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Dans le cadre des contacts menés en tant que président de l’Alliance Libre Européenne en vue de l’Assemblée générale qui se tiendra à Aiacciu le 1er avril prochain, j’étais à Cagliari le 2 février dernier pour y rencontrer la nouvelle direction et les élus du Partito Sardo d’Azione.

Cristiano Solinas, nouveau responsable du parti et élu à la Région de Sardaigne, avait tout d’abord organisé une rencontre avec le Président de l’Assemblée Régionale, Gianfranco Ganau, membre du PD, le parti socialiste en Italie. Il venait à peine d’apprendre la nouvelle, et il est difficile de décrire son enthousiasme à la perspective d’une rencontre avec le président de la nouvelle Collectivité Territoriale de Corse, Gilles Simeoni, qui a programmé un voyage officiel pour les 11 et 12 février avec plusieurs membres de son Exécutif, dont Fabienne Giovannini et Jean Christophe Angelini. Sa réaction, largement relayée par la presse sarde qui a fait une large place à la rencontre entre l’ALE et le PS d’Az en mettant en exergue ma qualité de responsable nationaliste corse, est significative de l’impact que notre victoire en Corse a eu dans « l’isola surella ».

La réunion avec les responsables du PS d’Az qui a suivi dans les locaux de l’Assemblée Régionale a été l’occasion pour tous les présents de s’interroger sur leurs difficultés en Sardaigne alors que la Corse va de l’avant. Avec dix mouvements nationalistes différents, le mouvement sarde réalise que son émiettement est un facteur évident de stagnation. Cristiano Solinas, tout nouveau dirigeant du PS d’Az, veut s’atteler à tourner cette page et espère que son parti, qui fête cette année le 95ème anniversaire de sa création, pourra jouer de son statut de « grand frère » pour créer un dialogue fructueux avec tous. Et il compte sur le soutien de l’ALE, particulièrement de ses mouvements corse et catalan, pour animer ce débat interne. La délégation sarde sera forte à Aiacciu le 1er avril prochain lors de l’AG de l’ALE.

FrancoisAlfonsiLes Sardes ont des difficultés économiques, sociales, environnementales et culturelles croissantes. L’île souffre de son enclavement, et aspire à une « continuité territoriale » dont l’absence pénalise son tourisme et toute son activité économique. La classe politique traditionnelle est totalement dépassée par une crise profonde où le peuple sarde aspire à retrouver un destin par lui-même et pour lui-même, en remettant en cause l’omniprévalence de la relation avec Rome, ses intrigues politiciennes et ses logiques étatiques de plus en plus éloignées des attentes de l’autonomie sarde.

Si le mouvement national sarde sait se retrouver, nul doute qu’il retrouvera une place centrale dans la vie politique, ce qui, aux yeux de l’Europe, renforcera d’autant les évolutions que nous voulons promouvoir en Corse contre un Etat central autrement plus coriace que l’Etat italien.

En apprenant quasiment « en direct » que la première visite officielle de nos élus serait pour aller en Sardaigne, j’ai éprouvé une grande satisfaction, j’ai pu voir la grande joie de mes interlocuteurs, et j’ai eu le sentiment que l’ALE, durant ces trente cinq années, n’avait pas prêché dans le désert !

François Alfonsi