« La résilience du mouvement de libération nationale arménien » – #Corse

(Unità Naziunale – Lutte Internationale – Publié le 18 janvier 2024) La lutte armée des arméniens pour une existence nationale naît à la fin du XlXème siècle, contre L’empire ottoman.

Les Fedayi ( « ceux qui se sacrifient ») forment des milices armées d’autodéfense en réaction aux massacres de masse et aux pillages de villages à l’encontre de la population arménienne. Ils sont les fondateurs du mouvement national arménien qui, dès l’origine, se divise entre les autonomistes (Arménakans) et les indépendantistes (Dachnaks et Hentchaks). L’objectif principal des fedayi arméniens était de défendre les arméniens de la persécution et de perturber les agissements de l’Empire ottoman dans les régions peuplées d’Arméniens.
Attaques, sabotages, exécutions de représailles, les actions de ces groupes ont rapidement été soutenus par la population arménienne.

Le programme d’action du Mouvement National Arménien au début 1900 est de créer des cellules armées dans les villages ou les quartiers urbains avec un comité cadre pour se défendre contre les agressions, des turcs et des déplacés musulmans des Balkans ou du Caucase auxquels l’administration ottomane distribue des terres. Le MNA cherchera l’entente avec les paysans kurdes (Alévis) contre les féodaux kurdes. Le MNA veut neutraliser les impôts turcs afin de percevoir de l’argent pour l’achat d’armes, les besoins de la lutte, les écoles et les prisonniers. Il interdit à tout arménien de vendre sa terre à un Turc ou à un Kurde et décourage les acheteurs non arméniens, au besoin par l’incendie et le sabotage. Il crée des écoles arméniennes afin de préserver la civilisation face aux écoles coraniques.

Lorsque le Comité Union et Progrès arrive au pouvoir, il accorde dans un premier temps aux citoyens arméniens de l’empire les mêmes droits que ses citoyens, la plupart des groupes fedayi sont dissous. Le génocide arménien en 1915 (1 Million 500 000 victimes) provoque le retour des Fedayi.

Renaissance du Mouvement National et Luttes de Libération
Guerre arméno-azerbaïdjanaise de 1918

Les réfugiés Arméniens rescapés du génocide affluent d’Anatolie dans les zones du Caucase. De 1918 à 1920, une guerre sanglante oppose les arméniens aux azéris, un peuple d’origine turque soutenu par la Turquie, sur un territoire pétrolifère. Les bolcheviques prennent le contrôle de l’ensemble sud du Caucase. Bakou devient capitale de l’Azerbaïdjan. En novembre 1920 est fondée la République Socialiste Soviétique d’Arménie. Dépendant du pétrole azéri, Staline décide en 1921 de rattacher le Karabagh arménien à l’Azerbaïdjan.

Génocide arménien : Opération Némésis, La vengeance des arméniens.

L’opération Némésis est le nom de l’opération menée entre 1920 et 1922 par la Fédération révolutionnaire arménienne pour exécuter plusieurs responsables du génocide arménien ou des massacres d’Arméniens à Bakou condamnés par les cours martiales turques à la peine de mort mais qui s’étaient enfuis de l’Empire Ottoman.
Une cellule secrète initiée par la FRA est destinée à l’assassinat de huit hauts responsables turcs ou azerbaïdjanais ainsi que de trois « traîtres » arméniens.

Le Renouveau du Mouvement National arménien dans les années 80
ASALA/’Armée secrète arménienne de libération de l’Arménie

Ce groupe armé issu de la diaspora arménienne, d’inspiration marxiste- léniniste est surtout actif de 1975 à 1984.
Ses objectifs principaux sont de forcer le gouvernement turc à reconnaître le génocide arménien et d’unifier les territoires peuplés (ou peuplés avant le génocide) d’Arméniens en une nation arménienne.

Le passage vers une lutte armée plus radicale se fait avec en toile de fond la guerre civile libanaise et la lutte palestinienne. Les activités de l’Asala seront en grande majorité des attentats à la bombe et des assassinats dirigés contre des cibles turques – ou considérées comme soutenant la Turquie (en général ou dans sa politique étatique de négation du génocide arménien), L’Asala va collaborer avec les Kurdes du PKK, et avec les groupes palestiniens. Sa branche politique sera également reçue aux journées internationales indépendantistes de Corte (Corse). Après l’attentat d’Orly en 1983 ( 8 morts, 56 blessés ) le groupe se scinde entre Asala-Militant et Asala-Mouvement révolutionnaire qui recentre sont action sur des objectifs étatiques turcs.

