Produit CORSU E RIBELLU

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(Unità Naziunale publié le 18 août 2018) In stu 16 d’Aostu, in Carghjese, mentre s’appruntava un cuncertu di i Muvrini, parullaccie d’odiu sò state scritte nant’à l’affissi è i muri di u paese contr’à i musicanti è u so cuncertu.

S’omu pensa chì trenta cinqu’anni fà, a CFR circava d’impedisce certi cuncerti ghjudicati piriculosamente naziunalisti, c’hè da ride ! Chì ghjè chì scumoda sta ghjente ? I Muvrini ùn sarianu micca abbastanza corsi è a so musica, cunsidarata da elli, cum’è troppu « world music » ùn saria abbastanza identitaria. Dunque, certi ghjudici è cinsori di l’usi è i valori, novi integristi di a cursità, avarianu a printinzione di struisce u populu è a ghjuventù ?

Vulemu manifestà u nostru sustegnu à u gruppu i Muvrini. Una lingua, una cultura ùn pò cresce cà campendu inde a diversità. Un populu maturu in capacità d’affirmà a so esistenza è i so dritti ùn hà bisognu d’esse supraniatu da muderni inquisitori, gardiani di a purezza di l’antenati.

A MANCA

18 aout 2018


Nos années de luttes nous ont permis ou contraints de vivre des événements difficiles; à une période ce fut l’interdiction faite aux groupes culturels, i Muvrini, Canta u populu corsu, de chanter dans les villages.
En particulier par la CFR ou ses supplétifs locaux. L’heure était au rassemblement et nous partions de la Corse entière pour aller à Carghjese ou ailleurs, là où les forces de répression coloniales nous attendaient.

Aujourd’hui comme il y a trente ans dans ce même village, quelques individus semblent vouloir que ces mêmes acteurs culturels et patrimoniaux soient fustigés et jetés hors de leur propre terre.

Qui sont vraiment ces gens qui n’ont de cesse que d’affaiblir ou salir la revendication patriotique?

I Muvrini ont toujours porté un message de paix, de tolérance sans jamais dévier de leur revendication première ( lingua cultura populu nazione ). Ils ont toujours répondu présents aux différentes sollicitations. Inlassablement leurs voix ont résonné dans toutes les églises de Corse.
La première soirée de soutien dans l’histoire nationale à Porto-Vecchio fut animé par i muvrini.

Effectivement, par sa portée européenne, par son engagement social et culturel, le groupe i muvrini dérange.
L’image d’une corse qui construit la paix et l’avenir dérange.

Ce qui est l’histoire du nationalisme fait que nous nous opposerons toujours avec fermeté à tous ceux qui, manipulés ou pleinement conscients des conséquences de leurs actes, tenteront de réactiver les vieilles méthodes de Dupuy et des siens pour intimider l’expression culturelle de notre peuple.

In una sola canzona sò e mille revoluzione di u mondu, cantava Petrucciu.

Corsica Libera


Source Alta Frequenza : Les réseaux sociaux ne parlaient que de ça (ou presque) ce samedi et les internautes sont très nombreux à réagir suite aux tags découverts sur des murs de Carghjese, ainsi que sur la banderole annonçant le concert du groupe I Muvrini prévu dimanche, toujours à Carghjese. « Corsi Impizutiti » peut-on lire notamment sur la banderole, tandis que des « Muvrini Fora » ont fleuri sur les murs de la cité. Les réactions ne se sont pas faites attendre, émanant de très nombreux anonymes bien sûr, mais aussi d’acteurs du monde culturel insulaire, et même politique. Jean-Guy Talamoni, le président de l’assemblée de Corse a notamment tweeté « Sustegnu fraternu à I Muvrini », tandis que Jean-Martin Mondoloni évoque la « bêtise » et « l’intolérance », apportant son soutien groupe culturel.


Simu di stu paese, ci vulemu campà. Noi simu I Muvrini !

Lors des étés 1983 et 1984, au moment où la CFR s’activait contre le mouvement national corse, certaines municipalités lui emboîtèrent le pas et prirent des arrêtés interdisant les concerts des groupes culturels sur les places et dans les lieux publics.

C’était l’époque d’une censure politique rappelant d’autres époques sombres, censure encouragée par le pouvoir qui menait de son côté une répression tous azimuts contre les nationalistes corses.

Ce front très organisé de l’obscurantisme, de Lugu di Nazza à Carghjese ou d’Arghjusta à Corscia, avait pour objectif d’étouffer l’expression de notre chant et de notre culture, stigmatisant le message délivré principalement par I Muvrini et Canta U Populu Corsu.

Face à cette négation de ce que nous étions, d’un véritable rejet d’eux-mêmes, et de ce que portaient tous les groupes culturels, tous les acteurs du Riacquistu ont continué à chanter, soutenu par tout un peuple, du mouvement national aux étudiants en passant par l’investissement massif du tissu associatif.

Aujourd’hui, ceux qui bombent les murs pour interdire I Muvrini savent-ils au moins de quelle histoire ils sont issus, militants et artisans qu’ils restent au service du plus beau des combats pour la reappropriation d’une langue, d’une culture et d’une identité?

Peut-être ne sont-ils pas, ces taggeurs d’un soir, les héritiers des censeurs d’hier, mais au travers de leurs propres contradictions, ils sont sûrement de ceux qui n’ont rien compris à l’histoire moderne du Peuple Corse, histoire à laquelle I Muvrini ont fortement contribué et contribuent encore sans relâche.

Ch’elli sappiinu quessi, è puru ancu l’altri, ch’ùn steremu mai zitti è ch’è no susteneremu sempre quelli chì cantanu à prò d’un paese vivu, liberu è apertu.

« Simu di stu paese, ci vulemu campà. Noi simu I Muvrini ! »
-Communiqué du PNC (Partitu di a Nazione Corsa)


 » La ligue des droits de l’homme condamne les tags haineux qui ont visé le groupe I Muvrini lors de son déplacement à Cargèse et la mauvaise agitation qui s’en est suivie sur le réseau social. Peu importe l’origine de ces inscriptions et cette agitation. Celles-ci sont avant tout l’expression de la bêtise et le talent des I Muvrini ne saurait être atteint. La Ldh apporte son soutien au groupe.  »

LDH CORSICA

Ajaccio, le 19 août 2018