Assemblée Générale du PNC « Réaffirmer le sens du combat, enraciner une démarche militante » – #Corse

(Unità Naziunale – Lutte de masse – Publié le 23 janvier 2022) Se tenait ce dimanche à Corti l’Assemblée Générale d’u Partitu di a Nazione Corsa (PNC). Le PNC a redéfinie sa stratégie et renouvelle ses instances devant un peu plus de 400 personnes.

Le Parti fête cette année ses 20 ans (24 juillet 2002). C’est le plus vieux parti nationaliste encore en politique sans avoir changé de sigle. Historiquement c’est la fusion en deux fois de trois structures, l’UPC (Unione di u Populu Corsu), de Scelta Nova et d’A Mossa Naziunale.

Le 24 Juillet 2002 : Création d’u Partitu di a Nazione Corsa (UPC-Scelta Nova).

Le 3 Novembre 2002 : A Mossa naziunale, un mouvement nationaliste corse, à voté sa dissolution à l’unanimité, ce dimanche 3 novembre. Ses quelque 200 militants ont annoncé leur fusion avec les modérés de l’ex-UPC-Scelta Nova dans le nouveau Partitu di a nazione corsa (PNC), mouvement qui prône l’autonomie de l’île.

Le 7 décembre 2002 : Congrès fondateur du PNC à Furiani

Revue de presse
(FR3Corse) (Alta Frequenza) (Corse Matin)


Nazione Corsa : U partitu di fà strada à l’Avvene

En ce mois de Janvier 2022, le nationalisme corse entame sa sixième décennie de lutte contemporaine. Il assume l’héritage des mobilisations historiques, des boues rouges à a Mossa di u Settanta et au Riacquistu, de la revendication de l’Université à celle de la suppression de la Cour de sûreté de l’Etat, du statut particulier de 82 à la conquête de bastions importants, jusqu’à notre victoire de décembre 2015.

Plus d’un demi-siècle d’engagement militant, dans un combat pour l’émancipation jamais interrompu, porté par diverses générations et au prix de réels sacrifices, a permis l’accession des nationalistes unis aux responsabilités, à l’Assemblée de Corse.

Après une période d’alliance, durant deux mandatures, l’échéance de juin 2021 a bouleversé la donne politique au sein du mouvement national.

Pour la première fois coexistent, au sein de l’institution, une majorité et une opposition nationalistes.

Des années plus tard, au regard de la situation démographique de file, qui connaît plus de 4000 nouveaux arrivants par an. resurgit la conclusion du rapport de l’Hudson Institute de 1971, commandé par la DATAR, avec ses deux options:

1. – Améliorer l’érosion do l’identité culturelle corse, par exemple en encourageant une nouvelle immigration massive en provenance de la Métropole. Ainsi, la période de transition serait aussi courte que possible et la Corse atteindrait rapidement un niveau élevé do peuplement (environ 500.000) en majorité non Corse.

2. – Conserver et restaurer l’identité culturelle et les traditions corses en développant le potentiel de nie dans le contexte corse (…) ».

C’est dans ce contexte d’Assemblée Générale, face au défi et à la menace de disparition d’un peuple, que le PNC réaffirme l’urgence d’un sursaut historique et d’une refondation du mouvement national. Le temps est venu pour ses militants de signifier au peuple corse, à l’Etat et à l’Europe la volonté de faire émerger enfin une solution politique et de faire valoir notre droit à l’autodétermination.

LAG du PNC. force d’opposition dans un contexte politique inédit, et dont l’implantation reste stratégique, doit marquer cette inflexion autour de 5 grandes idées

1. Réaffirmer le sens du combat

Les dernières élections territoriales nous conduisent à clarifier notre positionnement stratégique, en identifiant un nouvel échiquier politique.

Entre le parti Femu, qui évoque en permanence “les 70% de nationalistes » (dont nos 21000 suffrages) et Core in Fronte, qui parle d’un distinguo entre majorité politique (le Mouvement national, toutes tendances confondues à l’Assemblée de Corse) et majorité administrative (Femu a Corsica), nous devons affirmer sans la moindre ambiguïté une position claire: nationalistes, naturellement, dans le fil historique de nos engagements, et en opposition à l’actuelle majorité territoriale.

Notre combat entend situer désormais les grands enjeux, dans un projet de construction nationale, essentiel au peuple corse sur sa terre. Notre AG de ce jour a pour vocation de poser les termes majeurs de la stratégie des prochains mois.

Cette démarche doit permettre de redéfinir le rapport aux corses, mais également à Paris et à l’Europe, à travers l’expression de notre revendication institutionnelle, autour de la reconnaissance du peuple corse et enracinant la marche vers la souveraineté.

2. Opérer un aggiornamento

L’épisode de l’été 2021 aura donc consacré la fin d’une union regroupant, dans sa diversité, le mouvement national.

Ceux qui ont choisi la fracture portent une immense responsabilité et par là même, font courir le risque d’un échec de la démarche engagée depuis plus de 50 années.
À l’aune d’une situation dommageable, nous devons aujourd’hui proposer une alternative. Une mutation fondamentale, réclamée dès 2019 par notre base militante, doit nous porter à l’élaboration d’un projet fédérateur.

