« En le faisant mourir en martyr de la Nation #Corse, l’Etat français a œuvré pour sa gloire »

(Unità Naziunale – Lutte Institutionnelle – Publié le 24 mars 2022) Voici le discours d’ouverture du groupe Pà Aiacciu, qui n’a pas participé pas aux débats lors du conseil municipal d’Aiacciu,  en hommage à Yvan Colonna : 

Yvan COLONNA est mort lundi soir, il a été assassiné dans une prison française, loin de sa famille, loin de ses amis, loin de son île, loin de son village de Carghjese.

Il a été assassiné, torturé devrait-on dire, de la pire des manières.

On pense à certains condamnés à mort avec un bandeau sur les yeux, lui avait un sac sur la tête, mais la triste comparaison doit s’arrêter là, car même aux condamnés à mort on permet de mourir rapidement, même aux condamnés l’on permet de prendre une dernière inspiration avant le coup fatal.
Il a vécu l’absolue douleur qui s’attache au sort des martyrs.

Le temps dira comment son destin est étroitement lié au notre, précisera certaines choses, en éclairera d’autres, confirmera ou infirmera certains points encore en débat.

Il comparaîtra devant le grand tribunal de l’Histoire, lui qui a tant comparu, mais cette dernière audience est un privilège réservé à peu de femmes et d’hommes, et l’Histoire le jugera pour redonner à son destin sa véritable dimension.

Mais aujourd’hui, mais ce soir, que peut-on dire d’incontestable sur cet homme ? Qu’il était un patriote Corse, qu’il a tout sacrifié sur l’autel de son peuple et de sa nation, de sa terre et de sa langue, on peut dire qu’il a participé de l’évolution institutionnelle de cette île et qu’une nouvelle séquence débutait il y a quelques jours en raison même de sa vie qui prenait fin, on peut dire qu’il avait purgé 20 ans de prison pour les faits qui lui étaient reprochés, malgré ses invariantes protestations d’innocence, on peut dire ce soir que ses demandes de rapprochement étaient légitimes et que les refus qui lui ont été opposés ne l’étaient pas.

Il est mort de ce déni de droit, de cette vengeance d’Etat qui n’a en définitive pas atteint son but car en le faisant mourir en martyr de la Nation Corse, l’Etat français a œuvré pour sa gloire.

Toutes les églises de notre île abritent en ce moment même des personnes qui prient pour lui, des messes sont données en sa mémoire, des rassemblements spontanés s’organisent ; un cauchemar pour un Etat qui ne voulait voir en lui qu’un vulgaire assassin.

Nous est-il permis de penser que de là où il est en ce moment il retire une ultime satisfaction de cette dernière ironie, pour notre part nous voulons le croire.

Au-delà de ce qu’on peut dire, il y a ce que l’on doit faire et surtout ce que nous pensons ne pas devoir faire.

C’est aujourd’hui le temps du deuil, du recueillement de l’hommage, pas celui de l’action, c’est ce que nous avons essayé d’expliquer par ce court propos.

Alors que les drapeaux sont en berne à la Collectivité de Corse, la session du Jeudi 24 mars reportée, que les cloches mortuaires sonnent dans toute l’ile, nous avons décidé de nous rendre à cette session par respect de l’Institution municipale, du travail des élus et des services qui vont nous présenter ces documents budgétaires essentiels à la vie de notre cité.

Mais nous n’avons ni le cœur ni le gout de nous lancer dans des commentaires, des batailles de chiffres, de ferrailler sur des rapports ; c’est la raison pour laquelle, en cette période de deuil, en cette période qui ne peut laisser personne indifférent, nous nous contenterons de voter les différents rapports, favorablement ou défavorablement, sans observation ni commentaire.

Yvan Colonna hè mortu,
Evviva Yvan Colonna,
Evviva a Corsica Nazioni.

Pour le groupe Pà Aiacciu, Jean-François Casalta

 

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