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A quelques jours de l’Euro, les mobilisations contre la Loi Travail vont s’amplifier. En Corse, la CGT accentuera ces actions. Le STC fera les siennes.

L’unité d’action du STC avec la CGT ne fonctionne pas dans l‘île par rapport à ces mobilisations. En cause, le positionnement de la CGT contre toute spécificité corse et son opposition aux revendications du Mouvement national corse, dont fait partie le STC. Il faut y voir là une raison de la désaffection de la jeunesse corse si prompte à se mobiliser sur des slogans plus identitaires dans l’île… mais la faible mobilisation ne découle peut-être pas de cette seule motivation.
Le STC a pour slogan Liberazione naziunale e Liberazione Suciale. Au sein du mouvement national, cette double revendication n’est pas portée par toutes et tous ceux qui aujourd’hui se revendiquent du Nationalisme Corse. Cela n’est pas un scoop. Eternel débat entre Question nationale et Question sociale…

Pourtant au-delà de l’identitaire, au-delà de l’institutionnel, la question sociale doit être une priorité pour le plus grand nombre dans l’île et pour la majorité des nationalistes corses.

Aujourd’hui , la société corse dérive de plus en plus vers une société à deux vitesses, un petit nombre dont des Corses s’enrichissent de plus en plus tandis qu’une majorité, dont une majorité des Corses s’appauvrissent et ont de plus en plus de difficultés à se loger, se former ou trouver un emploi (23000 chômeurs dans l’île…). C‘est le résultat de la politique du tout tourisme, accentuant la dépendance et l’assistanat en bloquant toute velléité d’économie productive après qu’on nous ait rabâché depuis 40 ans que le développement était là et que la Corse allait se porter mieux !!!

Le Code du travail français est un bon code, même si on pourrait sûrement l’améliorer, mais ce code est envié par les classes salariées de l’Europe entière, et c’est pour cela que l’Union Européenne avec sa politique d’austérité qui appauvrit la majorité des citoyens (sauf les plus riches et la finance internationale) pèse sur le gouvernement français de gauche ou de droite (comme hier et demain) pour qu’il revienne sur nombre d’acquis set de de droits sociaux dont certaines lois du code du travail. C’est ainsi qu’une régression sociale risque de s’institutionnaliser si des lois comme celles aujourd’hui avancée par Hollande-Valls-Macron était votée au Parlement.

En Corse, si cette loi était votée, la jeunesse corse qui rejoindra demain le monde du travail sera un peu plus fragilisée face à un patronat, corse ou non, dont certains de ses membres, corses ou non, sont déjà connus pour leurs pratiques antisyndicales et antisociales, tout comme leur non volonté de promouvoir une corsisation des emplois dans leurs entreprises, préférant faire appel à une main-d’œuvre extérieure ou à du salariat intérimaire ou détaché plutôt que d’embaucher des locaux.

A l’heure où certains de ces entrepreneurs modernes rêvent de s’emparer de toute la filière des transports du fret et de l’agro-alimentaire pour manipuler à leur guise les prix a la consommation en Corse (20 % plus chers par rapport à ceux de l’Hexagone alors que les salaires y sont 20% moins élevés en moyenne ) Cette Loi Travail représente un danger réel pour l‘emploi futur dans l’île et ne va pas dans le sens d’une meilleure justice sociale et d’une meilleure répartition des bénéfices et des richesses dans l’île au profit du plus grand nombre chez nous aussi.

Alors, tous ensemble, aux côtés du STC, demandons le retrait de cette Loi Travail

PETRU POGGIOLI

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