Il y a 40 ans l’Università di Corsica réouvrait ces portes sous l’impulsion d’une revendication populaire #Corse

Le 26 octobre 1981, réouverture de l’Università di Corsica.(Plus d’information ici)

 

L’Université de Corse a été fondée en 1765 par le Général Pasquale Paoli. La revendication universitaire s’exprime dès les débuts de la révolution corse, en 1731. L’Université de Corse ouvre finalement ses portes le 3 janvier 1765 à Corte. Les événements de l’Histoire causent sa fermeture après quatre années. Cette fermeture paraît, durant plus de deux siècles, définitive.

MOBILISATIONS POPULAIRES DU PEUPLE CORSE 

6 janvier 1961 : Création de l’association générale des étudiants corses de Paris.

Le 12 novembre 1968 : La loi d’orientation sur l’enseignement supérieur d’Edgar Faure prévoyait des universités partout, sauf en Corse. Des langues régionales comme le basque, l’occitan, le catalan obtenaient un peu de reconnaissance, le corse était mis à l’écart.

Cette association, présidée par Dominique Alfonsi, devient l’année suivante l’UNEC, « Union Nationale des Etudiants Corses ». Dès 1962, Dominique
Alfonsi fait dresser un premier dossier pour l’ouverture d’une université en Corse.

Le 11 février 1972 : Création du « Comité d’initiative pour la réouverture de l’Université de Corte ». Sous la présidence du maire Michel Pierucci, le conseil municipal de Corte vote à l’unanimité la création du « Comité d’initiative pour la réouverture de l’Université de Corte ».

En 1973 est mis en place un « groupe de réflexion et d’action pour l’université de Corse (GRAPUC). Quelques jours après, le gouvernement annonce en Corse la création d’un établissement autonome d’enseignement supérieur.

Le 10 AOÛT 1974 : UNIVERSITA D’ESTATE. UNIVERSITA DI CORSICA : En 1974, Pierre Messmer, Premier Ministre, confirme la mise en place d’un premier cycle. Pourtant rien ne bouge…

En octobre 1974, la SOFRES réalise un sondage d’opinion : 92 % des Corses veulent une université, 48 % souhaitent qu’elle soit implantée à Corte. Malgré les hésitations et le manque d’enthousiasme des élus, le conseil régional décide à une faible majorité qu’elle sera implantée à Corte.

Le 17 novembre 1974 : Création de la Cunsulta di i Studienti Corsi (CSC). Créé par des étudiants corses de Nice, la première revendication de ce mouvement a été la réouverture de l’Université de Corse. 800 étudiants adhèrent à la CSC sur 3000 étudiants corses en France. les militants de la CSC occupent le restaurant universitaire de la Fac de Nice pour faire entendre sa principale revendication : « la création d’une Université à Corti et la reconnaissance du Peuple Corse ». Cette action d’environ 300 étudiants est soutenue par Edmond Simeoni qui a fait le déplacement de Corse. (Source Pantaleon Alessandri, Indépendantiste corse, Mémoire d’un Franc Tireur). Naissance de l’ULC (Union des Lycéens Corses)

Manifestation de la CSC à Aiacciu pour demander « une Université à Corti ».

La CSC mais pas que, réfléchit avant l’ouverture à ce que devrait être l’Université : « formations courtes, mais aussi un outil de formation continue en agriculture, en biologie ou en hôtellerie »

13 décembre 1974 : Corte accueillera l’Université de Corse. Le conseil régional et le comité économique et social entérinent le choix de Corte comme ville qui accueillera l’Université de Corse.

En 1975, Pascal Arrighi devient le premier président de l’Université de Corse. Pourtant, l’ouverture reste émaillée d’obstacles… (MAJ)

Le 6 novembre 1975 : Décret portant création de l’Université de Corse est publié.

Création de la CCN (Consulte des comités nationalistes) en mars 1980. 

