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Le 3 juillet 1999, à Migliacciaru (Haute-Corse), treize organisations nationalistes s’engagent «à bannir tout rapport de forces violent entre nationalistes et ce en toutes circonstances». 

Le « comité national du Fiumorbu » avait été créé en décembre 1998 pour lancer un processus de réconciliation de la famille nationaliste. De nombreuses réunions, séminaires avaient été mis en place avant de finaliser l’accord de juillet 1999. (Période guerre fratricide, assassinat du Préfet Erignac, répression tous’azimut…)

Cette année-là, sans jamais avoir été décrété, le cessez-le-feu est plutôt de mise. Mais les braises couvent encore sous la cendre. Celles d’un affrontement qui, depuis 1993, a endeuillé une vingtaine de familles, marquant un mouvement nationaliste.

Ils ont signé vers 15H15 un protocole d’accord par lequel ils s’engagent « solennellement et irrévocablement à bannir tout rapport de force violent entre nationalistes, et ce en toutes circonstances ». Ce protocole a été élaboré au terme d’une réunion qui a débuté samedi matin vers 11H00. Les organisations nationalistes reconnaissent désormais n’avoir pas su « éviter les pièges mortels de la division » et considèrent que « les affrontements qui en ont découlé ont constitué une grande souffrance et une erreur historique gravement préjudiciable à la cause du peuple corse ». Ce protocole est un « témoignage public fort et hautement symbolique de leur volonté commune de s’engager dans une logique de réconciliation qui est une impérieuse nécessité’‘. C’est un protocole qui unit aussi bien les organisations opposés à la clandestinité que ceux qui la soutiennent. Une centaine de nationalistes représentant ces 13 organisations étaient présents. Deux représentants de chaque mouvement ont signé le protocole. La lecture de ce protocole, en présence de journalistes, a été saluée par un tonnerre d’applaudissements.

Le texte de réconciliation des différents courants du nationalisme corse, adopté le 3 juillet à Migliacciaru, s’ouvre ainsi :

« Les organisations du mouvement national soussignées, qu’elles affirment leur opposition ou bien leur soutien à la clandestinité :

1/ S’engagent solennellement et irrévocablement à bannir tout rapport de force entre nationalistes, et ce, en toutes circonstances ;

2/ Décident de poursuivre et d’amplifier le débat politique et le processus de réconciliation engagés depuis plusieurs mois dans le respect du pluralisme et de la sensibilité de chacun. »

La liste des organisations signataires :

  1. Accolta Naziunale Corsu, (ANC)
  2. A Chjama per l’Indipendenza,
  3. Associu per à Supranita,
  4. Corsica Nazione,
  5. Corsica Viva,
  6. Cumitatu di u Fiumorbu,
  7. Cuncolta Indipendentista,
  8. I Verdi Corsi,
  9. « Leva Dimucrazia e Liberta », créé par le leader nationaliste modéré Edmond Simeoni
  10. Partitu per l’Indipendenza,
  11. Rinnovu Naziunale,
  12. Scelta Nova,
  13. Unione di U Populu Corsu. (UPC)

« Ces affrontements ont constitué une erreur historique », ont affirmé samedi les principaux leaders des partis présents, comme le docteur Edmond Simeoni, figure emblématique du nationaliste corse, Me Jean-Guy Talamoni, conseiller territorial et chef de file de la Cuncolta Indipendentista, et Pierre Poggioli, de l’ANC (Accolta naziunale corsa).

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Revue de presse / Dates

Le 11 janvier 1999 : Huit personnes sont entendus dans une affaire d’attentat. Tous proches du comité nationaliste du fiumorbu !

Le 15 mars 1999: Interpellations de 5 Personnes du Comité Nationaliste du FIUM’ORBU !! U sixième en Cavale…

Le 17 mars 1999 : dès 15 heures, « Le mouvement nationaliste est à un tournant historique », a assuré Jean-Guy Talamoni, chef de file de Corsica Nazione. Ce qui s’est passé dans le Fiumorbu est plus important pour la Corse que ce qui se passe à l’Assemblée» territoriale. Pour la seconde fois depuis les guerres fratricides, toutes les sensibilités nationalistes (sauf Manca Naziunale, l’extrême gauche) se sont rencontrées mercredi à Migliacciaru, dans le Fiumorbu (Haute-Corse). «ont manifesté leur volonté de dialogue sans préalable et sans tabou, en vue d’une réconciliation (…) de l’union du mouvement national. Il a donc été décidé désormais de s’opposer, tous ensemble et de manière déterminée, aux agressions de l’Etat». On notait la présence de tous les leaders nationalistes : Jean-Guy Talamoni de Corsica Nazione, Edmond et Max Simeoni, Xavier Luciani du Rinnovu Naziunale, Achille Martinetti d’Uniti, Jo Sisti de l’ANC… En ce qui concerne les nationalistes, Jean-Guy Talamoni souligne que la réunion qui a eu lieu mercredi à Migliacciaru «  est une étape historique pour le nationalisme corse.  » Un dialogue  » sans préalable et sans tabou » est en train de s’instaurer, avant tout  » contre les agressions inqualifiables de l’Etat. »

