Revue de presse – Yvan Colonna : Franck Elong Abé évoque un assassinat commandité – #Corse – Réactions –

(Revue de presse – Corsicainfurmazione.org – Publié le 20 mars 2024) Le meurtrier d’Yvan Colonna explique, dans un courrier avoir agi en service commandé.

(Alta Frequenza) Il réfute le caractère islamiste de son acte, et affirme avoir agi pour le compte d’un tiers extérieur à la centrale d’Arles.

(FR3Corse) Cette lettre intervient deux ans presque jour pour jour après la mort d’Yvan Colonna. Ce nouveau rebondissement ne manquera pas de susciter des réactions politiques en plein processus de discussion entre Paris et la Corse pour le statut d’Autonomie.

(Corse Matin) Franck Elong Abé conteste le caractère islamiste de son crime et assure avoir agi pour le compte de tiers extérieurs à la détention, sur lesquels il livre des explications confuses. Le ministère de l’Intérieur nie fermement.

(Corse Net Infos) A la suite de son dernier interrogatoire au cours duquel il avait donné une version des faits totalement différente, Franck Elong Abé a écrit au magistrat instructeur pour évoquer un acte commandité par des individus se présentant sous une fausse identité mais étant des agents de la DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure) qui lui auraient intimé l’ordre d’assassiner Yvan Colonna »

(RcfM) Elles présentent également des éléments allant de l’outrance à l’incohérence et comportent de nombreuses imprécisions.

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Marzu 2022 – Marzu 2024 : à nome di a ghjustizia è di a verità. Deux ans, jour pour jour, après la tragique disparition d’Yvan Colonna, les juges font part de nouvelles déclarations de l’assassin, mettant en cause la responsabilité de services de l’Etat. Si le contexte nous commande d’en prendre acte avec une extrême prudence, d’aucuns admettaient déjà, dès mars 2022, un déficit d’informations sur les circonstances du drame et les fautes de l’administration pénitentiaire. Un faisceau de charges accablantes et de défaillances, conjugué à la perte d’éléments essentiels, n’ont pas permis de faire la lumière sur ce terrible décès. Aujourd’hui, la thèse nouvellement développée par Elong Abé, selon laquelle son acte aurait été commandité, jette un trouble immense. Depuis mars 2022, bien des hypothèses ont couru sur les motivations de l’assassin et les possibles manipulations. La commission d’enquête parlementaire et ses conclusions ont toutefois permis d’avancer, mais l’essentiel demeure: la vérité doit être absolument et totalement connue. En ce jour d’anniversaire, douloureux pour tout un pays, le PNC rappelle qu’il n’a rien oublié de l’exigence de justice et de vérité que revendique la famille Colonna et au-delà, le peuple corse. Le 21 mars 2022 disparaissait un militant nationaliste, qui est entré dans l’Histoire d’un peuple toujours en lutte contre la mort et contre l’oubli. Intantu, un salutu à quellu patriottu chi dorme per l’eternità in terra soia. Pà l’Esecutivu di u PNC, Pà u Cunsgliu di u PNC, Pascal Zagnoli Saveriu Luciani Pà u gruppu Avanzemu, Jean-Christophe Angelini

