(Corsicainfurmazione.org, Unità Naziunale, Publié le 17 novembre 2025) L’Autorité de la concurrence vient d’infliger une amende historique de 187,5 millions d’euros aux entreprises responsables d’une entente dans l’approvisionnement, le stockage et la distribution des carburants en Corse.
Une sanction qui confirme des années de dénonciation de la part de Femu a Corsica et d’autres acteurs, face à des pratiques monopolistiques ayant alourdi le coût du carburant et pesé directement sur le pouvoir d’achat des ménages insulaires. Dans un territoire où la voiture reste indispensable et où la vie est déjà chère, ces dérives sont intolérables. Le mouvement rappelle ses propositions pour mettre fin à ces monopoles — cadre législatif adapté, intervention publique renforcée et outil statistique territorial — et réaffirme que la lutte pour un marché équitable s’inscrit dans son combat plus large pour l’autonomie de la Corse.
Le communiqué : Ce 17 novembre 2025, l’Autorité de la concurrence a infligé une sanction de 187,5 millions d’euros à plusieurs entreprises actives dans les secteurs de l’approvisionnement, du stockage et de la distribution de carburants routiers en Corse, en raison d’une entente. Depuis plusieurs années, Femu a Corsica dénonce, avec tant d’autres, la situation de monopole dans l’approvisionnement et le stockage des carburants en Corse, ces pratiques anticoncurrentielles se réalisant au détriment de la compétitivité des entreprises insulaires évincées, et surtout du pouvoir d’achat de nos ménages. Dans une île déjà marquée par la cherté de la vie, et où le recours à la voiture est indispensable, cet état de fait est inacceptable : il contribue à la hausse du prix des carburants à la pompe. Les consommateurs corses n’ont pas à payer, au prix fort, les ententes illicites de grands groupes capitalistiques guidés exclusivement par la recherche insatiable de profits. C’est la raison pour laquelle, à l’occasion d’une conférence de presse tenue le 15 juillet 2024, devant le dépôt pétrolier de Lucciana, et dans la continuité d’une délibération de l’Assemblée de Corse en date du 1er octobre 2021, Femu a Corsica avait formulé plusieurs propositions, à droit constant et dans le cadre du futur statut d’autonomie, notamment : – La définition et la mise en place d’un cadre législatif et réglementaire adapté aux contraintes et besoins spécifiques de la Corse, en matière de contrôle des situations de monopole et des seuils de concentration, de fixation du prix des carburants et de fiscalité ; – L’intervention de la puissance publique corse à travers une société d’économie mixte locale, permettant de disposer d’une information intégrale et systématique sur le fonctionnement des dépôts pétroliers, par la participation de représentants de la Collectivité de Corse aux instances décisionnelles ; – La création d’un véritable « Institut territorial de la statistique ». Femu a Corsica prend acte de la décision rendue ce jour par l’Autorité de la concurrence, et salue la clairvoyance et le courage du Président du Conseil exécutif, à l’initiative de la délibération précitée, et des élus de l’Assemblée de Corse qui, par leur vote, ont affirmé leur volonté de mettre fin au monopole en la matière (Fà Populu Inseme, Core in Fronte). Femu a Corsica réaffirme sa détermination à lutter contre les logiques et mécanismes de monopoles, et à œuvrer en faveur du pouvoir d’achat des Corses. Cet engagement pour l’amélioration des conditions de vie quotidiennes de notre peuple est indissociable de notre combat pour l’autonomie. En effet, le futur statut d’autonomie et ses corollaires, le pouvoir législatif et la compétence fiscale, permettront demain aux institutions de la Corse de définir et mettre en œuvre des règles adaptées aux réalités et spécificités de notre île, en matière de prix du carburant comme dans tant d’autres domaines.
Femu a Corsica
Gilles Simeoni · Par délibération en date du 1er octobre 2021, l’Assemblée de Corse demandait notamment qu’il soit mis fin à la situation de monopole dans l’approvisionnement et le stockage des carburants en Corse et saisissait le Premier ministre et l’Autorité de la concurrence (vote pour : Fà Populu Inseme et Core in Fronte ; abstention : Un Soffiu Novu et Avanzemu). Par décision en date du 17 novembre 2025, l’Autorité de la concurrence inflige une sanction de 187 millions d’euros à trois sociétés pour une entente. Un pas important démontrant la nécessité de mise en œuvre de règles adaptées aux contraintes et besoins spécifiques de la Corse, dans ce cas en matière de prix du carburant.
« Baisser tout de suite le prix des carburants en Corse : C’est possible » selon Femu A Corsica