Voici le texte rendu public à l’issu de cette réunion du 17 mars 1999 :

 » A l’appel du comité nationaliste du Fiumorbu a eu lieu une réunion à Migliacciaru regroupant les nationalistes de toutes les sensibilités. En effet, dans le cadre du processus répressif engagé en Corse depuis la mort du préfet Erignac, des exactions policières répétées ont lieu dans la région du Fiumorbu. La dernière en date, intervenue au lendemain du second tour des élections territoriales, a visé plusieurs membres du cumitatu naziunalistu : portes défoncées à l’aube ; militants jetés à terre, menottés et roués de coups alors qu’ils ne résistaient pas à l’interpellation (…) . Ces comportements devenus habituels ont déjà été condamnés par la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme. Si ces agissements visent particulièrement les nationalistes du Cumitatu di u Fiumorbu, ce n’est pas le fruit du hasard : cela relève de la volonté délibérée de briser la dynamique d’union initiée dans la région. Nous n’en voulons pour preuve que le cas de Santu détenu depuis plus de trois mois sur le fondement d’un judiciaire totalement vide. Face à ces événements, les nationalistes ont répondu à l’appel du Cumitatu. A cette occasion, ils ont manifesté leur volonté de dialogue sans préalable et tabou, en vue d’une réconciliation et de la recherche volontaire réaliste de l’union du mouvement national. Il a donc été décidé désormais de s’opposer, tous ensemble, et de manière déterminée aux agressions de l’Etat et notamment : en ce qui concerne le démantèlement des droits historiques de la Corse (arrêtés Miot), le principe d’une manifestation populaire a été retenu. Par ailleurs, les militants et tous les Corses épris de dignité sont invités à manifester leur solidarité au Palais de Justice de Bastia, le 7 avril 1999, pour la comparution de René Canuti et de Jean-Michel Colombani. » Après la réunion du 20 février dernier, le comité nationaliste du Fiumorbu a une nouvelle fois réussi son pari de réunir l’ensemble de la famille nationaliste. Le texte signé en commun montre que de nombreux points d’accords ont pu être trouvés donnant au Comité de bons espoirs pour la suite de sa tentative de réunification du nationalisme corse. « 

Le 28 mars 1999 – A Manca Naziunale « Nous n’étions pas présents, ni invités à la réunion de Migliacciaru et nous n’avons pas signé l’appel commun. Nous ne pensons pas que la crise que connaît le mouvement national puisse être réglée par une seule réunion publique, aussi louable soit-elle. Nous sommes prêts à discuter publiquement des problèmes de fond dans la clarté. Nous ne pouvons pas quant à nous signer un accord commun tant que le problème des groupes armés ne sera pas réglé. « 

Le 11 Mai 1999 : Le Comité Nationaliste du Fiumorbu : « L’ensemble des mouvements nationalistes s’est réuni à Corti à l’initiative du Comité du Fium’orbu. Au cours de la réunion, après un large débat, il a été unanimement décidé l’organisation d’une grande manifestation populaire le samedi 15 mai à 15 heures à Aiaccu. « Le défilé qui démarrera de l’hypermarché continent jusqu’à la préfecture se fera sous un unique mot d’ordre, « Per una sucietà corsa di dirittu : suluzione pulitica. » « Le Comité du Fium’orbu appelle toutes celles et ceux qui veulent construire un autre avenir dans la prospérité et la paix retrouvéees, à participer massivement, afin que la dignité du peuple corse ne soit plus bafouée. « Aujourd’hui, à la politique néfaste menée par l’Etat, les Corses tous ensemble doivent créer les conditions d’une réelle avancée politique pour maîtriser à travers un développement économique, social et culturel toutes les richesses de notre pays. » Par ailleurs le Comité informe que le séminaire prévu le dimanche 16 mai à Migliacciaru est reporté au samedi 22 mai.