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À la veille du douloureux anniversaire du décès d’Yvan Colonna, Femu a Corsica a pris connaissance des déclarations rendues publiques ce jour, concernant l’enquête criminelle relative à son agression mortelle à la prison d’Arles, en mars 2022. Un courrier de son agresseur, transmis officiellement à l’institution judiciaire, ferait état d’un assassinat commandité par des services, contre notamment une rémunération conséquente. Depuis le 2 mars 2022, date de l’agression mortelle d’Yvan Colonna à la prison d’Arles, Femu a Corsica, l’ensemble de la classe politique insulaire et du Peuple corse n’ont de cesse de réclamer « GHJUSTIZIA È VERITÀ » pour Yvan Colonna, sa famille et la Corse entière. Aussi, nous voulons réaffirmer, tout comme l’avait fait le Président du Conseil exécutif de Corse, Gilles Simeoni, au moment du drame, que l’ensemble des hypothèses doit faire l’objet d’une enquête exigeante et impartiale. Le caractère prémédité, voire commandité, de l’assassinat ne pouvait faire l’objet d’une exclusion a priori, eu égard au contexte de haine qui existait à l’encontre des personnes détenues dans le cadre de l’affaire de l’assassinat du Préfet Claude Érignac. Les nombreuses « zones d’ombre » et les « dysfonctionnements » mis en exergue lors de l’Inspection générale de la Justice et par la Commission d’enquête parlementaire n’ont fait que renforcer ce constat. Nous voulons rappeler à ce stade que la thèse du crime terroriste islamiste, sur fond de blasphème, avancée de manière exclusive par la première communication du parquet anti terroriste (PNAT) ne se basait que sur les seules déclarations de l’intéressé. Et force est de constater que celle-ci a été fortement relativisée par de nombreux acteurs lors des auditions de la Commission d’enquête. Les nationalistes corses en particulier, et les Corses en général, connaissent trop bien les ressorts funestes de stratégies occultes qui ont eu cours tout au long du conflit contemporain entre la Corse et l’État depuis des décennies. La Commission d’enquête parlementaire, sous la responsabilité du député Jean-Félix Acquaviva et avec comme rapporteur Laurent Marcangeli, traçait déjà en 2023 les contours d’une affaire d’État d’une extrême gravité. Nous ne pouvons que réaffirmer ici le caractère indispensable d’investigations larges et soutenues par la Justice intégrant ce nouvel élément et les conclusions des Inspection et Commission précitées. Nous voulons avoir aujourd’hui une pensée émue pour Yvan Colonna et apporter notre soutien total à sa famille. Qu’elle soit assurée de notre détermination absolue à obtenir la vérité pleine et entière sur cet assassinat qui marquera pour longtemps l’Histoire de notre pays. 𝐆𝐇𝐉𝐔𝐒𝐓𝐈𝐙𝐈𝐀 𝐄̀ 𝐕𝐄𝐑𝐈𝐓𝐀̀ 𝐏𝐄𝐑 𝐘𝐕𝐀𝐍 𝐂𝐎𝐋𝐎𝐍𝐍𝐀 !

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Ghjuventù Paolina : Tempi è tempi, 2 anni dopu a mossa tamanta pà dumandà ghjustizia è verità. Sti parolli parini spariti di u viaghju in Parighji di l’eletti corsi. Pari dinò ch’eddi anu sminticatu, parchi u ministru di l’internu hà datu a carotta à i sameri ! Ma i nosci eletti so qui grazia à u votu di u populu corsu chi dumanda piú chi i cundizioni attuali di i scambii di Beauvau. Prima di tuttu, si dumanda d’essa ricunnisciutu come populu di dirittu nant’à sta tarra. Noi Ghjuventù Paolina vulemu purtà una chjama à l’insemi di u muvimenti naziunali. I parolli di Frank Elong Abe sò una seguita lógica à i nosci dubbiti. In a morti di u povaru Yvan Colonna ùn c’hè ch’un solu culpevuli a manu criminali di u statu culuniali. UNA SOLA STRADA DÀ SUVITÀ QUIDDA DI L’UNITÁ NAZIUNALI DI PETTU À A FRANCIA STRADA DIRITTA E CORI IN FRONTI PÀ U SEMPRI A SU VITA.

