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(Unità Naziunale – 31 juillet 2017 – 17h00) Quand les flammes courent le long des terrains vagues, au cœur des commerces et des habitations, après qu’on les ait vues descendre depuis les crêtes poussées par le vent, c’est que la situation échappe à tout contrôle.

En Marana, la Corse a vécu hier ce que d’autres régions de l’île risquent de connaître à leur tour ces prochaines semaines.

L’angoisse était à son comble quand la nuit est tombée alors que le feu s’immisçait dans les zones densément peuplées de la plaine de la Marana. Maisons menacées, commerces touchés par les flammes, routes barrées, il n’y a pas eu de victimes mais le risque est désormais palpable d’une catastrophe aux conséquences encore plus graves.

Telles sont les premières images qui témoignent d’un été de feu pour la Corse. Nous ne sommes pas encore à la fin du mois de juillet. Août et septembre, sauf retournement soudain de la situation météorologique au tournant du 15 août, seront sous la menace de nouveaux incendies destructeurs.

Car, en même temps que la végétation se dessèche, les ressources en eau se tarissent. Fontaines et cours d’eau asséchés se comptent par centaines, et la pénurie d’eau se fait sentir déjà dans de nombreuses communes.

Dès que le vent se lève, le risque existe. Il est très élevé et cela ira crescendo. De ce premier grand incendie de la saison 2017, on peut tirer la conclusion que les conditions de risque actuelles débordent désormais la capacité des dispositifs classiques de lutte. Qu’on ne puisse arrêter un feu en zone éloignée était déjà arrivé à plusieurs reprises. Qu’on ne puisse l’empêcher de pénétrer dans une zone urbanisée est une réalité nouvelle. Redoubler de vigilance, de réflexes de prévention, de débroussaillement, devient une nécessité de plus en plus forte, car les années à risque comme l’est 2017 seront de plus en plus fréquente au fur et à mesure que le réchauffement climatique fait son œuvre.

C’est bien d’un risque global qu’il s’agit. Aucune région de Corse n’est exempte, et il menace tout l’espace méditerranéen. Déjà le Portugal et l’Espagne ont souffert de catastrophes inédites et meurtrières en lien avec une année qui battra probablement tous les records de sécheresse. Mais d’autres sont annoncées, et les mêmes conditions de risque reviendront de façon récurrente les prochaines années.

Dès l’hiver venu, il faudra se préoccuper de nouvelles politiques pour réduire ce risque mortel pour tout l’espace méditerranéen.

F.A

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