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L’actualité des blogs politiques : Edmond Simeoni « Appel au peuple corse, Chjama à u populu corsu« 

Nous appartenons, toutes et tous, que nous soyons Corses d’origine ou Corses d’adoption, que nous résidions ici ou ailleurs dans le monde- composante alors de la diaspora-, à ce peuple qui est une communauté millénaire, dotée d’une langue, d’un territoire insulaire, d’une histoire commune ; dans sa vie tumultueuse où il a subi des agressions -Barbaresques, Romains, Pisans, Génois et enfin Français- il a toujours témoigné d’une forte passion pour la liberté, générant, de manière chronique, des luttes de résistance et d’émancipation. La dimension nationale corse repose sur une base indiscutable : la volonté de vivre un avenir commun, la maîtrise de notre destin et de notre territoire.

L’Union Européenne avec ses 250 millions d’Européens qui vivent dans le régionalisme ou le fédéralisme politiques, avec plus de quatre-vingt autonomies, l’émancipation en cours de l’Ecosse et de la Catalogne, sont, avec la Méditerranée, le cadre pertinent de notre vie collective, ainsi ouverte sur le monde.

STC ARS drapeau bandera corsa corse

Notre période contemporaine a vécu la Résistance contre le fascisme puis le réveil de la conscience nationale dès 1960 ; nous savons tous la dureté des luttes et des drames, de la répression, l’échec des trois Statuts ; il suffit de lire sur mon blog (www.edmondsimeoni.com), l’article, Corse : le désastre… Où étaient-ils ? L’Etat et le Clan ?

Aujourd’hui, on ne peut refuser de voir que nous sommes assaillis de problèmes graves, économiques, – faiblesse du développement- transports, Arrêtés Miot…- sociaux( précarité, chômage…) ; que le banditisme progresse ; que l’urbanisation est gravement conflictuelle ( 13 PLU Invalidés) ; que la Corse de l’Intérieur agonise ;mais l’inquiétude, profonde, anxiogène réside surtout dans le fait que l’espérance a déserté le champ de notre avenir, que la terre est aliénée, que l’ile est envahie par un flot continu d’arrivants que notre situation médiocre ne permet plus d’intégrer, que notre culture se délite ; que notre Pays n’a plus de boussole et de direction.

Les atouts de l’île sont aveuglants ; ressources naturelles majeures, et humaines tant ici que dans la diaspora. L’épargne voisine les dix milliards d’euros ; les projets, les volontés, les talents, foisonnent mais ils sont mort-nés ; nous stagnons, faute de volonté collective, de cadre politique adapté, de management, de gestion, de vision.

L’échec de la politique française en Corse ne peut plus être masqué ; pas plus que celui de son partenaire historique, le système claniste, assis sur le clientélisme, le non-droit, l’inefficacité totale, née de la cooptation historique des responsables, sur une base partisane et non sur la compétence. Le non-développement, l’archaïsme, l’a démocratie sont la rançon inévitable de la cécité, de l’immobilisme de la tutelle française et du clan, du conservatisme d’un Etat, hyper centralisé, colonial, apoplectique dont les extrémités s’étiolent et s’atrophient.

Plus de cinquante ans de luttes, sur tous les terrains, par des moyens légaux et illégaux – FLNC- ont permis à la société corse de mûrir, de bâtir un consensus fort autour de la démocratie, de l’identité, de la justice sociale, de la nécessaire, rapide et réelle évolution des Institutions ; les revendications, largement adoptées à l’Assemblée de Corse et en phase avec la société insulaire, en portent témoignage. « Les évolutions idéologiques » précèdent toujours les évolutions politiques » (Antonio Gramcsi).

Le seul obstacle à la réalisation de l’intérêt collectif du peuple corse réside dans la dénégation de l’Etat et dans sa collusion avec le système claniste, à l’agonie, certaine et inévitable.

Nous sommes à trois jours du droit d’ouvrir le chemin de la liberté ; les forces conservatrices ne peuvent plus maintenir la Corse en situation de servage, si ce n’est par l’arsenal funeste des fraudes, des pressions ; la poussée progressiste, plurielle, ici et dans la diaspora, se renforce avec la jeunesse qui se lève, sans violence. Elle doit déboucher sur un choix démocratique, clair, incontestable qui nous permettra de savourer la liberté puis de construire –avec toutes les forces ouvertes au dialogue- un Pays moderne, développé, plus juste, adossé aux valeurs de l’humanisme et réconcilié avec lui-même.

Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, notre histoire, notre volonté collective poussent notre peuple à accéder la liberté, dans le cadre d’un contrat d’émancipation avec la France, respectueux des intérêts légitimes des parties. C’est inexorable.

Docteur Edmond Simeoni
Ajaccio le 11 Décembre 2015