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Au lendemain de ce nouveau rebondissement dans le dossier de l’assassinat d’Yvan Colonna, le STC prend acte des récentes déclarations contenues dans la lettre envoyée par Franck Elong Abé au juge d’instruction du PNAT.
Depuis toujours, nous savons que la Corse a été le théâtre d’actions barbouzardes initiées par des services occultes aux ordres des différents gouvernements français. Du sinistre commando « Francia » mis au jour dans l’affaire Bastelica Fesch, à l’irresponsable incendie de la paillote par des hauts responsables de la gendarmerie, les milices obscures et vindicatives de la préfectorale, sous couvert de l’État français et de ses sbires, n’en sont malheureusement pas à leur premier fait d’armes… La liste ne saurait être exhaustive, mais l’agression subit par notre patriote Yvan Colonna s’inscrit sans nul doute dans cette série d’actions barbouzardes orchestrées par les mêmes tenants d’un jusqu’au-boutisme étatiques. Pour autant, les aspirations de notre peuple sont aux antipodes de cette haine historique et de ces logiques mortifères nourries par les services secrets de l’État français. Les nombreuses zones d’ombre dans ce dossier (éléments disparus durant l’enquête, échanges de texto entre préfets, caméras de vidéosurveillance en maintenance le jour de l’agression, carence de personnel pénitentiaire et absence de surveillance au moment des faits…) ajoutées aux déclarations de l’assassin Franck Elong Abé, viennent accréditer la thèse d’une vengeance d’État qui reste gravée perpétuellement dans la mémoire collective. Le STC acte et mesure avec prudence l’ensemble de ces éléments troublants qui, en l’absence de clarification, conforteraient les prémices d’un nouveau scandale d’État. Nunda chè per stu fattu, u populu corsu, chì Yvan tenia tantu caru, deve stà attentu, mublizatu è unitu da ch’ella nasce infine a ghjustizia è a verità dumandata da i soii è aldilà, da u populu corsu ! Femu nostru u so cumbattu di resistenza è a so forza di ùn avè rinunciatu sin’à l’ultimu soffiu, quellu di a Libertà !
STC

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Le courrier de Franck Elong Abé affirmant avoir assassiné Yvan Colonna sur commande de la DGSI suscite fort légitimement des réactions d’inquiétude. La ligue des droits de l’Homme elle-même est partagée entre la prudence quant à la déclaration d’Elong Abé et des interrogations toujours prégnantes sur l’assassinat d’Yvan Colonna. A ce jour, elle constate que les premières investigations se sont essentiellement inscrites dans le périmètre de la prison d’Arles : des dysfonctionnements de la prison, actés par un rapport de l’inspection générale de la justice ; le lien entre l’assassinat et un blasphème de l’Islam sur lequel continue de peser le doute. D’autres interrogations d’importance imposent d’aller au-delà, notamment le questionnement d’un avocat des parties civiles sur de possibles recueils d’informations par les services de renseignement auprès d’Elong Abé positionné en haut du spectre de l’islamisme terroriste et en cas d’existence de ces échanges, sur l’existence d’une possible contrepartie. Pour sa part, la LDH continue à s’interroger sur l’avis très réservé de non affectation en quartier d’évaluation de la radicalisation (QER) de cet homme émis par le parquet national antiterroriste (PNAT), s’opposant à l’avis favorable émis par le directeur de la prison d’Alençon où était détenu Elong Abé. La règlementation en ce domaine est pourtant précise. Le PNAT n’est pas compétent en matière post-sentencielle, pour émettre un avis sur une proposition d’affectation en QER initiée par un chef d’établissement pénitentiaire. Pourtant, son avis s’est imposé. Au regard des conséquences de ce dysfonctionnement majeur suivi du transfert d’Elong Abé à la prison d’Arles, l’argument avancé par l’inspection générale de la justice, celui d’une méconnaissance des textes par le parquet antiterroriste, n’est pas suffisant. Deux ans après cet assassinat, la revendication « Vérité pour Yvan » demeure en Corse une blessure ouverte. La vérité est ici synonyme de justice et rien ne doit entraver son travail, sinon à vouloir faire taire la vérité au nom de la raison d’Etat. »

