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les jeunes diplômés corses partent.. en PACA. pour trouver du travail..

Outre le fait que l’étude occulte les statistiques concernant tous les jeunes corses qui, diplômés ou non, qui partent de nouveau, après une période de retour au pays des années 80 à 2000, un peu partout dans le monde pour trouver une travail qu’ils ne peuvent trouver chez eux, cette étude montre les limites de la formation professionnelle dans l’île, universitaire ou autre.. Elle est un bémol inquiétant aux communications de certains organismes de formation et de l’Université…  Ceux-ci aiment se féliciter à l’occasion de grandes messes grandement relayées par les médias concernant les efforts et les “résultats” de cette formation professionnelle par la mise en exergue d’une poignée de CDD ou de CDI décrochés par des candidats au travail lors de ces rendez-vous… surtout médiatiques et servant surtout aux entreprises à se faire connaître, à défaut de solutionner le  grave problème de l’emploi en Corse, (avec près de 24000 chômeurs sur 320000 Hab, soit la plus forte progression du chômage par rapport à l’hexagone en quelques années), résultat brillant du pseudo-développement de l’île dont on nous rabat les oreilles depuis 40 ans..

Outre le fait que les nombreux stages proposés par ces entreprises ou ces circuits de formation permettent surtout des recrutements de nombreux salariés saisonniers arrivés dans l’île l’été et ne partant plus en septembre, orientés par leurs “patrons estivaux” ou d’autres organismes privés et publics vers ces circuits pour des stages, en attendant de trouver mieux ou en attente de la saison estivale à venir, ces stages globalement ne font pas de la formation performante, car souvent peu en phase avec les besoins d’un réel développement économique, et surtout lis ne laissent que  la portion congrue aux locaux, qui ne sont même pas avantagés dans la course à ses stages qui ne ne leur servent qu’à gagner quelques mois de répit dans la recherche d’un emploi stable.. Il n’y a qu’à voir la composition de ses stages et les dates d’arrivée des candidates et candidats dans l’île… De même, l’Université, censée former des jeunes pour leur permettre de vivre et travailler chez eux, ne leur donne finalement, sauf quelques exceptions ou bénéficiaires d’un certain piston, qu’un passeport, soit pour le chômage, soit s’ils ne veulent pas quitter l’île, qu’un boulot sous qualifié et sous payé dans d’autres secteurs que leur formation ou leurs compétences..

Ajoutons le peu d’empressement de nos entreprises “nustrale ou installées dans l’île, à jouer le jeu par la corsisation des emplois (à qualification égale) préférant faire venir des salariés d’ailleurs, détachés ou  non.. Et qu’on ne nous dise pas que les Corses n’aiment pas certains emplois pénibles.. il n’y a qu’à se pencher sur les organigrammes de ces entreprises pour voir qu’outre certains emplois dits pénibles, nombre d’emplois bien moins pénibles, surtout dans l’encadrement ne sont guère occupés par des locaux..

Quant à l’administration, si Le Procureur Glavanny après l’Affaire Erignac dressait un réquisitoire contre la Corse dénonçant le fait que les fonctionnaires corses étaient majoritaires dans l’île, ce qui depuis a été amplement contredit par les statistiques, il faut remarquer que le phénomène de décorsisation s’est depuis lors hautement amplifié, surtout pour l’encadrement des grandes entreprises et services publics où les locaux sont bien minoritaires.. Le phénomène est d’autant plus inquiétant que, alors que la Corse réclame plus d’autonomie, ces entreprises et services publics, quant à elle faisant fi des évolutions politiques dans l’île, pratiquent une politique de re-concentration de fait, certaines de ces entreprises et services publics, après avoir conquis une certaine capacité d’autonomie au niveau de leur fonctionnement et de leurs orientations, étant même peu à peu depuis réintégrées dans un ensemble de régions plus grandes  (PACA ou autres) en ayant même de plus en plus recours à des “missions” venues d’autres régions ou de Paris pour les “encadrer” dans nombre de domaines.. Une régression “institutionnelle” administrative de plus en plus criarde, quant on voit certains de ces cadres extérieurs intégrés dans la masse salariale des “ces entreprises et services publics corses” alors qu’ils sont à l’extérieur de l’île..

PoggioliArchiveCorsica (2)Alors pour répondre à cette étude INSEE, disons que déjà qu’il est aujourd’hui difficile pour les jeunes corses, excepté une minorité qui choisit volontairement de partir, de trouver un emploi chez eux  (24000 chômeurs sur 320000 hab), à plus forte raison correspondant à leur qualification et leurs diplômes.. et que pour trouver un emploi, ils sont obligés d’accepter des contrats hors et en dessous de leur niveau de qualification et de compétences et de plus moins payés (salaires 20% moins élevés que la moyenne hexagonale)…

Et pour couronner le tout, nos entepreneurs, petits patrons, commerçants » nustrale » ou « vivant en corse » préfèrent la main-d’oeuvre venue de l’extérieur (et pas seulement pour les boulots du secteur primaire), car n’appliquent guère la “corsisation des emplois à compétences égales”…

24 janvier 2016
Petru Poggioli

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