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L’actualité des blogs politiques, @F_Alfonsi « 2ème tour Tout est possible ! »

Les sondages ont fait place aux résultats des urnes. Femu a Corsica et Corsica Libera ont atteint des scores conformes à leurs espoirs, et, en quelques heures, l’accord est intervenu pour aborder ensemble le second tour. Désormais la liste nationaliste Pè a Corsica s’engage unie dans le scrutin. Tout est possible !

En effet la victoire est à portée, car les trois blocs politiques, gauche, droite, et nationalistes, sont sensiblement de force égale, environ 25%, le Front National restant sur ses 10%.

La première question qui vient est de savoir comment se répartiront les 14% des listes éliminées du premier tour, 2,6% pour la troisième liste nationaliste du Rinovu, 7,4% pour les deux listes classées comme « gauche autonomiste », 3,15% pour celle de la gauche républicaine et 1,5% pour la droite du même acabit. Les nationalistes devraient en toute logique être en mesure de bénéficier de bons reports des trois premiers, même si Paul Giacobbi va tout faire pour « ramener au bercail » les électeurs des candidats classés à gauche. Mais il lui faudra pour cela réaliser le grand écart entre Jean Zuccarelli et Manu de Gentili que tout oppose, tant sur le fond que sur les enjeux locaux, à Bastia notamment. Quant à la droite, son « réservoir de voix » est très limité, et elle cherchera à capter le « vote républicain » pour essayer de trouver un sang neuf dont elle aura bien besoin pour gagner.

PERACORSICA

Car la fusion des droites va provoquer chez eux une sérieuse hémorragie. D’abord, les candidats « poids lourds » sur qui pèse le cumul des mandats vont quitter la liste afin de préserver leurs mandats de parlementaires, Laurent Marcangeli et Sauveur Gandolfi-Scheit, députés-maires d’Aiacciu et de Biguglia, tout comme Jean-Jacques Panunzi, sénateur et conseiller départemental. Ils avaient pesé pour ratisser large au premier tour. Leur électorat sera moins captif au second. Et surtout, les tensions ont été très fortes durant la campagne, et la très courte victoire du clan Rossi/Marcangeli contre de Rocca Serra/Panunzi crée une atmosphère encore plus pesante, propice aux règlements de comptes. Au soir du second tour, José Rossi pourrait bien constater que « le compte n’y est pas » !

A gauche, Paul Giacobbi triomphe d’avoir déjoué les sondages qui le mettaient hors jeu. Certes, il est encore dans la course et en tête du premier tour, grâce notamment à la machine électorale du Conseil Départemental de Haute Corse qui a joué à plein. Mais son parcours en solitaire l’a beaucoup isolé, et là encore les règlements de comptes sont à attendre, tant du côté de Jean Zuccarelli que des deux autres listes de gauche.

Rinovu Naziunale a tenté une candidature solitaire qui, avec 2,58% des voix a fait mieux que ce que prédisaient les sondages. Ses électeurs ont vocation à se reporter sur la liste d’union nationaliste de façon naturelle.

Reste enfin le réservoir des abstentionnistes du premier tour. La clarification réalisée par l’offre nationaliste, désormais unique, peut être attractive et mobiliser nombre d’entre eux, notamment parmi les jeunes.

L’entre deux tours est un moment crucial, où, en une semaine, se joue beaucoup pour l’avenir. On ne répétera jamais assez qu’une victoire nationaliste serait un événement majeur, et aussi, très pragmatiquement, la seule chance réellement offerte au peuple corse de défendre ses revendications essentielles, langue corse, arrêtés Miot, statut fiscal, etc.. de façon plus efficace.

La place existe largement pour une victoire nationaliste. Nous avons sur les deux autres prétendants des avantages forts : la cohérence de notre union, préparée de longue date et intervenue « naturellement », à l’issue d’un premier tour qui n’a créé aucune tension, et la force de mobilisation de centaines de militants très impliqués sur le terrain.
Oui, la victoire est possible ! Forza !!

FRANCOIS ALFONSI