Le 18 septembre 1980 : lors d’une conférence de presse, Pierre Ferrari, recteur de la Corse, annonce que l’université ouvrira ses portes à la rentrée 1981, sous l’influence d’une vaste mobilisation populaire.

universita-estate-1974

Le 3 avril 1981, alors que le candidat Mitterrand est en visite en Corse, le FLNC entame une trêve illimité.

Le 10 mai 1981 : élection de François Mitterrand. (Avec le nouveau statut Defferre accordé à l’île, la Légion était partie de Bonifacio, de Corte, la création de l’université de Corte est « acquise », tout comme la mise en place de l’assemblée régionale de Corse et d’une station de télévision régionale de FR3.  Le gouvernement Mauroy tient les engagements du candidat Mitterrand.

Le 22 octobre 1981 : Les enseignants se réunissent en vue de l’accueil des étudiants le 26.

Le 23 octobre 1981 : Le Conseil de l’Université se réunit.

C’est en 1981, le 26 octobre,  dans la même ville de Corte, que l’Université rouvre ses portes, suite à un mouvement populaire, et accueille ainsi ses premiers étudiants. Pascal Arrighi accueille la première promotion de l’Université de Corse. Les filières proposées : droit, capacité, enseignement 1er degré, langues étrangères appliquées, sciences. Selon l’article du magazine « Corsica » du Provençal de 1981, trois DEUG (diplômes d études universitaires générales) pourront finalement être préparés au lieu des quatre DEUG renforcés donnant droit à 27 équivalences.

A ce moment là, L’Università possède un amphithéâtre de 150 places, une salle polyvalente de 100 places , 10 salles de travaux dirigés, 3 de travaux pratiques et un laboratoire de langues.

Dès l’ouverture de L’Université la Cunsulta di i Studienti Corsi (CSC) s’impose comme le syndicat étudiant.

L’Université compte 711 inscrits pour l’année 1981/1982.

Le Jeudi 5 novembre 1981, 8h45, débute le premier cours pour les premiers étudiants de la deuxième université de Corse. Ils sont 74 inscrits pour le D.E.U.G.B mention ‘sciences de la nature et de la vie’. Ce premier cours a été dispensé par M. Balbi, professeur de thermodynamique. Les étudiants se sont entendus dire : « Que vous soyez fils de berger ou de notable, oubliez vos recommandations au vestiaire ». Lundi, ce sont les littéraires et les juristes qui feront leur rentrée. (Corse matin)

Jacques Brighelli avait été le premier président élu de l’Université de Corse, de 1981 à 1987.

Le 4 octobre 1982, un millier d’étudiants faisait leur rentrée universitaire à Corte.

Aujourd’hui l’Università di Corsica compte plus de 5000 étudiants.

 

« Parler d’Université corse sans celle qui s’est battue pour son obtention, c’est parler contre la jeunesse corse (…).
La jeunesse corse est déterminée à ne laisser personne la victoire de l’Université corse »
Cunsulta di i Studenti Corsi, novembre 1981

Le 24 JANVIER 1985 : Incident grave à l’UNIVERSITA DI CORTI. Les syndicalistes C.S.C organisent un piquet de grève en soutien à CRISTIANU MELA, étudiant, militant du F.L.N.C, jugés le même jour à AIACCIU. Deux étudiants proche de la Corse Française Républicaine et de FR.A.N.C.IA veulent pénétrer de force à l’université, l’un d’entre eux va chercher un fusil dans sa voiture et ouvre le feu. GHJILORMU REGETTI, militant nationaliste, est grièvement blessé. L’université est en ébullition. Des provocateurs de la C.F.R jettent de l’huile sur le feu et créent des incidents. Grève générale dans tous les lycées de Corse en soutien aux étudiants.

Le 26 JANVIER 1985 : 2000 personnes manifestent à CORTI, à l’appel des organisations nationalistes contre le climat de haine anti nationaliste entretenu à l’UNIVERSITA DI CORTI par la C.F.R.