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Depuis de nombreuses années, le traitement exceptionnel infligé à Yvan Colonna met en évidence la responsabilité de l’Etat français. Depuis son arrestation jusqu’à son assassinat dans les conditions connues par toutes et tous, les faits montrent un acharnement particulier à son encontre. Yvan Colonna a été publiquement désigné par un ministre français de l’intérieur en 2003 comme meurtrier d’un fait pour lequel il a toujours clamé son innocence. Son incarcération à été placée sous le signe d’un inhumain traitement d’exception. Ses jugements ont été marqués par l’implacable raison d’Etat, aux antipodes du droit et de la justice. Son assassinat a été caractérisé par ces douteux dysfonctionnements du système carcéral. Les récentes “révélations” du séide islamiste Franck Elong Abé trouvent place dans ce douloureux et mortifère parcours de notre frère de lutte. Elles mettent en accusation ces services de l’ombre qui ont jalonné l’histoire coloniale française. De FRANCIA au GPS en passant par la manipulation de la voyoucratie contre le Mouvement National, la France porte une lourde et ténébreuse tradition barbouzarde en Corse. Malgré ces années de torture physique et psychologique, Yvan Colonna n’a jamais renié son attachement à son pays, sa lutte et ses espérances. Notre Peuple et sa jeunesse n’ont pas été dupes, mobilisés sous l’historique bannière “Statu Francese Assassinu”. La responsabilité de l’Etat français est indéniable. À lui désormais de choisir entre vérité et mensonge. Entre dénégation et réparation historique. Entre statu quo et processus de solution politique. Plus que jamais, avec toutes les forces vives et patriotiques, arrachons cette vérité. En ces moments de commémoration du militant et combattant historique, nous entendons perpétuer, avec le Mouvement National, la continuité d’une lutte pour laquelle nous ne céderons rien. U nostru ghjornu venerà. In mimoria d’Ivanu, a lotta cuntinueghja! Core in Fronte

Nazione  dernières déclarations de l’assassin d’Yvan Colonna, au-delà du boycott systématique de la plupart des médias français ainsi que des habituels « spécialistes » autoproclamés des problèmes corses, pour surprenantes qu’elles puissent paraître à certains, ne le sont pas vraiment pour trois raisons:  D’abord, elles ne sont pas, contrairement aux analyses qui en sont abondamment livrées, le contraire de ce qu’avait affirmé Elong Abé lors de ses premières auditions. Les procès verbaux qui avaient largement « fuité » à l’époque en attestent, pour peu qu’on se donne la peine de les lire sérieusement. Au moment des faits, d’ailleurs, seul le journal « U Ribombu Internaziunale » (n° 147, avril 2022) avait su objectivement déceler dans les propos du tueur ce que les instances officielles se sont évertuées à occulter. Ensuite, toutes les zones d’ombres, sur lesquelles nous ne reviendrons pas, aujourd’hui connues de tous dans cette affaire, concourent à faire d’un contrat froidement exécuté la piste d’enquête principale qui, comme par hasard, a été la première à être artificiellement écartée. Enfin, l’Etat français – en Corse comme dans toutes les colonies dont il a fini par être chassé – a toujours privilégié les coups tordus, les actions barbouzardes, et une répression multiforme servie par un mensonge permanent érigé en raison d’Etat, face aux revendications d’un peuple dont il continue à nier non seulement les droits, mais l’existence même. Le mensonge institutionnalisé est dès lors une arme privilégiée par tous les Etats qui se voient opposer la résistance de peuples en lutte pour recouvrer leur liberté. Par-delà le lourd passif de l’Etat français en la matière, les récentes déclarations du juge espagnol Manuel García-Castellón, qui a reconnu avoir colporté une information montée de toute pièce – à savoir la présence du regretté Yvan Colonna en Espagne durant sa cavale – afin de renforcer l’arsenal répressif contre les militants basques d’ETA en témoignent (Vilaweb.cat, édition du 21 février 2024). Dans un contexte politique où certaines forces politiques issues du mouvement national se prévalent d’avoir contracté un accord historique avec les représentants de l’Etat français, ce nouvel épisode vient éclairer un peu plus le manque de loyauté et de fiabilité de ce que d’aucuns considèrent actuellement comme un « partenaire ». Les Corses savent très bien qu’ils devront mener un combat long et difficile pour la recherche d’une vérité qui ne viendra très certainement que de leur propre quête. Ils savent aussi que, dans cette épreuve, ils pourront compter sur notre constance et notre détermination car ce combat rejoint celui que nous menons pour la reconquête de nos droits nationaux et la libération de notre pays.

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