CJGA/ARA

Les Commandos des justiciers du génocide arménien sont un groupe armé formé en 1972 par la Fédération révolutionnaire arménienne. En 1983, elle prend le nom d’Armée révolutionnaire arménienne. L’ARA exécute des diplomates turcs dans le monde entier, même dans les pays communistes. L’attentat le plus marquant de TARA a lieu à Lisbonne le 27 juillet 1983 contre l’ambassade turque.

De la LLN à la libération d’Artsakh.

A la chute de l’URSS en 1991 la République du Haut-Karabagh déclare son indépendance. Les autorités azerbaïdjanaises envoient alors des troupes qui se heurtent aux combattants arméniens de la LLN.qui prend alors une forme concrète pour les volontaires de la diaspora, repoussant les Azerbaïdjanais jusqu’à la victoire de 1994.
Des anciens militants de TASALA comme Monte Melkonian ou Gilbert Minassian intègrent les forces arméniennes et participent aux combats. En 1992, Chouchi est libérée par les Fedayi arméniens de la FRA.

Le Mouvement National arménien face à la chute d’Artsakh

Le 27 septembre 2020, l’Azerbaidjan, déclare la guerre totale à l’Artsakh. Les Forces combattantes d’auto-défense du Karabagh, les militaires arméniens et des Fedayi de la diaspora se joignent au combat conservant des positions clés au Nord dans la zone de Martakert. Des fedayi arméniens capturent plusieurs djihadistes syriens et libyens recrutés par la Turquie. Après la chute de Chouchi un accord de cessez-le-feu est signé,actant la perte des trois quarts des territoires arméniens. Le 19 septembre 2023, après un blocus de plusieurs mois, l’Azerbaïdjan lance une opération militaire, rapidement victorieuse, les forces armées du Haut-Karabagh déposent les armes et 100 000 civils sont obligés de fuir.

Le 28 septembre, les autorités de la république d’Artsakh annoncent sa dissolution d’ici le 1er janvier 2024 après un peu plus de 32 ans d’existence. Les anciens présidents du Haut-Karabagh sont arrêtés par les azéris, le président en exercice Samvel Chakhramanian se réfugie en Arménie.

Le 15 octobre, l’armée azérie entre à Stepanakert et le président Aliyev hisse le drapeau azéri. Après la chute d’Artsakh, le Mouvement national arménien s’axe sur 2 voies
principales :

1. Constitution d’unités spéciales d’autodéfense qui priorise la sécurité sur certains secteurs stratégiques des frontières de la République d’Arménie. Craignant l’extension pan-turquiste sur le territoire souverain arménien, ces unités constituent des postes avancés de combattants volontaires expérimentés.

2- Lutte d’auto-défense à l’international jusqu’à la libération des territoires occupés.

Le gouvernement en exil de la République d’Artsakh s’est installé le 16 octobre 2023 à Erevan. Le Président Chakhramanian a alors déclaré que que la République d’Artsakh n’était pas dissoute. C’est un signal important et mobilisateur lancé au Mouvement de libération nationale de l’Artsakh au Liban, aux USA, et en Europe.

La lutte se poursuit sur le plan politique, mais également avec des actions directes contre les intérêts diplomatiques azéris et turcs. Elle marque un renouveau des mouvements populaires de masse contre les ambassades, la traque des responsables des crimes contre l’Humanité, le soutien à la libération des prisonniers politiques arméniens d’Artsakh, dont plusieurs anciens présidents ou ministres d’Etat, ainsi que de dizaines de prisonniers de guerres retenus illégalement dans les geôles de Bakou.

Depuis plus d’un siècle, la résilience mouvement national est garante de la survie du peuple arménien.
Senza mai stancià nè mai rifiatà …

Article publié dans le Ribombu sous la plume d’Alexandre Santerian, Président du CJCA.

 

 

 

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