Le 29 JANVIER 1985 : La C.S.C, dans une conférence de presse situe les responsabilités dans les incidents survenus à l’UNIVERSITA DI CORTI. Les provocateurs de la C.F.R sont directement visés. Le mouvement extrémiste anti-nationalistes demande pour sa part, ni plus ni moins la démission du président de l’UNIVERSITA DI CORTI, M. BRIGHELLI et appelle à une manifestation à CORTI.

Le 12 Décembre 1985:  Participation record à l’ Università di Corti pour l’élection du collège étudiant ( 35 %) . La Consulta di i Studienti Corsi, membre d’Unità ,recueille la quasi totalité des suffrages et obtient l’intégralité des sièges à pourvoir !

Le 26 novembre 1986:  Loi Devaquet : 2 journées de grève à l’ université et lycées à l’appel de la CSC.

Le 3 Décembre 1986:  Journée d’action à Corti d’ Unità Naziunalista à l’appel de la CSC et de l’ ALC Thème du débat dans un amphithéâtre archi-plein :  » Quel avenir pour l’Università di Corti.

Le 5 décembre 1986:  La grève se poursuit à l’Université et dans les lycées. Occupation des locaux de la Sécurité sociale à Bastia, de l’ inspection Académique à Aiacciu. Manifestation devant la préfecture à Bastia à l’initiative de la CSC.

Le 17 JANVIER 1990 : A 5h30, 8 hommes armés de pistolets, de haches, et de manches de pioche pénètrent dans le C.R.O.U.S, et la cafétéria de l’université de CORTI où se déroulait une soirée pour voler la caisse (plus de 30.000 fr.). Ils ont aussi tabasser le directeur du C.R.O.U.S . Par la suite, 4 personnes sont interpellés mais plus personnes ne portent plainte

Le 19 JANVIER 1990 : Les 4 personnes arrêtées dans le cadre de l’affaire DU C.R.O.U.S sont relâchés fautes de preuves.

Le 22 JANVIER 1990 : Des impacts de balles sont relevés sur la façade d’un établissement appartenant au père d’un des inculpés de l’AFFAIRE DU C.R.O.U.S de CORTI.

Le 25 et 26 JANVIER 1990 : Des rumeurs circulent comme quoi le F.L.N.C aurait fait payer la note après le saccage de la cafétéria. Selon la rumeur l’argent de la recette aurait été restitué et des dommages versés à l’établissement qui avait assuré la SONO de la salle.

Le 4 novembre 1992 : Naissance de la Ghjuventù Paolina.

Le 24 MARS 1995 : 18 étudiants de la Ghjuventù Paolina et de la CSC passent en procès au tribunal correctionnel de Bastia, dégradation, séquestration ou détention arbitraire. Trois seront relaxés et quinze condamnés à un mois de prison avec sursis. Evidement le parquet a interjeté appel…

Dans la nuit du 28 au 29 mai 1998 : Un attentat à l’explosif a visé l’institut universitaire de formation des maîtres, à Corte. La charge, de moyenne puissance, a explosé vers 2h15, provoquant des dégâts assez importants. L’attentat n’a pas été revendiqué.

1999 – Naissance de la Ghjuventù Indipendentista le 1er décembre 1999

Le samedi 23 Mars 2002 : Plus de 2.000 personnes ont manifesté cet après-midi à Ajaccio pour défendre la langue et la culture corse… A l’appel d’un collectif constitué des trois syndicats étudiants représentés à l’université de Corte (Ghjuventù paolina, Consulta di i studienti corsi et Ghjuventù indipendentista), des syndicats lycéens, de plusieurs mouvements, associations et partis nationalistes, soit au total une trentaine d’organisations, la manifestation a rassemblé 1.500 personnes, selon la police, 2.500, selon les organisateurs. Le cortège s’est ébranlé derrière une unique banderole « Lingua corsa ufficiale » (langue corse officielle), portée par des étudiants. « Nous réclamons l’officialisation de la langue corse. Nous réclamons son enseignement de la maternelle à l’université sans discontinuité », a déclaré Josepha Giacometti, porte-parole du mouvement nationaliste Ghjuventù Indipendentista, au cours d’une allocution prononcée en corse.