Le 15 mai 1999 : une manifestation unitaire avait rassemblé 3 à 4.000 manifestants dans les rues d’Ajaccio, à la fois pour marquer cette réconciliation et protester contre les dérives de l’Etat de droit après l’affaire des paillotes. « Per una societa Corsa di diritu : una soluzione pulitica »

Le 22 Mai 1999 – (LeMonde) Séminaire du Comité Nationaliste du Fiumorbu. Ce « séminaire pour la réconciliation » suivait une première rencontre, en février, et la manifestation unitaire, à Ajaccio, le 15 mai, toutes deux dues à l’initiative du comité du Fium’Orbu. Le rendez-vous était donc prévu, mais il a commencé, vers 9 heures, par un contretemps. Une patrouille de gendarmes s’est présentée à la porte de la salle de réunion, cherchant la sœur d’Alain Ferrandi. La voiture est vite repartie… Peu après, des policiers sont venus interpeller cette jeune femme. On se mit d’accord : l’intéressée s’engagea à se présenter elle-même, ce qu’elle fit dans l’après-midi, après avoir quitté la réunion. François Alfonsi s’exprima au nom de l’Union du peuple corse (UPC), Pierre Poggioli pour l’Accolta naziunale corsa (ANC). Opposés à la violence clandestine, contrairement à Corsica Nazione, ils le rappelèrent avec fermeté. Edmond Simeoni, le rebelle d’Aléria, en 1975, qui fonda le mouvement nationaliste, et plus de deux cents militants avaient fait le déplacement. François Santoni, l’ancien dirigeant d’A Cuncolta, était absent, mais Jean-Michel Rossi, un de ses fidèles amis, était là. Chaque délégation a présenté sa position, y compris sur la nécessité ou non du combat clandestin – la question qui divise. Mais le seul vrai débat a porté sur l’apaisement entre nationalistes, « étape première et indispensable à la poursuite de la réconciliation ». A l’heure du déjeuner, certains, comme Edmond Simeoni, se sont rendus à l’église proche pour saluer Valentina Filidori, qui a commencé une grève de la faim en signe de protestation contre l’incarcération de son mari. Dans un communiqué final, les organisations ont condamné la « répression » de ces derniers jours et souligné leur entente. Un prélude à la signature d’« un protocole dans les prochains jours, où chacune [des organisations] va s’engager de façon solennelle devant l’opinion à arrêter définitivement la violence entre nationalistes », nous a annoncé Jean-Guy Talamoni, chef de file de Corsica Nazione. A l’évidence, et en dépit des turbulences policières de ces derniers jours, Corsica Nazione privilégie désormais le terrain politique. Ce mouvement, émanation d’A Cuncolta, qui dispose de 8 sièges sur 51 à l’Assemblée régionale, tient à « avancer dans le débat sur le statut de la Corse ». Sur le terrain syndical, cette tendance engrange aussi quelques succès. Joseph Colombani, maraîcher et porte-parole du comité du Fium’Orbu, a été élu à l’unanimité, vendredi 21 mai, président de la fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA) de Haute-Corse. En Corse-du-Sud, déjà, c’est un de ses amis politiques qui dirige le syndicat.

A partir du 3 juillet 1999 

Selon la presse de l’époque : Réunis dans la nuit de jeudi à vendredi à Migliacciaru, près de Ghisonaccia, dans la plaine orientale, quelque 70 militants nationalistes appartenant aux 13 organisations ayant signé un pacte de non-agression le 3 juillet sous l’égide du comité nationaliste Fiumorbu, ont manifesté, samedi, pour mettre en avant la «spécificité corse». Et tenter de préserver un front uni devant le Premier ministre Lionel Jospin. Pour les membres du Fiumorbu, une reprise d’affrontements entre nationalistes demeurent impossible. Dans un communiqué rendu public à l’issue de la rencontre, les militants ont «condamné tous les mécanismes ayant, dans un passé récent, conduit à des affrontements et des drames dont la Corse ne veut plus» tout en «réaffirmant solennellement que le processus de réconciliation engagé à l’initiative du Comité nationaliste du Fiumorbu est irrévocable et indivisible». Dans ce communiqué, les signataires ont «décidé par ailleurs d’approfondir le débat qu’elles ont engagé, concernant d’une part la question de la clandestinité, d’autre part l’élaboration d’un accord politique au service du peuple corse». Les différentes organisations nationalistes ne sont en effet pas sur la même ligne concernant la question de la clandestinité, rejetée par une large majorité d’entre elles alors qu’A Cuncolta Naziunalista, se refuse toujours à la condamner.

