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A Ajaccio, l’Associu Sulidarita soutient et milite pour la libération d’une vingtaine de détenus proches des milieux indépendantistes. Ses membres dénoncent des incarcérations « pour des faits politiques ». Rencontre.

Ici, la bandera corsa n’est pas seulement accrochée au mur. Dans ce petit local du quartier des Salines, à Ajaccio (Corse-du-Sud), le drapeau à tête de Maure pend aux barreaux d’une « porte de cachot » que surplombent les initiales RF. Pour République Française. A gauche, une tête guillotinée demande « la fin de la justice coloniale ». A droite, les portraits de 19 détenus corses. Leurs photos sont épinglées sur deux cadres ornés de barreaux et de ces mots : « Amnistia pa i patriotti incarcerati e ricercati » (« amnistie pour les patriotes incarcérés et recherchés »).

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Bienvenue chez l’Associu Sulidarita, l’association de soutien aux prisonniers corses et à leurs familles. Forte d’un budget de 200 000 euros, elle distribue un mandat mensuel de 200 euros à ces prisonniers et finance les billets d’avion de leurs proches jusqu’aux prisons du continent. C’est peu dire qu’ici, les déclarations de Manuel Valls – « En France, il n’existe pas de prisonnier politique » – ont été mal reçues. « Ce sont des détenus incarcérés pour des faits politiques », martèle Cathy Bartoli, la vice-présidente de l’Associu Sulidarita. « Ils n’ont pas volé le sac d’une vieille dame », appuie Laetitia Leca, de Corsica Libera. Le parti indépendantiste de Jean-Guy Talamoni héberge Sulidarita dans ses locaux.

Un FLNC qui s’est engagé en juin 2014 dans un « processus de démilitarisation ». Cette décision a donné le coup d’envoi de la campagne d’amnistie lancée par Sulidarita pour l’ensemble des prisonniers corses. « Lorsque la guerre est finie, les prisonniers sont libérés », plaide Cathy Bartoli. L’association a écrit un texte, qu’elle a fait adopter par « plus de la moitié des 360 communes de l’île », le Conseil départemental de la Haute-Corse et l’Assemblée territoriale. Les nouveaux élus insulaires, Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni, ont porté cette revendication jusqu’au bureau de Manuel Valls.

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