Rentrée politique de Corsica Libera « vers l‘indépendance : un populu fattu è prontu à marchjà » – #Corse

(Unità Naziunale – Lutte de masse – Publié le 26 septembre 2022) Au mois d‘août dernier, à l‘occasion de la 40e édition des Ghjurnate Internaziunale di Corti qui ont été un succès populaire et politique, Corsica Libera soumettait aux Corses et à l‘opinion publique internationale un projet en 10 points pour une véritable solution politique.

Cette initiative politique constitue notre contribution aux débats en cours alors, qu‘à cette heure, aucune proposition de fond n‘est sur la table. Elle traduit notre volonté de permettre la réussite d‘un vrai processus politique qui garantisse l‘existence du peuple corse sur sa propre terre et l‘exercice de l‘ensemble de ses droits nationaux, dont celui d‘accéder à la souveraineté qui est un droit imprescriptible. Or, cette ambition pour la Corse nous oblige à juger sévèrement la parodie de processus actuellement en cours, alors que l‘ensemble des autres participants à ces discussions tente de maintenir artificiellement l‘illusion d‘un moment « historique » sous la bannière d‘une « autonomie » sans peuple corse, sans pouvoirs et sans contours.

L‘actualité de ces dernières semaines vient malheureusement conforter notre analyse

À titre d‘exemple, dans le domaine énergétique, la dépendance aux logiques du gouvernement français à travers la PPE (programmation pluriannuelle de l‘énergie) et de la CRE (Commission de régulation de l‘énergie) constituent des entraves au développement de notre souveraineté dans ce domaine et au développement des énergies renouvelables qui sont un élément central de la transition écologique. Dans le contexte international actuel, il s‘agit également d‘un enjeu social important au regard de la forte hausse des prix de l‘énergie. Dans ce domaine, le projet de nouvelle centrale du Ricantu qui devait être opérationnelle en 2023 (dans quelques mois !) est aujourd‘hui à l‘arrêt et fait l‘objet d‘annonces contradictoires dans la précipitation.

En matière linguistique, le recteur de Corse annonce tranquillement que l‘enseignement immersif de notre langue ne pose aucun problème mais… qu‘aucun site immersif public n‘ouvrira à la rentrée.

En matière fiscale, la dépendance ruine la Corse puisque le montant des impôts prélevés ici par Paris est augmentation constante (117% entre 2004 et 2016 selon le site Corse-Economie) alors que les dotations d‘Etat stagnent ou reculent. À l‘exception de notre élue, Josépha Giacometti-Piredda, aucun élu n‘a relevé cette situation lors de la dernière réunion à Paris et n‘a donc formulé la seule revendication conforme aux intérêts corses : le remplacement des subventions parisiennes par le produit de nos impôts. Nous déposerons une motion en ce sens à l‘Assemblée de Corse.

De façon plus générale, la dimension politique de la question nationale corse est totalement absente, car volontairement occultée, des discussions en cours.

Le substrat politique indispensable à tout processus de dimension historique est écarté explicitement par l‘application du protocole Darmanin-Simeoni signé le 17 mars dernier et qui exclut du champ des possibles les principales revendications portées par le mouvement national et par la majorité des Corses depuis des années en signifiant que les mesures envisagées ne pourront conduire à « créer deux catégories de citoyens ». Pour Corsica Libera, ce protocole doit être clairement abrogé en ce qu‘il est un obstacle à la reconnaissance des droits du peuple corse, au statut de résident, à la corsisation des emplois, à la constitution d‘un corps électoral légitime.

Ce document appréhende, par ailleurs, la question des prisonniers sous le seul prisme du droit au rapprochement, que l‘Etat français bafoue d‘ailleurs sans vergogne malgré les engagements fermes pris à ce sujet par un Premier ministre il y a plus de vingt ans. Pour Corsica Libera, la question de la libération des prisonniers politiques et de l‘amnistie doit être intégrée en préambule de tout processus afin de prendre en considération toutes les dimensions du conflit. Nous réitérons, à cette occasion, notre solidarité avec les prisonniers politiques incarcérés et adressons un salut fraternel à ceux de nos militants qui sont toujours incarcérés ou connaissent toujours des mesures de nature répressive.

En conséquence, la méthode retenue consiste à enfermer le débat dans une dimension uniquement technique où l‘on saucissonne les problèmes sans approche globale. Ainsi, la réunion de septembre à Paris a été globalement monopolisée par des revendications et mesurettes sectorielles dans le domaine fiscal. La prochaine, consacrée au « foncier » – a nostra terra – n‘échappera pas, à n‘en pas douter, aux recettes envisagées par l‘administration française pour l‘ensemble de ce qu‘elle appelle les « zones tendues » de Dunkerque à Bunifaziu.

Sans statut de résident et citoyenneté, les crédits d‘impôts continueront d‘être le cheval de Troie de la spéculation et les taxes sur résidences secondaires pénaliseront en premier lieu les Corses qui ont hérité de leur maison ancestrale sans être dissuasives pour les multipropriétaires étrangers ayant réalisé des placements financiers. En somme, ils profiteront à une partie de la population installée en Corse ou y ayant des intérêts financiers, mais certainement pas au peuple corse.

À partir de ce constat, nous voulons poser une question simple : que signifie alors un processus duquel le peuple corse en tant que communauté de droit sur la terre de Corse est clairement exclu ?

Corsica Libera veut redire aujourd‘hui solennellement que la priorité absolue de toute démarche nationale doit avoir pour objectif de permettre la survie d‘un peuple aujourd‘hui menacé de disparition à court terme. Paris joue la montre et mise sur l‘extinction du problème corse sous les effets conjugués de la démographie et de la dépossession de la terre. La spéculation foncière et immobilière atteint aujourd‘hui des seuils totalement démesurés, depuis la mer jusque dans nos villages le prix des terrains et des maisons devient hors de portée de la grande majorité des Corses ceux-ci passent entre des mains fortunées venues d‘ailleurs. Depuis les années 2000, 5 à 6.000 personnes s‘installent chaque année sur la terre de Corse. Aucune région d‘Europe ne connaît une évolution démographique dans de pareilles proportions.

Dans le même temps, à ces tendances, s‘ajoutent le coût de la dépendance économique et sociale et la déprise continue de notre langue.
Ce constat, lucide et fondé sur des données objectives, est très préoccupant. Malgré tout, nous voulons avoir confiance dans la capacité des Corses à trouver les ressources nécessaires pour faire front, une nouvelle fois, face à cette situation. Nos militants qui ont depuis toujours payé le prix fort seront au rendez-vous des luttes contre toutes les formes de dépossession et d‘acculturation.

Comme annoncé depuis la tribune des Ghjurnate Internaziunale, Corsica Libera contribuera activement à cette phase de résistance mais aussi de construction nationale par un effort de popularisation de ses propositions politiques fondée sur son projet en 10 points, par un travail d‘internationalisation de la question corse et par un impératif de mobilisation où la jeunesse de ce pays aura toute sa place.

Congrès dimanche 20 novembre prochain à Corti.

Dans ce cadre, notre prochain Congrès se tiendra le dimanche 20 novembre prochain à Corti.

un populu fattu è prontu à marchjà !

Ce Congrès devra marquer une étape du rassemblement de toutes les forces qui se situent dans une démarche d‘essence nationale et, donc, de défense du lien multiséculaire entre la terre de Corse et une communauté humaine singulière qui existe et entend reprendre sa marche vers la souveraineté pleine et entière, c‘est-dire vers l‘indépendance : un populu fattu è prontu à marchjà !

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