Le temps est venu de dépasser les incantations et d’offrir un cadre clair et durable à l’expression interne, puis au déploiement d’une vision précise et de long terme pour notre peuple.

Il nous appartient de traiter l’ensemble des sujets sociétaux, tels que la démographie et les flux migratoires, la spéculation immobilière, le foncier et l’accession au logement, l’adaptation au réchauffement climatique, la précarité galopante et le coût de la vie. l’énergie, les carburants, la formation professionnelle, les risques multiples qui touchent désormais toutes les générations (drogues, etc).

Sur un plan général, l’ensemble de ces problématiques rejoint, de manière consubstantielle, les grands thèmes de la démarche d’émancipation nationale.
A l’évidence, le règlement d’un conflit de 50 ans ne saurait se résumer à des tables rondes entre « interlocuteurs privilégiés ». sans rendre enfin la « parole » au peuple corse.
3. Construire une convergence nationale

Devant une évolution subie, sur tous les plans, apparaissent clairement l’incapacité et les limites de nos institutions à répondre à l’ampleur des problèmes. Parce que le rôle et le fonctionnement de l’Assemblée de Corse ne correspondent plus aux véritables attentes, la liste des marasmes augmente, jour après jour, et appelle une initiative majeure de notre part.

Dès les prochaines semaines, notre parti prendra l’initiative de rencontrer les composantes du Mouvement national s’inscrivant dans une même stratégie, qu’elles soient syndicales, associatives, consulaires ou politiques.

Un espace de dialogue sera ainsi formalisé, avec une particulière attention pour la jeunesse, le monde culturel, les syndicats étudiants, qui doivent être au cœur de la refondation engagée à l’occasion de cette AG.

4. Déployer une stratégie européenne

En sa qualité de membre fondateur de l’ALE, le PNC doit désormais accentuer sa présence, y compris de façon indépendante, sur la scène européenne voire internationale.
L’autonomie politique, en vertu du droit à l’autodétermination, est la règle pour la quasi-totalité des territoires insulaires et nations sans état. Elle doit être négociée et non octroyée, dans le cadre d’une large mobilisation et d’un processus ouvert, dont les derniers exemples remontent aux accords de Matignon du début des années 2000.
Le droit comparé, l’interaction entre nos entités (géographiques autant que politiques), le développement d’axes collaboratifs sont autant de pistes pour l’avenir. A la différence de la Catalogne, la Corse ne dispose pas d’institutions autonomes renforcées par un ensemble de pouvoirs (exécutifs et législatifs), supérieurs à la plupart des régions européennes.

La Corse n’atteint pas, en termes de compétences, le Statut d’Autonomie de la Catalogne de 1979, réformé en profondeur et lui permettant l’accession à « l’autogouvernement » mais elle pourrait y prétendre dans le cadre d’un processus d’autodétermination.

5. Enraciner une démarche militante

Notre projet fédéraliste devra intégrer non seulement les militants et sympathisants politiques mais également des représentants socio-professionnels, syndicaux, associatifs, artisanaux, commerçants, acteurs culturels, etc…

Pour consolider ces convergences et peser sur les choix sociaux. l’AG entérine le principe de conventions thématiques sur les grands dossiers.
Au confluent du PNC, aux instances renouvelées, de la dynamique d’Avanzemu et de nos réseaux d’élus, cette stratégie plus offensive viendra compléter la restructuration du parti dans les territoires.

De fait, nos instances nationales pourront retrouver leur vocation originelle: un Cunsigliu « Parlement » des régions et AG permanente (force de proposition et lieu de débat) avec un Exécutif, lieu de synthèse et de mise en œuvre des décisions du Parti.

L ora hé venuta di piglià u partitu, per fà strada à l’Awene di stu paese, di u so Populu è di a vechja Nazione.

Vint’anni fà era quessa a nostra scumessa. Oghje ghjornu a Corsica hè ghjunta à i punti stremi. O lascemu u destinu cumunu in manu à l’inforse è vede qui turnà à nasce u clientelismu è l’illusione di u prugressu , o ci mettimu à meza strada per di di nô à ciô ch’elli ci prumettenu in Aiacciu o in Parigi.

Si tratta oramai di i ghjorni à vene di i nostri figlioli, di a vita d’un Populu sempre vivu nant’à a so terra, d’un’awene di dignità. di demucrazia è di liberté.

A suluzione pulitica aspetta; aspetta in e prigiô tráncese, aspetta in carrughju, aspetta à l’Université, aspetta in i paesi vioti di l’inguernu, aspetta in l’ochji di u zitellu. Ùn ci hè più tempu à tricà né à « fa crede »; 20 anni dopu à a so creazione. à l esee d’un’epica nova per a Corsica, u Partitu di a Nazione Corsa ferma nant’à a strada d una lotta nata 50 anni fà.

Àvà, à noi tutti tocca !

PNC
23 janvier 2022

 

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