(Corsicainfurazione.org, Unità Naziunale, Publié le 21 novembre 2025) Le député Paul-André Colombani dénonce la réforme nationale de la taxe foncière prévue en 2026, qui pourrait toucher jusqu’à 60 % des logements en Haute-Corse et 45 % en Corse-du-Sud.
Selon lui, la méthode de calcul, basée sur l’ajout de “mètres carrés fictifs” pour chaque élément de confort (lavabo, douche, baignoire), est pensée pour des logements de luxe et inadaptée aux maisons modestes et anciennes de Corse.
La presse confirme que cette réévaluation pourrait générer une hausse significative pour de nombreux foyers, accentuant l’injustice sociale dans une région où le coût de la vie est déjà élevé. Colombani a saisi la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, pour demander une révision rapide et éviter une augmentation massive de la taxe foncière dans l’île.
Tuninu
La réaction du Député Colombani : Selon les informations divulguées par la presse, la Corse serait le territoire le plus touché par cette réévaluation : près de 60 % des logements en Haute-Corse et 45 % en Corse-du-Sud pourraient voir leur taxe augmenter. Cela s’explique par une méthode pensée pour des logements “luxueux”, qui considère comme signes de standing de simples toilettes, lavabos ou douches. Une approche totalement inadaptée à un parc immobilier corse composé de maisons anciennes et modestes, souvent rénovées progressivement. Dans une région où les revenus sont plus faibles et où la vie coûte déjà plus cher, une telle hausse serait injuste et socialement intenable : l’État ne peut appliquer des critères déconnectés qui pénaliseraient des milliers de familles corses. C’est pourquoi j’ai saisi la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin pour lui réclamer une révision rapide de cette réforme, afin d’éviter une augmentation massive de la taxe foncière en Corse.
Sa lettre au Ministre de l’Action et des Comptes publics :
Paul André Colombani, Député de la deuxième circonscription de Corse du Sud
Mme Amélie de Montchalin
Ministre de l’Action et des Comptes publics
Santa Lucia di Portivechju, le 20 novembre 2025,
Madame la Ministre,
Je souhaite vous alerter sur les conséquences particulièrement délétères qu’engendrerait la réévaluation nationale des bases servant au calcul de la taxe foncière, dont l’impact en Corse apparaît plus lourd que dans les autres régions.
Selon les données rendues publiques par voie de presse, près de 60 % des habitations en Haute-Corse et 45 % en Corse-du-Sud seraient concernées par une hausse de la taxe foncière en 2026, proportion sans équivalent au niveau national. Cette perspective est d’autant plus préoccupante que le pouvoir d’achat des ménages insulaires demeure nettement inférieur à la moyenne, tandis que le coût de la vie figure parmi les plus élevés de métropole.
Par ailleurs, l’application uniforme des critères retenus par la DGFIP, qui affirme cibler les logements « luxueux » à « ordinaires » au motif que l’absence d’éléments de confort serait aujourd’hui exclue, pose un réel problème d’équité en Corse. Le parc immobilier y est ancien, hétérogène et souvent rénové par étapes, parfois sans mise à jour cadastrale : la présence d’un lavabo, d’une douche ou d’un système de chauffage ne saurait être assimilée à un niveau de standing ou à une valeur patrimoniale élevée.
En pratique, l’exclusion des seuls logements très délabrés revient à intégrer dans le dispositif la quasi-totalité des biens modestes, occupés par des ménages aux revenus faibles ou moyens. Dans un contexte de forte inflation, de hausse du coût de l’énergie et de stagnation des revenus, cette méthode conduirait à une taxation disproportionnée de foyers qui ne disposent en rien d’un patrimoine « luxueux ».
J’observe par ailleurs que cette réforme, engagée sans concertation avec les élus locaux ou les services déconcentrés qui connaissent les réalités de terrain, impose une montée en charge immédiate dès 2026 et renvoie aux contribuables la charge de prouver l’absence d’équipements parfois installés depuis des décennies. Une telle approche risque de créer une situation de tension fiscale inédite et profondément injuste.
Au regard de ces éléments, je vous demande de revoir les modalités d’application de cette réforme en Corse. Il est indispensable que l’État prenne en considération la singularité du territoire afin d’éviter une hausse brutale, concentrée sur une majorité de ménages qui ne peuvent supporter une charge fiscale supplémentaire de cette ampleur. En l’état, la réforme conduirait à une sur-fiscalisation injustifiable et porterait atteinte à l’équilibre social et économique de l’île.
Je vous prie d’agréer, Madame la Ministre, l’expression de ma haute considération.
Assemblée Nationale – 126 rue de l’Université 75355 Paris 07 SP
Paul André Colombani
Deputatu di a Pumonte

