« Pour Nazione, sans ces éléments, il est illusoire d’espérer négocier de façon loyale un quelconque statut fiscal » – #Corse

(Unità Naziunale – Lutte de masse – Publié le 7 mars 2024) Nazione interpelle les députés de la commission des finances de l’Assemblée nationale française actuellement en visite en Corse.

Une délégation d’une dizaine de députés représentant la commission des finances de l’Assemblée nationale française est en visite en Corse pour deux jours.L’objectif de ce déplacement viserait, selon ses promoteurs, à échanger autour des dimensions fiscales et budgétaires du futur statut de la Corse.

À cette occasion, Nazione entend interpeller publiquement les parlementaires français autour d’une série de questions qui, pour l’heure, ont été totalement occultées des discussions de Beauvau et qui, pourtant, nous apparaissent fondamentales pour l’avenir de la Corse.

▪️Jusqu’à ce jour, la question du rapport financier entre la Corse et la France est, en effet, systématiquement abordé, du côté de Paris, sous l’angle d’une double rengaine. Il s’agit, en premier lieu, de répéter de façon péremptoire que « la Corse coûte cher à la France » et qu’elle ne pourrait « vivre sans l’aide de la France », puis d’ajouter, en second lieu, qu’il est nécessaire de faire la chasse aux prétendus « privilèges » dont disposerait indûment la Corse. M. De Courson, par ailleurs membre de cette délégation, a d’ailleurs été, des années durant, le principal promoteur de ce discours au Palais Bourbon.

Pour notre part, nous avons la faiblesse de penser que contrairement au mythe de la fameuse « solidarité nationale », la dépendance a, pour la Corse, un coût.

Aussi, nous ne nous situons nullement dans une logique consistant à demander plus d’aides financières à la France mais bien de retrouver la maîtrise de l’ensemble des leviers de notre développement dans une perspective de pleine souveraineté, seule garante d’un mieux-être social et économique.

Nous affirmons donc que l’heure est venue d’éclairer le débat, et de disposer, en toute transparence, de toutes les données objectives permettant d’établir la réalité de la balance financière entre la Corse et la France :

En ce sens, nous demandons au Président de la commission des finances d’interroger officiellement le Ministère français des finances – Bercy – puis de verser au débat public les éléments suivants :

  • Le montant de l’ensemble des recettes fiscales et parafiscales perçues par la France en Corse ainsi que leur évolution.
    Nous ne disposons à cet égard que de la compilation de chiffres partiels. En l’état, ceux-ci attestent que les subventions d’Etat stagnent ou reculent alors que les impôts que Bercy prélève en Corse augmentent considérablement et de façon constante (à hauteur de 117% entre 2004 et 2016 selon le blog « Corse-Economie » de l’économiste Guillaume Guidoni).
  • Le montant des revenus du domaine, notamment les recettes effectives et potentielles liées à la présence de la Base militaire d’A Sulinzara-Vintisari ainsi que l’évaluation des coûts (externalités négatives) induits par celle-ci.nCes informations sont pour l’heure tenues secrètes. Cependant, il est dans le domaine public qu’en Sardaigne, à quelques kilomètres seulement des côtes corses, le coût horaire de la location était estimé en 2003 à 50.000€ de l’heure. Plus récemment, des données officielles ont révélé que ce marché génère des bénéfices annuels colossaux pouvant atteindre plusieurs centaines de millions d’euros par an. Il s’agit donc là d’un actif économique à intégrer dans l’évaluation de rapports financiers entre la Corse et la France. Par ailleurs, sur l’île sarde de La Maddalena, une étude indépendante a démontré que la présence d’une base militaire induisait des externalités négatives importantes, et donc des coûts pour le territoire qui l’accueille. Ce déficit a été évalué à plusieurs dizaine de millions d’euros en l’espace de près de deux décennies.
  • Le montant global de l’épargne corse. Les derniers chiffres rendus publics dépassaient les 11 milliards d’euros et attestaient d’une progression beaucoup plus importante que le territoire français. Or, il s’agit là potentiellement d’un puissant levier de développement pour notre pays.

Pour Nazione, sans ces éléments, il est illusoire d’espérer négocier de façon loyale un quelconque statut fiscal.
Dans l’attente d’hypothétiques éléments à cet égard, nous continuerons dans les semaines et les mois à venir à populariser auprès de l’opinion corse ces enjeux indispensables à une véritable solution politique respectueuse du droit du peuple à corse à vivre dignement sur sa propre terre.

NAZIONE

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