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(article du 9 août 2016 18h00) Sampieru Andreani, âgé d’à peine 26 ans, est interpellé le 15 avril 2011 dans une double enquête dont une en 2009 pour une explosion sur la plage de Pietrosella. Il est dans un premier temps incarcéré à la prison de Villepinte, puis rapproché en juin 2015, après son procès du 3 juillet 2014 où il est condamné à 8 ans de prison, alors que le Procureur de la République réclamait 13 ans de réclusion. Il fera plus de 5 ans sur les 8, toutes ses conditionnelles avaient été refusées. Il a été libéré ce 9 août 2016 tôt ce matin à l’âge de 31 ans.

Aux Ghjurnate de Corti du weekend dernier, Cathy Bartoli au nom de Sulidarità posait la question suivante :

« Pourquoi la demande de Conditionnelle de Sampieru Andreani a été refusée au motif qu’il ne reniait pas ses idées ? »

C’est une question à laquelle répondront surement Sulidarità et Sampieru Andreani samedi prochain lors d’une conférence de presse.

Militant culturel, enfant de Cuttoli-Corticchato, marié en 2007, membre d’a Scola di Cantu di Natale Luciani et employé en CDI comme opérateur polyvalent des dépôts de carburant de la Corse , Sampieru vit paisiblement sa vie de corse sur sa terre. Il est interpellé en avril 2011 par la police politique, « droit dans ses bottes » lors de sa garde à vue et de ces convocations avec le juge, il effectuera sa peine de préventive puis de prison pendant plus de 5 ans.

5 ans pendant lesquels il met à profit sa réinsertion en passant un master d’histoire. 5 ans pendant lesquels, l’administration pénitentiaire et sa justice coloniale s’acharneront sans relâche.

Il fait 3 ans de préventive avant de passer en procès, le protocole répressif habituel après le pack « interpellation,perquisition,garde à vue,déportation »

Lors de son procès en juillet 2014, après un réquisitoire de plus de trois heures trente, l’avocat général Jean-Claude Ricard a demandé des peines de réclusion de 13 ans contre Sampieru. Primaire dans les faits reprochés par la justice coloniale il est condamné à 8 ans de prison. Sampieru nie les faits reprochés lors de son procès, aucun adn ni trace téléphonique ne lui sont imputables.

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L’acharnement colonial : « on lui reproche d’être depuis toujours un nationaliste corse et qu’il n’y renonce pas »

Depuis son procès en juillet 2014, un long combat commence pour son rapprochement familial et sa libération en conditionnelle et donc sa réinsertion.

Malgré son incarcération, Sampieru continue d’affirmer ses idées politiques en soutenant les jeunes d’A Ghjuventù Indipendentista en action à la citadelle de Corti en avril 2015, ainsi qu’Eric Marras, prisonnier politique depuis plus de 4 ans, militant du FLNC condamné à 8 ans de réclusion par les juges du colonialisme français. Il est co-signataire en mai 2015 d’une lettre de soutien à Eric.

Fin mai 2015, l’Associu Sulidarità dénonce le sort réservé aux prisonniers politiques dont Sampieru Andreani et Paul Istria, qui se sont vu une nouvelle fois refuser un élargissement de peine en liberté conditionnelle, alors qu’ils sont depuis plusieurs mois, éligibles à cette disposition. A cette date cela fait 49 mois qu’il est en détention. avec ses remises de peine et ses remises de peine supplémentaires, 26 mois de remises en tout, il a donc bénéficié de 26 mois en moins sur sa peine, ce qui ramène sa fin de peine à février 2017, dans l’hypothèse, si l’on rajoute à ça ses grâces futures auxquelles il aurait droit, sa fin de peine est ramenée à 14 mois.

