplomatique majeur en faveur de la reconnaissance du peuple kabyle ;
- Considérant que le boycott électoral total opposé par la Kabylie aux scrutins majeurs de l’Algérie, présidentielles de 2019 et 2024, référendum constitutionnel de 2020 et législatives de 2021, ont constitué autant d’expressions claires, répétées et pacifiques du refus de tutelle de l’État algérien ;
- Considérant que les tragédies successives, 1980, 1981, 2001, les arrestations de
2019 et 2021, les incendies criminels de 2021, les actes de torture, les procès expéditifs et les condamnations arbitraires, traduisent des violations graves, - Considérant que le refus persistant de l’État algérien de tout dialogue politique et de toute consultation populaire sur l’autodétermination rend impossible l’exercice interne du droit du peuple kabyle à disposer de lui-même ;
- Considérant que le droit international consacre explicitement le droit des peuples à l’autodétermination, conformément à la Charte des Nations Unies (articles 1.2 et 55), aux résolutions 1514 (XV) et 2625 (XXV), aux Pactes internationaux de 1966, à la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (2007), ainsi qu’à la jurisprudence de la Cour internationale de Justice, notamment l’avis du 22 juillet 2010 relatif au Kosovo affirmant qu’aucune norme internationale n’interdit une déclaration unilatérale d’indépendance ;
- Considérant que l’avis juridique indépendant rendu le 4 septembre 2024 par les cabinets Brick Court Chambers et Twenty Essex Chambers confirme sans ambiguïté que le peuple kabyle est un peuple au sens du droit international et qu’il jouit pleinement du droit humain collectif à l’autodétermination, y compris sous sa forme réparatrice ;
- Considérant que les discriminations structurelles, la négation institutionnalisée, la criminalisation du militantisme kabyle et les menaces existentielles qui pèsent sur la Kabylie rendent juridiquement légitime, moralement nécessaire et politiquement inévitable l’exercice du droit à l’autodétermination par voie de Déclaration d’indépendance ;
- Considérant que la Kabylie, forte d’institutions politiques représentatives, d’une diaspora structurée et d’un projet de Constitution définissant les fondements démocratiques de son futur État, possède l’ensemble des attributs lui permettant d’assumer pleinement sa souveraineté ;
- Considérant enfin que le Congrès du MAK du 19 octobre et la plénière de l’IMNI (Parlement Kabyle) du 24 octobre 2025 ont donné mandat au Président du Gouvernement kabyle en exil, M. Ferhat Mehenni, pour proclamer l’indépendance de la Kabylie au nom du peuple kabyle.
PROCLAMATION OFFICIELLE DE L’INDÉPENDANCE DE LA KABYLIE
Par respect à l’attachement du peuple kabyle à sa liberté et à sa dignité ;
Eu égard à l’ensemble des considérants qui viennent d’être énoncés ;
Fort des mandats qui m’ont été confiés par le Congrès extraordinaire du MAK du 19 octobre 2025 et par la plénière de l’Imni (Parlement kabyle) en date du 24 octobre 2025 ;
En vertu des pouvoirs constitutionnels qui me sont conférés, et dans le respect de la légalité internationale ;
Devant les Hommes, devant l’Histoire et devant les instances internationales, au premier rang desquelles il y a l’Organisation des Nations Unies ; en présence de personnalités politiques, diplomatique, des intellectuels et des médias du monde entier venus témoigner de cet acte fondateur,
Au nom du peuple kabyle,
Au nom du Mouvement pour l’Autodétermination de la Kabylie (MAK) et de l’Anavad (Gouvernement Kabyle en exil,
Moi, Ferhat At Sεid, Mehenni, JE PROCLAME SOLENNELLEMENT L’INDEPENDANCE DE LA KABYLIE.
Cette indépendance prend effet pour l’éternité, à partir de cet instant-même où J’appose mon paraphe sur cette Déclaration ;
Le peuple kabyle récupère dès aujourd’hui, la plénitude de sa souveraineté sur lui-même et sur son territoire ;
L’autorité algérienne sur la Kabylie est désormais étrangère à la Kabylie et sur le peuple kabyle ;
Le rétablissement de l’autorité kabyle sur la Kabylie commence dès aujourd’hui,
Conformément à sa Constitution, la Kabylie est dorénavant une République Fédérale ;
Elle est démocratique et laïque ;
La République Fédérale de Kabylie est la représentation légitime du peuple kabyle chez elle et sur la scène internationale ;
La République Fédérale de Kabylie est ouverte au dialogue avec les autorités algériennes et les instances internationales sur les modalités de transfert des compétences qui lui reviennent de droit, naturellement et légitimement.
Vive la Kabylie libre et indépendante.
Paris, le 14 décembre 2025
« Proclamation d’indépendance de la Kabylie : un acte historique annoncé pour le 14 décembre 2025 »

