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La récente action de l’association des habitants de Cartalavonu ( a cartalavunesa) pose une question pour le moins essentielle : celle d’une constructibilité intégrée au hameau. La construction d’une villa à la structure non associée à la situation interpellant les esprits. Une action qui doit nourrir une plus ample réflexion communale sur ce sujet, placant la ville, ses hameaux et ses sites sous la logique d’un développement inséré.

La villa de Cartalavonu agit comme un catalyseur. Elle déstabilise par son aspect, l’équilibre de l’endroit. Un équilibre défini par une historicité humaine et sociale et qui s’est naturellement traduite sur le plan architectural. Ici le choix de la maison individuelle s’opposant à la valorisation du collectif.

L’objectif n’est pas ici de cibler « l’indélicat propriétaire » comme responsable de tous les maux. Il se serait d’ailleurs engagé pour les années à venir à favoriser par de nécessaires modifications l’incorporation de son habitation au hameau. Il s’agit surtout de situer l’enjeu du problème posé, pour que de tels errements n’aient à se reproduire. Sauf que, en la matière, notre commune est loin d’être exemplaire …

Car la justesse de l’action de « a Cartalavunesa » – que je soutiens – ne doit pas pour autant positionner la construction ciblée comme bouc – émissaire d’une absence de vision communale…

L’intégration d’une charte de la constructibilité relative à Cartalavonu est un bon réflexe pour le hameau. Pour autant, même si il n’est jamais trop tard, l’esprit de cette charte aurait du dejà animer la municipalité en place pour qu’elle promeuve, une politique de l’habitat et du logement respectueuse des réalités historiques et humaines de notre région. A l’inverse, nous subissons depuis quelques années une pression consumériste du béton, entre spéculation immobilière et dépossession foncière.

La situation maintes fois évoquée par U Riacquistu di Portivechju de nos hameaux régionaux – rongés par le risque de banlieurisation, et de certains de nos quartiers frappés entre autre de la complication du repliement communautaire mettent en exergue l’absence responsable d’une politique communale pionnière axée sur notre identité. Une politique qui suppose aussi une participation citoyenne. Sur ce dernier sujet je remarquerai que la plate forme extra – municipale proposée par U Riacquistu n’est toujours pas mise en place par la municipalité malgré ses engagements…

L’évidence est criante sous nos yeux : en matière de sauvegarde des traditions d’urbanisme et de préservation de la culture et de la diversité régionale, la municipalité en place n’est pas à la hauteur des enjeux. Qui plus est, cette situation nourrit les projets et appétits immobiliers « tendancieux » voire spéculatifs, participant à la désorganisation structurelle de notre tissu sociétal. Après avoir vu la villa de Cartalavonu, il serait peut être plus judicieux  de regarder en plaine, la ville et ses hameaux pour comprendre la réalité et l’intensité du problème posé…

Nombre d’acteurs de l’économie touristique de la région soulignent qu’en matière de tourisme, la Corse a subi un sous-développement. Organiser, projeter et étendre cette activité suppose que notre commune valorise – y compris dans son habitât collectif – ce qui fait ce que nous sommes. Notre identité peut s’offrir – la demande touristique est forte dans ce domaine – jusque dans ses aspects et richesses architecturales.  Le contraire participerait à uniformiser un produit et destination voyage uniquement consumériste…

On entend souvent ici et là cette lancinante phrase « Un semu piu indé noi ». Le plus souvent de la bouche de celles et ceux qui hier encore ne nous votaient pas et nous vouait aux pires gémonies.  » Un semu piu indé noi » qui se vérifie jusqu’à la difference constaté entre un habitat traditionnel et une villa individuelle. Des pistes sont à explorer pour eviter la gabegie du béton, permettre l’accès à la propriété et au logement dans le respect de l’habitat, de la rue et du hameau. Enfin éviter le piège de la standardisation outrancière ( ou dépersonnalisation ) avec un dialogue participatif entre tous les corps concernés et dans la considération de notre patrimoine. Il serait peut être temps qu’à Portivechju comme partout ailleurs en Corse se mettent en place des processus de démocratie participative.

A Corsica si farà solu da par noi. Piddemu in manu u nosciu destinu.

    Ulivieru SAULI

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