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« La mairie de Sisco a décidé d’interdire l’accès aux plages « à toutes personnes n’ayant pas une tenue correcte, respectueuse des bonnes mœurs et de la laïcité », d’interdire également « le port de vêtements pendant la baignade ayant une connotation contraire à ces principes ».

Le lendemain des violences qui ont marqué la commune et ses habitants, cette décision a été prise avec la volonté évidente d’apaiser. Dans ses considérants, l’arrêté rappelle notamment que les personnes d’origine maghrébine sont partie intégrante de la population de la vallée. Toutefois, cette décision ne peut échapper à un risque de stigmatisation. Elle interroge aussi quant au respect de certaines libertés fondamentales : celle de se vêtir considérée comme faisant partie de la liberté d’expression, celle de circuler et d’accéder à l’espace public.

 Comme il le fait systématiquement lorsqu’un arrêté de ce type est pris par une commune française, le bureau national de la ligue des droits de l’homme a décidé de porter le débat devant la juridiction administrative. Pour sa part, le bureau de la section de Corse de la LDH qui partage les mêmes inquiétudes pour les libertés fondamentales, privilégie le débat public. Sisco n’est ni Cannes, ni  Villeneuve Loubet, ni Le Touquet dont les maires ont pour préoccupation essentielle de surenchérir face au FN à l’approche des élections présidentielles et législatives. Dans ce sens, le bureau de Corse a eu plusieurs échanges avec le maire de Sisco ; pour l’assurer de son soutien lorsqu’ont éclaté les violences ; pour exprimer son inquiétude dès que la décision de prendre un arrêté a été connue.

 Mais aujourd’hui, priorité doit être donnée à la recherche de la vérité par la justice sur les violences qui ont fortement ému les habitants de Sisco. Telle est la condition pour que la tranquillité publique retrouve droit de cité à Sisco et en Corse. Sans cet apaisement, il ne peut y avoir un débat public constructif. »

Le bureau de la LDH Corsica : Jean-Claude ACQUAVIVA, Marie-Anne ACQUAVIVA, Antonin BRETEL, Frédérique CAMPANA, Mathéa COMELLI, Jean-Sébastien DE CASALTA, Francine DEMICHEL, Claudette DEZERT, Ibtissam MAYSOUR-STALLA, Gérard MORTREUIL, André PACCOU, Christine PACCOU-MATTEI, Elsa RENAUT, Dumé RENUCCI, Sampiero SANGUINETTI, Michèle ZEVACO.

 Ajaccio, le 18/08/2016

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