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(Alta Frequenza) Après des rafales tirées à boulets rouges sur les élus de la Corse depuis jeudi dernier, de la part d’une partie de la classe politique nationale et de nombreux journalistes continentaux, des prises de positions inverses commencent à se faire jour.

(Francescu Maria Antona – Alta Frequenza) – Des soutiens venus de Catalogne, de Sardaigne, de Bretagne, d’Irlande et à présent d’Alsace. Aujourd’hui, l’association « Les Alsaciens réunis » a salué le « courage politique de Jean-Guy Talamoni », récemment élu président de l’Assemblée de Corse, « de s’être exprimé en langue corse lors de son discours d’investiture ». Faut-il rappeler que la France a signé la Charte européenne des langues minoritaires et régionales, rappellent Les Alsaciens réunis.17dec2015GouvernementCorseAssembleeTalamoniSimeoni (30)

Voici ci-dessous le communiqué de presse des « Alsaciens réunis ».

« Malgré la promesse électorale du candidat Hollande, la Charte ne sera pas ratifiée durant son mandat. A qui la faute si ce n’est aux partis jacobins ? Qu’attend donc la France pour ratifier cette charte ? A-t-elle peur que toutes les langues, dialectes, patois et parlers que la République a mis sous l’éteignoir depuis trop longtemps viennent concurrencer le français ? L’unité de la République serait-elle mise en péril par des langues qui lui préexistaient ? Ou bien est-elle menacée par son intransigeance à ne pas vouloir les reconnaître ? Que dire de nos voisins européens où plusieurs langues cohabitent pacifiquement ? Mais alors, pourquoi la France ne dénonce-t-elle pas les traités internationaux qu’elle signe pour donner l’illusion d’être une démocratie, alors qu’elle n’entend pas les ratifier, pire, qu’elle n’entend pas appliquer alors qu’elle les a déjà ratifiés, à l’instar de la Charte européenne de l’autonomie locale, ce qui vaut aujourd’hui à l’Alsace de disparaître de façon arbitraire et non démocratique.

Le français a pourtant de beaux jours devant lui. Dans quelques décennies, il viendra sans doute concurrencer l’anglais à la faveur de la démographie particulièrement dynamique des pays d’Afrique francophone. L’Académie française sera toujours la garante de l’orthodoxie de la langue française. Les premiers actes officiels en langue française, signés en l’an 842, furent les Serments de Strasbourg, en Alsace alors germanique. L’acte de naissance de la France est bien postérieur à celui de nombre de régions françaises, quant à la République, elle est une construction toute moderne.

La République, res publica, est le bien commun de tous les Français, mais la Corse appartient avant tout au peuple corse, comme la Bretagne au peuple breton et l’Alsace au peuple alsacien.

Le peuple corse s’est choisi une majorité nationaliste, dont acte. Les urnes, la démocratie ont parlé. Là où les identités régionales sont respectées, Bretagne, Corse, et où la démocratie fonctionne, l’avancée des extrêmes est limitée, il faut s’en féliciter. Le sentiment corse n’a rien d’extrême, il est multiséculaire, intrinsèque au peuple corse, le point d’équilibre autour duquel se fédère l’identité corse.

La France, la République française, se meurt de son aveuglement et de son entêtement à ne pas admettre sa pluralité ancestrale qui en fait pourtant la richesse. Aujourd’hui, les valeurs de la République sont galvaudées par ceux-là mêmes qui disent en être les garants et les défenseurs. La République est-elle seulement encore synonyme de démocratie ? Parmi ces valeurs, la semeuse a-t-elle seulement séparé le bon grain de l’ivraie ? Les sillons de nos champs sont-ils voués à la monoculture ? Marianne, apparue dans une chanson révolutionnaire du pays albigeois, la Garisou de Marianno, ne parlait-elle pas la langue d’oc ?

Vive la Corse, vive l’Alsace !
 Les Alsaciens Réunis »

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