« L’« avertissement » des nationalistes » #Corse #Rapprochement

(Publié sur Unità Naziunale Le 4 octobre 2010)  Ils refusent de désarmer. Et n’entendent pas se contenter des promesses ministérielles. Ce week-end, la gendarmerie de Montesoro en a fait les frais.

Et ce n’est qu’un début.Ce dernier week-end, l’heure était à la démonstration. Populaire. Dans la rue, donc. Ainsi, en parallèle de la grande manifestation contre la réforme des retraites, un autre mouvement protestataire avait décidé de se faire entendre. Plus virulent, celui-là. Samedi matin, les membres de l’association Sulidarità avaient décidé de « prendre en otage » la gendarmerie de Montesoro, à Bastia. En toute simplicité.

Promesse. Ils étaient ainsi une centaine de militants réclamant le retour des prisonniers insulaires en Corse. Visiblement chauffés à blanc par une annonce ministérielle jugée « insatisfaisante ». « Une hypocrisie inacceptable ». Nous « avions prévenu », relevait Dominique Tafani, porte-parole du rassemblement. Le mot d’ordre, face à la tentative d’apaisement amorcée par Michèle Alliot-Marie, reste le même : Tutti e subitu. Pas de temps à perdre.

Symbolique. Face à un cordon de CRS rapidement appelé sur les lieux, les esprits s’échauffent. Quelques insultes fusent à l’encontre des uniformes. De bonne guerre. La tension est palpable. Notamment à cause d’une banderole, placée derrière le cordon de protection, que les militants souhaitent récupérer. Pendant ce temps, les gendarmes, eux, restent cloisonnés. Avec leurs familles.

« Nous allons vous faire rentrer chez vous », crient quelques manifestants. Des pierres et des marrons de terre volent. Sans suite. L’affrontement n’aura pas lieu.

« C’est une action symbolique, rappelle Tafani. Nous allons continuer tant que nous ne serons pas entendus. »

Risposte. Un peu plus tôt dans la matinée, toute la déco extérieure de l’enceinte militaire a été repensée. A grand coup de graffitis. « Libérez nos otages », « FLNC », « Rentrez chez vous ! » Quelques doux billets, également, à l’attention de la garde des Sceaux. Celui-ci, notamment : « RIP MAM ». Comme une invitation à venir discuter sur place… Les échanges auront duré trois heures. Jusqu’à ce que Tafani décide que le message est bien passé. Du coup, vers midi, banderoles et drapeaux pliés, tout le monde lève le camp. Sourire aux lèvres, signe que l’opération est considéré comme un succès.

En quelques minutes, il n’y a plus personne. Ne restent, comme traces de la visite du matin, que les nouvelles inscriptions et quelques pierres abandonnées au sol. Le but était de marquer les esprits. C’est chose faite. Et après le blocage du port de Bastia et de l’aéroport d’Ajaccio, en août dernier, la tension est montée d’un cran. Ceux qui soutiennent leurs « otages » viennent de répondre à la République. « Nous recommencerons », préviennent-ils. L’action sert donc d’avertissement.

CONSTAT. Pour constater les dégâts, c’est le préfet de Haute-Corse en personne qui s’y colle. Il s’est déplacé. « C’est un acte très grave », déplore Jean-Luc Nevache, à peine arrivé sur les lieux, à 12 h 30. « Vous vous rendez compte que dans ces bâtiments il n’y a pas que des gendarmes. Il y a aussi des enfants. Imaginez le traumatisme. »

Le représentant de l’Etat est flanqué de son directeur de cabinet, Denis Mauvais. Ses mots, Nevache les réservera aux familles. Pas question de s’adresser spontanément à la presse. « Nous allons voir des personnes victimes, avant de dire quoi que ce soit, se contente-t-il de lâcher. Ma priorité, ce sont ces gens qui se sont retrouvés bloqués chez eux, et qui ne méritent pas ça. » Un communiqué officiel sera finalement rédigé dans la journée. Pour exprimer « le soutien » aux « otages » du jour. Des gendarmes, cibles de l’opération, qui ne souhaiteront pas s’exprimer.

24 Ore n°176
Par Jean-Frédéric Gallo

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