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Amnistier pour Apaiser : La France ne peut plus avoir de prisonniers politiques et syndicaux

Résolution portée par
la Fédération des Bouches-du-Rhône

“Ce que l’amnistie a d’admirable et d’efficace, c’est qu’on y retrouve la solidarité humaine. C’est plus qu’un acte de souveraineté, c’est un acte de fraternité.” Victor Hugo, 22 mai 1876 au Sénat.”

La condamnation de huit salarié-e-s de Goodyear le 12 janvier à de la prison ferme pour avoir séquestré des représentants de la direction de l’entreprise en plein mouvement social remet au coeur du débat la question de la criminalisation des activités syndicales, décision éminemment politique puisque les victimes avaient retiré leur plainte.

L’amnistie dite sociale est pourtant une mesure de la gauche, mise en place lors de la première élection à la présidence de la République par François Mitterrand en 1981 et renouvelée jusque 2002.

Nous pouvions déjà regretter que la loi d’amnistie sociale proposée en 2013 fut enterrée, mais désormais c’est la question de la répression du mouvement social qui se pose.

Nous ne pouvons pas accepter que les travailleurs et travailleuses ne puissent plus se mobiliser pour défendre leur emploi et leurs conditions de travail du fait d’une répression syndicale accrue.

Les socialistes, tel Jean Jaurès à Carmaux, ont toujours été du côté du mouvement social et des luttes, nous ne pouvons permettre que des syndicalistes se voient privés de leur liberté de part leurs actions militantes.

Une loi d’amnistie sociale permettrait de rétablir le dialogue et soutenir nos camarades syndicalistes.

En outre il n’est pas admissible que la France détienne encore des prisonniers politiques affiliés aux organisations de lutte armée corse et basque, le FLNC et ETA alors que ces deux groupes ont déposé des armes respectivement en 2014 et en 2011. Depuis les solutions politiques ont été privilégiées et ont abouti notamment à la victoire des nationalistes en Corse aux élections régionales de 2015.

Si nous pouvons regretter l’utilisation de la violence dans les conflits politiques et comprenons que dans le cadre d’une lutte armée un certain nombre de personnes soient emprisonnées, en revanche une fois que le conflit s’est achevé il est important de démontrer une volonté d’apaisement par une amnistie.

Ce fut par ailleurs l’un des actes fondateur de la IIIème République, porté par Victor Hugo, que d’amnistier les communards en 1879 et 1880. L’objectif était bien de faire table rase du passé afin de permettre aux solutions politiques pacifistes d’émerger et trouver leur voie dans l’espace public.

Rappelons que ETA fut la principale organisation à combattre le franquisme en Espagne, face à une telle dictature la lutte armée s’est imposée. On peut regretter que la transition démocratique en Espagne n’ait point conduit à une résolution pacifique quant à l’autodétermination du peuple basque, cependant la période actuelle semble tant en Catalunya qu’en Euskadi ouvrir la voie à une résolution politique.

Le FLNC lui s’est constitué à partir du Front paysan corse de libération fondé en 1968 notamment en réponse à la spoliation de nombreuses terres agricoles corses par la SOMIVAC au profit des rapatriés d’Algérie. Placée sous administration militaire au XIXème siècle après que sa République fut écrasée par les troupes françaises, la Corse fut ainsi victime d’une violence étatique forte. Nous pouvons nous réjouir de la pacification de ce conflit et de sa résolution politique au sein de l’assemblée territoriale.

Afin d’ouvrir une nouvelle ère de réconciliation et de sortie de conflit armé nous proposons qu’une loi d’amnistie soit votée afin de libérer les prisonniers politiques dont les organisations ont déposé les armes.

Républicains et Socialistes nous nous inscrivons dans la tradition de la gauche qui refuse que ceux et celles qui luttent soient emprisonnés pour leurs idées politiques.