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Femu a Corsica : Quistiunariu APC

Le fait est que, en raison de l’article 2 de la Constitution française –« le français langue de la République »- l’Etat a confiné les préoccupations d’un peuple en l’article 75.1, comme excuse patrimoniale. Depuis 30 ans les dispositifs ont eu pour but de calmer le climat politique insulaire à coup de petits arrangements linguistiques, au lieu de répondre à la question fondamentale du rôle et de la place de notre langue en Corse et à l’extérieur.

Dans ce dossier fondamental de notre combat historique, notre action et nos prises de position ont été déterminantes tout au long de cette mandature. les élus de Femu a Corsica ont été décisifs pour rejeter le monolinguisme d’Etat, et prôner l’avènement d’une démocratie linguistique qui doit placer à court terme notre langue au cœur de la vie sociale et économique de ce pays. L’objectif majeur de la prochaine mandature sera donc l’obtention effective d’un statut d’officialité pour la Langue Corse. Dès le début 2016, nous nous attèlerons à défendre nos choix dans la discussion avec l’Etat, choix impliquant à terme une modification de la Constitution. Si cela vaut pour d’autres revendications, il s’agit bien d’engager une négociation globale pour aboutir à un changement politique profond des rapports entre la Corse et Paris.

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C’est donc avec beaucoup d’attention que nous suivons et soutenons l’action de l’APC depuis toujours, et que nous répondons aujourd’hui à vos questions.

Concernant la première, nous réitérons notre position, en premier lieu la création d’un office de planification linguistique, que nous avons été les seuls à proposer au cours de la dernière mandature. L’échec patent du fameux Cunsigliu di a Lingua nous conforte dans l’idée de placer la question linguistique au cœur du prochain dispositif exécutif territorial. Il s’agira là du premier acte fort du processus d’officialité souhaité et voulu par une grande majorité de corses. Dans la même optique, nous sommes globalement favorables aux propositions avancées par l’APC, dans la mesure où elles situent les enjeux éducatifs au sein de la future stratégie glottopolitique territoriale.

La question du calendrier – qui relève théoriquement de cette même compétence territoriale -, des rythmes scolaires, de l’adaptation et de l’élaboration des programmes sont des points prioritaires de discussion, tout comme la généralisation des filières bilingues et un recrutement systématique, dès 2019, des professeurs des écoles intégrant la compétence en langue corse, tel que voté dans le cadre du plan Lingua 2020.Ajoutons, par souci de cohérence et d’efficacité, l’urgence d’organiser le continuum des filières dans l’enseignement secondaire.
L’ensemble de ces dispositions s’inscrit donc dans un processus étapiste qui commande une redéfinition fondamentale des rapports entre la CTC et l’Etat (Rectorat, DASEN, etc.) sous peine de voir l’effort pédagogique entrepris depuis plus de 30 ans anéanti.

Concernant la deuxième question, qui pose le problème de la gestion immédiate, celle du « mensonge de santé », elle appelle de notre part un certain nombre d’observations :
– Oui, il faut rééquilibrer le contenu de la convention Etat-CTC , pour mailler le dispositif éducatif bilingue sur l’ensemble des territoires, de la maternelle au baccalauréat, mais aussi dans les filières de formation professionnelle.
– Oui, il faut mettre en place des outils et des moyens humains (corps d’inspecteurs notamment) pour organiser, harmoniser et évaluer de manière annuelle le dispositif général. Il faut arracher dès demain l’agrégation de Langue et Culture Corse.
– Oui, il faut maintenir sur place systématiquement tous les professeurs certifiés ayant suivi un enseignement LCC tout au long de leur scolarité dans l’Académie – motion de Femu a Corsica votée par l’Assemblée en 2012 -, et affecter prioritairement en Corse des enseignants du second degré justifiant d’une compétence en langue corse afin de développer les moyens humains des équipes pédagogiques dévolues à la filière bilingue du secondaire.
– Oui d’abord et en priorité au recrutement de 30 nouveaux professeurs des écoles bilingues, pour la mise en place d’une brigade formation
– Oui, mais seulement dans la gestion transitoire, et dans l’attente du renforcement progressif du corps des professeurs des écoles bilingues, au recrutement d’intervenants en langue corse. La réponse pérenne aux carences chroniques du vivier en matière de compétences et de formation en Langue Corse, resitue une fois de plus le rôle majeur de l’Università di Corsica, à travers l’ESPE et la filière LCC, en la matière.
– Oui, nous le répétons, à la désignation d’un Conseiller Exécutif chargé exclusivement de la politique éducative, linguistique et culturelle et à la création d’un office.

Nous tenons bien entendu à votre entière disposition l’ensemble des questions orales, motions et interventions de nos élus, dans le cadre du travail de Femu au sein des commissions organiques, des sessions de l’Assemblée de Corse et auprès des instances européennes.

Eccu, à l’accorta, per a nostra risposta. Oghje, una strada ci hè chì si chjama « sucetà bislingua ». L’affare serà avà di sente a risposta di Parigi è di misurà a capacità di i riprisententi di a Corsica à fassila valè. O simu eletti legitimi di stu populu, o simu cundannati à indinuchjacci, ancu per l’altri cartulari maiò ch’è no purtemu, vale à dì per indettu u trasferrimentu di a cumpetenza fiscale, u statutu di residente, u cartulare fundariu o i neguziati per un’antru statutu isulanu.

A capimu tutti, sta lotta ùn hè finita. S’ellu ci vole à mudificà, per a lingua quant’è in l’altri duminii, u raportu trà a Corsica è Parigi, hè bella chè capita ch’ellu ci tocca à inceppà bè u raportu trà a Corsica è l’Auropa. Allora per cunclude, aiutateci è aiutemuci chì una strada ci hè, quella di u cambià, per a nazione corsa, per u Populu d’avà chì s’avvia ver di a mudernità è chì vole custruì, in core di u Mediterraniu, i ghjorni à vene di i so figlioli.

Femu A Corsica