Produit CORSU E RIBELLU

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Puisque nous sommes condamnés au tout-tourisme en matière de développement et que nous ne contrôlons pas grand-chose en la matière… nous pouvons penser qu’avec la saison estivale et l’afflux grandissant en nombre de touristes dans l’île, (chaque année on en espère toujours plus pour dire que la saison est réussie) les déchets vont augmenter et qu’en septembre les structures actuelles auront à les traiter et les autochtones resteront, pardonnez-moi si je suis grossier, « avec leur merde sur les bras » et la note à payer… et ce d’autant que les gros pourvoyeurs de déchets en emballages de tous ordres, notamment la grande distribution auront encore augmenté leur commandes de produits de toutes nature ne fut-ce que pour nourrir les estivants, l’île étant assistée de plus en plus et les productions locales marginales voire marginalisées ..

Alors pourquoi s’arcbouter sur des positions postures, telles le tout-enfouissement par exemple alors qu’il y a le feu à la maison… ?

Pourquoi pour commencer à résoudre cette crise qui ne pourra hélas être solutionnée en quelques mois, ne pas envisager plusieurs solutions complémentaires avec cette politique de l’enfouissement…

Alors s’il faut sûrement poursuivre sur cette politique de l’enfouissement, répartie équitablement sur plusieurs sites dans l’île, cette solution ne peut être la solution idéale.… Surtout lorsque l’on sait qu’elle ne pourra jamais absorber la totalité des déchets consommés et qui seront consommés dans les années à venir dans l’île.

Alors au-delà du tri sélectif à la base, qu’il faut encourager et même aider à se développer par une politique y compris répressive en la matière, connaissant l’incivisme de nos concitoyens, il ne faut pas se voiler la face, cette solution devra attendre des années, voire une génération pour devenir réellement opérationnelle… Nous ne sommes pas Suédois ou Allemands mais méditerranéens avec nos qualités et nos défauts.

En parallèle, s’il faut faire payer les pollueurs, parmi lesquels la grande distribution et les administrations, pourquoi ne pas envisager de vendre une partie de nos déchets hors de Corse (Norvège ou Pays nordiques qui en demandent pour leur consommation énergétique).

PoggioliArchiveCorsica (2)Enfin, et là je mets les pieds dans le plat, pourquoi cette position idéologique excluant tout incinérateur.

Aujourd’hui les incinérateurs dernière génération sont de plus en plus performants et envisager un incinérateur en Haute-Corse et un en Corse du Sud ne me semble pas une hérésie… A défaut au moins commencer à en discuter et lancer le débat pour voir les réactions de l’opinion corse…

Certes il y a sûrement des risques de pollution, mais n’oublions pas que depuis 40 ans par exemple, Ajaccio et sa région sont empoisonnés par les fumées du Vazziu et pour avoir participé à nombre de mobilisations contre le Vazziu, je n‘ai pas souvenir d’avoir vu des milliers de manifestants dans la rue aux côtés des opposants au Vazziu… Et l’on pourrait sûrement multiplier les exemples en matière de pollutions et de destructions de notre environnement que l’on accepte, voire encourage au nom du progrès et de la modernité. On ne peut pas toujours avoir le beurre et l’argent du beurre, on consomme donc on pollue… alors il faut quand même en accepter les conséquences même s’il faut une politique adaptée évolutive pour les réduire et faire en sorte qu’elle impacte au minimum la sante et l’environnement… Sauf à consommer moins mais c’est un autre débat

8 juillet 2016
Pierre Poggioli