Le 17 décembre 2004 : Le recours déposé par le recteur Paul Canioni contre l’amphi Ghjuv’Battista Acquaviva sera examiné par le tribunal administratif de Bastia le 14 janvier 2005.

Janvier 2005 : Rappel : Le Rectorat dépose un recours contre l’amphi Ghjuv’Battista Acquaviva. Le recours déposé le 17 décembre 2004 par le recteur Paul Canioni sera examiné par le tribunal administratif de Bastia le 14 janvier. L’Université de Corse a affirmé mercredi être victime d’une « stratégie délibérée de déstabilisation », après le dépôt par le recteur de l’académie, d’un recours en justice visant à faire annuler la délibération qui a donné le nom d’un militant séparatiste à un amphithéâtre de l’IUT de Corte.

Le tribunal administratif de Bastia a tranché en faveur de l’Université de Corse en rejetant le recours du Recteur de l’Académie de Corse contre la délibération du conseil d’administration de l’Université (où ses propres services étaient pourtant dûment représentés) décidant de donner le nom de Ghjuvan’Battista Acquaviva à l’amphithéâtre de l’Institut  universitaire de technologie.

Inauguration de l’amphithéâtre Ghjuvan’Battista Acquaviva à Corti en mars 2005

Que les préfets de Corse ne comprennent pas ce que représente Ghjuvan’Batti Acquaviva pour les jeunes corses, cela n’est pas étonnant nous n’avons pas la même culture ni la même histoire, et encore moins la même approche de l’histoire de corse de ces trente dernières années. Qu’ils ne participent pas à l’inauguration de l’IUT de Corse, dont l’amphi principal est baptisé Ghjuvan’Batti Acquaviva, ne nous étonne pas.
Et au contraire, c’est leur présence qui nous aurait étonné et qui aurait été déplacée selon nous.
Mais au delà de l’attitude des représentants de l’Etat français en Corse, nous tenons à souligner l’attitude des élus de l’assemblée de Corse qui s’alignent comme toujours, comme de bons « toutous » devant leurs maîtres parisiens.
Aces grands donneurs de leçons, chantres de la démocratie , nous tenons à rappeler que cette décision de baptiser un amphithéâtre ghjuvan’Batti Acquaviva, est une décision démocratique des conseils de l’université sur proposition de la Ghjuventù Indipendentista. Une décision adoptée au sein du conseil d’administration de l’université où sont représentés l’Etat et la collectivité territoriale de Corse.
Et si personne ne s’est opposé à ce nom c’est qu’ il est le symbole de l’éternelle résistance du peuple corse contre les injustices et les oppresseurs. Son sacrifice pour un idéal est un exemple pour tout un peuple, pour toutes les jeunesses du monde !!!
Ce que vous n’avez pas compris MM Santini et De Rocca Serra, M. le Recteur, MM les préfets de Corses, c’est que Ghjuvan’Batti est un martyr de la lutte du peuple Corse, mort pour la liberté de son peuple et de son pays, que son engagement et ses sacrifices sont nobles et désintéressés. Et que son combat se situe dans la droite ligne de celui Pasquale Paoli dont notre université porte le nom. Et vous, malgré tous vos pouvoirs vous ne pourrez jamais rien changer à cela.
L’Histoire oubliera les noms de ce qui ont collaborés de tous temps avec le pouvoir.
L’Histoire oubliera les noms des colons.
Mais le peuple corse et l’Histoire n’oublieront jamais le nom de ses héros, dont fait parti Ghjuvan’batti Acquaviva.
Gloria à tè militanti di a libartà !!!

Ghjuventù Indipendentista, Ghjuventù Paolina

 

Sources de l’article

(Pantaléon Alessandri, Indépendantiste corse, Mémoire d’un Franc Tireur)

(Site officiel de l’Università Plus d’information ici)

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