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Toujours fin mai 2015, « cela fait donc plus d’un an et demi qu’il est conditionnable, étant à moins de 2 ans de sa fin de peine il peut bénéficier largement de permission de sortie familiale et surtout employeur. Il est à plus des 2 tiers de sa peine, ce qui est rare pour un primaire de nos jours. Son dossier en détention est irréprochable, aucun incident et aucun rapport et son projet d’aménagement est très abouti ; CDI dans une entreprise de Baleone. Logement familial dans son village natal de Cuttoli à 15 kilomètres de son lieu de travail. Malgré l’avis favorable de l’administration pénitentiaire et de la SPIP ; le JAPAT (juge d’application des peines antiterroriste) a refusé sa 1ere demande de permission familiale fin décembre, tout en reconnaissant « qu’il a adopté un très bon comportement en détention, mais que toutefois son positionnement par rapport aux faits pour lesquels il a été condamné n’a pas évolué. Dans ces conditions et au regard de la date de fin de peine encore lointaine, la demande de permission de sortie doit être considérée comme un peu prématurée et rejetée. »

« Sampieru affiche sereinement comme tout à chacun, ses opinions politiques, qu’il ne compte pas renier car il assume ce principe qui fait de lui de un prisonnier politique corse. Non cela n’est pas un délit, et ne doit surtout pas être un obstacle à sa réinsertion parmi les siens. »

Début juin 2015, « Sampieru Andreani bénéficie du rapprochement familial, alors qu’il bénéficie d’une libération conditionnelle, mais le protocole répressif est toujours le même : Interpellation, déportation, préventive longue en france, procès, rapprochement largement après le procès pour ne pas libérer en conditionnelle, puis libération le plus tard possible dans l’agenda répressif. »

En Janvier 2016 – « La demande de remise en liberté conditionnelle de Sampieru Andreani a été une nouvelle fois refusée. Sampieru Andreani a effectué une deuxième demande de remise en liberté conditionnelle il y a 8 mois qui a été examinée le 10 décembre 2015 et dont le délibéré a été fixé au 25 Janvier 2016, pour avoir la réponse le 26 Janvier 2016 alors même que le greffe de la prison de Borgu avait bel et bien reçu le fax du délibéré le la veille. Cet incident à entraîné un blocage de la cours de promenade par Sampieru Andreani qui invoquait son droit à avoir la réponse en temps voulu et non pas un jour après. Le greffe de la prison de Borgu à semblé prendre à la légère le délibéré de Sampieru Andreani… Verdict du délibéré : Refus net, Malgré un bon dossier et une fin de peine dans 10 mois sur 8 ans, le vice-président chargé de l’application des peines LeGaudu ainsi que le substitut du procureur Mme Vandendriessche, ont rejeté la demande pour les motifs suivants : « Monsieur Sampieru Andreani demeure dans le déni des faits pour lesquels il a été condamné et notamment de leur qualification de terroriste… « Il n’exprime par ailleurs aucune remise en cause ni aucun regret quant à son engagement passé ». Il est clair que cette phrase définit ce qu’est un prisonnier politique puisque ils reprochent à Sampieru Andreani de ne pas renier ses idées nationalistes et son engagement au sein de structures politiques et culturelles légales… »

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Après maintes conférences de presse, de demandes de libération conditionnelle, de mobilisations, Sampieru Andreani peut enfin rejoindre les siens libre, et profiter de la joie de devenir un futur papa.

Le combat pour les prisonniers politiques et les recherchés est loin d’être terminer, cette libération arrive en fin de parcours, pendant ce temps là, les rapprochements sont refusés à Pierre Alessandri, Alain Ferrandi, le transfèrement simple d’une prison de la banlieue parisienne à une autre est refusée à Pierre Paoli, la levée d’assignation à Résidence de Félix Benedetti refusée, le rapprochement en corse de Jean Pascal Cesari pour raison médicale toujours pas effectuée… La liste de l’acharnement répressif s’accentue chaque jour qui passe, et ce malgré un processus de paix enclenché par le FLNC UC en juin 2014, et ce malgré des décisions de la classe politique insulaire sur le rapprochement et l’amnistie.

I Scrianzati

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