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« Non à la violence » était inscrit sur une banderole à l’entrée de l’école primaire de Muratello, commune de Portivechju.

Les parents d’élèves de l’école se sont réunis ce mardi matin pour dénoncer « la tension qui règne dans l’établissement depuis plusieurs mois » et qui a abouti, vendredi dernier, à une scène de violence entre deux mères d’élèves. Les faits se sont déroulés à la sortie des classes de l’école maternelle. Une mère d’élève en a agressé une autre, lui assénant des coups de pied. Les autres parents d’élèves présents, puis la gendarmerie, sont intervenus.

(Corse Matin)

Voici le texte du président de l’Association des intérêts de Muratello, Dumè Tafani

« Ce matin, à Murateddu, plusieurs dizaines de parents d’élèves se sont rassemblés devant une banderole : »Non à la violence ». Ils entendaient protester contre une agression perpétrée par une mère de famille devant l’école.

A la demande de certains parents, j’étais présent en tant que représentant du village.

Il faut rappeler que Murateddu, hameau de Portivechju, s’est considérablement développé en quelques années. L’école accueille plus de 200 enfants, les lotissements sortis de terre abritent des dizaines de petites villas entourées de hauts murs. En 15 ans, tous les codes de la cité – dortoir se sont mis en place et la fête patronale ne rassemble plus que les quelques familles originaires du village et ceux qui ont fait le choix d’intégrer notre « usu ». Il est bien loin le temps où les enfants étaient les enfants de tous et le tirage d’oreille donné par un adulte accepté. Quand au corps enseignant, enfermé derrière des grillages de plus en plus hauts il déclame que ce qui se passe après le portail de l’école ne les concerne pas. L’instituteur, représentant de l’autorité, n’existe plus…

Pour le reste, les communautés vivent entre elles, et, à la sortie de l’école, les pinzuti restent avec les pinzuti, les portugais avec les portugais, les arabes avec les arabes ; les corses, communauté minoritaire, vivent entre eux. Le  » vivre ensemble  » a été remplacé par le regard en « catarochju ».

Que s’est-il donc passé dans notre village ? Hélas ce que nous avons annoncé depuis des années.

Vendredi dernier, une mère de famille, a frappé d’autres parents d’élèves. Une agression type racaille de banlieue. Il y a 3 mois la même agression avait déjà eu lieu. Depuis 3 mois, la situation a dégénéré, d’enquête de police en réunion de concertation…. beaucoup de temps a été perdu. Il ne s’agit plus de gérer les problèmes de manière administrative ou judiciaire. Cette gestion n’a jamais rien réglé.

S’agissant d’une récidive, ce matin nous avons eu le défilé de tous les corps constitués : représentants du rectorat, de la mairie, de la gendarmerie. Il fallait trouver une solution.

Pour notre part nous avons déclaré que nous étions ce village et que nous ne pouvions accepter ce genre de comportement. Ceux qui veulent imposer des rapports de forces type banlieue doivent être bannis du village.Ils doivent partir. Cette position qui pourrait apparaître excessive a été partagée par tous. Il ne s’agit plus de tergiverser, il faut agir. Sortir des logiques administratives et retrouver nos modes de fonctionnements avec nos codes culturels pour que Murateddu ne soit jamais une banlieue. »

D. TAFANI

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