Le dimanche 8 aout 1999 – (AFP) Les élus de Corsica Nazione, dont leur chef de file Jean-Guy Talamoni, ont affirmé, dimanche au cours des Journées internationales de Corte, organisées par A Cuncolta Indipendentista, que le processus de réconciliation des différents mouvements nationalistes corses était « irréversible ». Au cours du meeting d’A Cuncolta, qui a clos dimanche comme chaque année ces journées nationalistes, un message de son secrétaire national Charles Pieri, mis en examen et écroué depuis le 4 octobre pour « association de malfaiteurs, détention d’armes et explosifs, en relation avec une entreprise terroriste », a été lu dans lequel il souhaite que la réconciliation des nationalistes « aille à son terme ».  Se félicitant de la signature du protocole d’accord du 3 juillet, il demande aux nationalistes « d’analyser leurs erreurs passées afin de ne pas les reproduire ».

Selon le Journal de la Corse d’Aout 1999 :  « Réunion à Migliacciaru des treize organisations signataires du protocole de « non agression ». Les participants s’étaient réunis pour évoquer la revendication par Armata Corsa de  » l’assassinat préventif  » de Dominique Savelli perpétré le 21 juillet dernier. Les treize organisations ont lancé un appel à manifester le 4 septembre, deux jours avant la venue de Lionel Jospin. »

Le 26 Août 1999 – « Suite à la revendication de l’assassinat du jeune Dominique Savelli par un groupe clandestin, les organisations du mouvement national réaffirment que le processus de réconciliation engagé à l’initiative du comité national du Fiumorbu est irrévocable et irréversible », selon le communiqué signé par les 13 organisations nationalistes qui ont conclu le 3 juillet dernier un pacte de non-agression sous l’égide du Comité national du Fiumorbu. 

Voici le texte du communiqué publié jeudi 26 août 1999 par le comité du Fium’Orbu et signé par treize organisations nationalistes (1).

«Suite à la revendication de l’assassinat du jeune Dominique Savelli par un groupe clandestin, les organisations du mouvement national:

1) réaffirment solennellement que le processus de réconciliation engagé à l’initiative du Cumitatu naziunalistu di u Fium’Orbu est irrévocable et indivisible
.2) Condamnent tous les mécanismes ayant, dans un passé récent, conduit à des affrontements et des drames dont la Corse ne veut plus.
3) Rappellent que rien ne saurait les conduire à déroger aux principes énoncés dans le protocole du 3 juillet 1999, qui bannit tout rapport de force violent entre nationalistes quelles que soient les circonstances.
4) Déclarent que la vocation du comité est d’oeuvrer au service de la paix au sein de la communauté corse toute entière.Les organisations décident par ailleurs d’approfondir le débat qu’elles ont déjà engagé, concernant d’une part la question de la clandestinité, d’autre part l’élaboration d’un accord politique au service du peuple corse.»

(1) ANC, A chjama di Corti, Associu per a supranita, Cuncolta indipêndentista, A chjama per d’indipendenza, Corsica nazione, Corsica viva, Leva per a demucrazia e liberta, Scelta nova, PPI, I verdi corsi, U Rinnovu naziunale, UPC.

Le 27 août 1999 :  Les treize organisations nationalistes membres du Comité de Fium’orbu, signataires du protocole de réconciliation du 3 juillet 1999, avaient prévu de ne poursuivre leurs négociations que le jeudi 26 août. Ce délais devait permettre à chaque groupe d’affiner la préparation des discussions « politiques » à venir, sur le thème notamment de la clandestinité, où les divergences paraissaient les plus profondes. Lorsque cette date avait été fixée, rien ne laissait présager que cet ordre du jour serait illustré par la revendication, le 21 août, par Armata Corsa, de l’assassinat, commis un mois plus tôt, d’un jeune commis boucher accusé par ses tueurs d’avoir été à la solde d’un des participants à ce protocole, dans le but de « remplir un contrat en assassinant un nationaliste pour le compte d’un pseudo-responsable ».

Le 2 septembre 1999: A Cuncolta Indipendentista appelle tous ses militants et sympathisants à participer à la manifestation organisée par le Cumitatu Naziunalistu di u Fiumorbu, samedi 4 septembre à Aiacciu (18 h, place du Diamant), pour signifier au premier ministre du gouvernement français, que seule une solution politique à la question nationale corse s’impose. Aucune logique répressive ne peut avoir raison de la détermination d’un peuple.

