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Jour de scrutin en Espagne

   Ce dimanche 26 juin, les conservateurs sont sortis vainqueurs des élections législatives en Espagne, Ils devancent le PSOE socialiste, suivi lui-même par le parti anti-austérité Unidos Podemos.

Le Parti Populaire (PP) du chef du gouvernement sortant Mariano Rajoy a remporté 32,7 % des voix et devraitobtenir environ 136 sièges au Parlement. Il est loin de la majorité absolue de 176 sur 350, comme lors des élections de décembre où la fragmentation des voix entre quatre partis avait conduit à un blocage politique et à la convocation de ce second scrutin en six mois. Toutefois, une dizaine de députés seraient gagnés par rapport aux résultats de décembre.

Peu de mobilisation et une défiance des couches populaires

Tout d’abord, il faut remarquer le peu de mobilisation qu’a suscité cette élection.

En effet, c’est le plus faible taux de participation pour ce type d’élections depuis la fin du régime franquiste, particulièrement au sein des classes populaires.

Cet état de fait confirme en Espagne comme ailleurs en Europe, le décrochage croissant   qui s’opère entre les aspirations de l’électorat populaire et les pratiques de l’oligarchie financière qui capte les fonctions institutionnelles au service des intérêts des classes dominantes.

 Le PSOE que Iglesias appelle « la vieille social- démocratie » ne subit pas le revers inouï escompté puisqu’il rassemble près de 23 % des voix et 86 sièges. Contrairement à ce que prévoyaient les derniers sondages, Iglesias et ses troupes n’ont pas réussi à incarner la première force politique de gauche dans le pays : en effet,Podemos talonne le PSOE en nombre de voix (21,2 %), mais devrait rester loin derrière en termes de sièges, avec 71 députés. Pour le Parti socialiste, l’écart maintenu avec Podemos en termes de sièges est un soulagement. L’alternance au pouvoir PSOE/ Parti Populaire qui dure depuis plus de 30 ans n’a pas dit son dernier mot et le bipartisme résiste.

L’échec de Podemos

Quoi qu’il en soit, le résultat est un échec pour Podemos, qui, suite à son alliance avec les Communistes et leurs 3 % obtenus en décembre, espérait faire bien mieux : son score a progressé de moins d’un point et il ne devrait gagner qu’un ou deux députés. Malgré ce résultat, c’est le bloc de « gauche » qui arrive largement en tête et représente la première force politique du pays.

Podemos, Gauche radicale ? … Rien n’est moins sûr.

On pourrait dès lors penser comme semble le dire la grande majorité de la presse française que la gauche radicale espagnole est passée à côté d’une victoire.

Si Podemos a le mérite de réclamer clairement la fin des politiques d’austérité en Espagne comme dans le reste de l’Europe, se définissant même par le vocable de parti anti- austérité, cette force politique pour le moins composite n’a jamais prétendu incarner un courant anti- capitaliste ni, moins encore, révolutionnaire. Pour autant, sa ligne anti-austérité et anti-corruption s’inscrit dans une logique de justice sociale à saluer et promouvoir.

Un blocage qui devrait subsister

Ces nouveaux résultats ne devraient pas débloquer, dans un premier temps, la situation politique espagnole.Ils ne devraient pas permettre au PP de gouverner seul, la majorité au Parlement espagnol étant de 176 sièges. Dès lors, le PSOE, qui n’a plus de socialiste que le nom, l’étiquette, pourrait envisager une alliance de gouvernement avec le PP au nom de la realpolitik.

Quant à imaginer que Podemos pourrait s’approcher de cette majorité et former un gouvernement : encore faudrait-il qu’Iglesias et les siens se livrent à un grand écart idéologique renversant eu égard aux positions anti-austérités qu’ils ne cessent avec raison de marteler. En outre, au sein du PSOE, la question d’une alliance avec Podemos fait débat. Un comité fédéral, qui se tiendra dans la semaine, aura pour tâche de trancher la question d’un éventuel pacte.

VAE VICTIS ! (malheur aux vaincus !)

De longues et difficiles tractations pour former un gouvernement vont donc encore une fois se faire sur le dos des électeurs, au mépris de leurs conditions de vie et de travail comme de leurs aspirations dans l’indignité d’alliances plus ou moins contre-nature d’appareils, avec le risque de voir ce même peuple espagnol brisé par le chômage et l’austérité qu’on lui impose, se jeter dans les bras de populistes ou de fascistes.

A MANCA

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