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Mercredi 16 juin, le gouvernement a annoncé qu’il donnerait suite à la proposition de réforme de Paris, soutenue par la Maire de Paris. Le scandale est immense car les mêmes propositions, votées par l’Assemblea di Corsica, ont toutes été rejetées ou remises au fin fond d’un placard ministériel!

2 poids, 2 mesures!

Récemment, en France, une Collectivité Territoriale a voté pour une collectivitié unique en proposant de faire disparaître le niveau départemental pour une nouvelle carte administrative, en fusionnant plusieurs petits échelons, en fonction de l’intérêt de la population locale et a demandé un transfert de compétences du Préfet vers l’Exécutif local.

Et tout récemment, le gouvernement a décidé de lui donner raison sur toute la ligne, en lui déroulant le tapis rouge. Il vient d’annoncer qu’il présentera, dès l’automne, une loi spéciale pour valider ces demandes démocratiques, défendues par un Exécutif légitimement élu.

Parle-t-on de la Corse, de la collectivité unique, de la carte des intercommunalités, d’une réponse aux différents votes de l’Assemblée de Corse (coofficialité, statut de résident, statut fiscal…) et portés par le précédent et l’actuel Exécutif? Non, on parle de Paris. Car en France, il faut être socialiste ou Parisien (ou les 2 !?) pour être respecté par le Premier Sinistre, Manuel Valls, dont la dérive autoritaire se confirme de jour en jour.

En effet, le 15 février 2016, le Conseil de Paris a adopté la proposition de la Maire de Paris, Anne Hidalgo, qui proposait 3 principales évolutions. Premièrement, elle défendait la fusion des 4 premiers arrondissements parisiens, afin d’en réduire le nombre à 17, contre 20 aujourd’hui. Quelle différence avec la demande de l’Assemblea di Corsica, de maîtriser la carte des intercommunalités de l’île? Si la Maire de Paris est plus à même de connaître les besoins adminsitratifs de sa population, en quoi l’Assemblea di Corsica serait-elle moins légitime pour défendre les populations rurales, notamment celles dans l’Alta Rocca?

Deuxièmement, elle proposait la création d’une  »collectivité unique » en fusionnant la ville de Paris et le département de Paris. Quelle différence avec le vote des deputati corsi? Et pourquoi, ce qui sera débattu publiquement à travers une loi  »spéciale Paris », doit-il l’être dans l’obscurité des couloirs ministériels, à travers des ordonnances dont la légitimité démocratique reste encore à prouver?

Enfin, Mme Hidalgo demandait la décentralisation de certaines compétences de l’Etat, ou du Préfet, vers le 1er édile de la capitale française. Qui peut nous expliquer la différence entre cette revendication et celles votées par le Parlement Corse sur la coofficialité, le statut de résident ou le statut fiscal dérogatioire sur les Arrêtés Miot?

Un vote aurait-il plus de valeur qu’un autre? Une Assemblée aurait-elle plus de légitimité qu’une autre? Les origines decertains élus auraient-elles plus d’importance que celles d’autres? Une affiliation politique aurait-elle plus de chance de convaincre le Gouvernement qu’une autre? Le 2 poids, 2 mesures dans cette affaire est un vrai scandale politque. U Guvernu Corsu doit exiger des explications dès aujourd’hui.

Une réforme adoptée à la vitesse de la lumière!

Le 15 février 2016, le Conseil de Paris adopte sa proposition de réforme. En cela, rien d’extraordinaire, il est légitime sur son territoire et l’Exécutif, en l’occurence la Maire de Paris, Anne Hidalgo, est démocratiquement élue et habilitée à défendre la voix de son Parlement. Gilles Simeoni, u Primu Ministru, ne fait-il pas de même, à juste titre? Pourtant, la réponse du Gouvernement demeure toujours la même. Non!
De plus, Mme Hidalgo a expliqué que le temps était venu pour l’Etat de ne plus avoir peur de Paris et que le poids de l’Histoire, faisant implicitement référence à l’épisode de la Communne en 1871 (voir le site internet de la Mairie de Paris), faisait partie du passé. U Guvernu Corsu, ne dit-il pas la même chose quand il déclare qu’il est temps de trouver une solution politique qui soit respectueuse, de fait démocratique, notamment sur l’amnistie des prisonniers?

Le 16 juin dernier, soit à peine 4 mois après le vote du Conseil de Paris, le Gouvernement a confirmé qu’il présentera une loi validant cette proposition parisienne que conteste l’opposition. Combien de temps cela fait-il que les différents Exécutifs de Corse (le précédent et l’actuel) se battent pour faire valider, par la loi, des votes acquis à une majorité extrêmement large, voire à l’unanimité?

A l’automne, au pire avant les prochaines présidentielles, une loi  »spéciale Paris » sera adoptée par le Parlement français pour transposer en droit la résolution votée par les élus parisiens. C’est-à-dire qu’en l’espace de 12 mois, le Gouvernement validera le vote du Conseil de Paris. Pendant ce temps-là, le vote des autres collectivités, qu’elles soient corses, alsaciennes, bretonnes, basques ou autres sont perpétuellement bafouées par Paris, le pays des droits de l’Homme, pour peu qu’il soit parisien.

La France est vraiment devenue le pays de l’injustice permanente avec ce nouvel exemple insupportable. Mais paraphrasons, un poète du  »pays ami »: Selon que vous serez parisien ou corse, les jugements de Matignon vous rendront blanc ou noir!

Vergogna à tè, o  »paese amicu »!

Roccu GAROBY
Vice-Président de l’Alliance Libre Européenne Jeune

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