Le 2 Septembre 1999 : I Verdi Corsi participeront à la manifestation organisée samedi 4 à 17 heures à Aiacciu (place du Diamant) par u cumitatu naziunalistu di u Fiumorbu à la veille de la venue en Corse du Premier ministre Lionel Jospin. Tout en confortant la démarche de réconciliation des organisations du mouvement national corse qui ont engagé également un débat de fond sur des principes et des thèmes essentiels dans une perspective d’avancée politique majeure, ce rassemblement doit être celui de toutes celles et de tous ceux qui veulent pour la Corse un avenir de dignité et responsabilité. Lionel Jospin sera-t-il fidèle à ses propres engagements pris en 1996 concernant la Corse : « … s’inspirer de l’exemple d’autres îles méditerranéennes ou d’outre-mer, pour concevoir un statu original donnant à la collectivité de Corse des pouvoirs autonomes…  » (déclaration au  » Figaro « , mardi 28 mai 1996). Le premier ministre aura-t-il le courage politique dont a fait preuve le Premier ministre britannique Tony Blair en Irlande, en Ecosse et au Pays de Galles ? Samedi 4 septembre, le peuple corse doit se mobiliser pour dire clairement à l’Etat qu’il est grand temps de tourner le dos à la politique des coups tordus et construire la paix en débouchant sur un véritable règlement politique du problème Corse.

Le 04 septembre 99 : Un millier de personne à la Manifestation unitaire nationaliste.

Le 6 septembre 1999 : Le Premier ministre Lionel Jospin est arrivé en Corse pour son premier séjour dans l’île en tant que chef du gouvernement. Devant l’assemblée de Corse, il a réaffirmé que l’arrêt de la violence est un préalable non négociable. Une attitude approuvée par l’ensemble des élus de l’assemblée, à l’exception des nationalistes de Corsica Nazione. Un attentat à l’explosif a visé le tribunal d’instance de Porto-Vecchio.

Le 24 octobre 1999 :  » La question de la clandestinité a pour la première fois été abordée sans tabou  » par les représentants de la quasi-totalité des mouvements nationalistes corses, réunis hier à Migliacciaro, près de Ghisonaccia, a indiqué le porte-parole du comité nationaliste du Fiumorbu, Joseph Colombani. Selon M. Colombani,  » une centaine de personnes représentant treize organisations ont participé hier, durant dix heures, à des débats à huis clos », à l’invitation du comité nationaliste créé en décembre 1998, dans la région du Fiumorbu, pour lancer un processus de réconciliation de la famille nationaliste.  » C’est la première fois depuis que le comité existe qu’il y a des échanges sur la clandestinité. Chacun campe sur ses positions mais il y a des gens qui ont été ravis d’entendre certains propos dans la bouche d’autres « , a-t-il ajouté. La question de la lutte clandestine continue en effet de diviser les nationalistes: certains mouvements, tels le Rinnovu naziunale et l’Union du peuple corse (UPC) font de sa disparition leur cheval de bataille, tandis que la Cuncolta indipendentista ou Corsica viva ne remettent pas en cause la présence de mouvements clandestins armés.  » Cependant, tout le monde a condamné le fait que Lionel Jospin mette un préalable au dialogue et il a été dénoncé la perversité de l’Etat « , a poursuivi M. Colombani. Les participants ont également  » commenté l’apparition de nouveaux mouvements clandestins « , qui avait semblé mettre à mal la démarche unitaire du comité. Lors de sa dernière réunion importante le 27 août à Migliacciaro, le comité du Fiumorbu n’avait condamné que tièdement  » tous les mécanismes ayant dans un passé récent conduit à des affrontements et des drames dont la Corse ne veut plus « , en réponse à l’assassinat d’un garçon boucher de Belgodère revendiqué par le groupe clandestin Armata corsa. Au début de l’été, dans la même localité, les nationalistes s’étaient engagés à  » bannir tout rapport de force violent entre eux « , en signant un pacte de non-agression.

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VIDEO GENERATION FLNC


Archives LLN : Les accords de Migliacciaru par antofpcl

Les photos d’archives des séminaires, réunions et du 3 juillet 1999

 

ACCORDmigliacciaru1

1JosephColombaniCorsicaLiberacorseFDSEA

AFIARA-Aout1999-migliacciaru

ribombu-430 ribombu-437 ribombu-447

1999ribombu-434

AccordMigliacciaru1999 (8) AccordMigliacciaru1999 (1) AccordMigliacciaru1999 (2) AccordMigliacciaru1999 (3) AccordMigliacciaru1999 (4) AccordMigliacciaru1999 (5) AccordMigliacciaru1999 (6) AccordMigliacciaru1999 (7)

« Désormais aucun désaccord entre patriotes corses ne pourra être exploité », assure Jean-Guy Talamoni, porte-parole du mouvement et conseiller territorial. (Ghjurnate di Corti 1999)

« La réconciliation est en marche, c’est une priorité absolue », affirment les membres de Corsica nazione. (Ghjurnate di Corti 1999)

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