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Interpellés mercredi dernier, les Terrachon père et fils étaient ressortis libres, après une journée d’audition. Avant d’être de nouveau placés en garde à vue. Lundi pour le premier, avant-hier pour le second…

Pour la famille, comme pour les membres de Corsica Libera, « l’acharnement » policier ne fait pas l’ombre d’un doute. Relaxé il y a deux ans dans le cadre de l’instruction de la mise à feu du bureau de président de l’exécutif de la CTC, Michel Terrachon a cumulé près de deux mois de garde à vue ces trois dernières années. Une douzaine de perquisitions, pour une seule mise à l’écrou, finalement suivie d’une relaxe. Aux yeux du militant nationaliste, forcément, les forces de l’ordre versent pour de bon dans « l’abus de pouvoir ».

DIFFEREND. « C’est devenu une querelle entre personnes », glisse Anto Carli, membre du bureau de Corsica Libera, entre deux échanges de textos pour relayer l’information transmise par les avocates présentes à l’intérieur du commissariat. Derrière les barricades, l’atmosphère est de plus en plus décontractée : les Terrachon devraient être relâchés. « C’est notre recordman », s’amuse un militant, alors que le conseiller territorial du parti Paul-Félix Benedetti ironise à la cantonade. « Je pense que quand un nouveau arrive à la sous-direction de l’anti-terrorisme, on lui demande : ‘ Tiens, t’as pas encore interrogé Terrachon, toi ? ‘.

ARROSEUR ARROSE. Le différend en question remonterait précisément à l’intervention du père lors de l’interpellation de Benedetti, en 2007, dans le cadre de l’instruction de dossiers d’attentats politiques, dont celui de la voiture piégée devant la gendarmerie de Vescovato en 2009. Ayant su que les officiers de la direction nationale de l’anti-terrorisme se présenteraient vers 6 heures chez l’élu, Michel Terrachon avait été l’un des premiers à se rendre sur place pour prendre les forces de l’ordre en embuscade. Vexante, de mémoire de policier, la garde à vue s’était finalement tenue au domicile de Benedetti, à Lavasina.

Mais l’acharnement comporte aussi ses avantages. Pendant ce temps-là, on parle moins des charges listées dans les commissions rogatoires pour lesquelles Michel Terrachon et ses proches sont entendus. Actuellement couvertes par le secret de l’instruction, ces dernières seraient longues, à entendre l’une des avocates venues rendre visite aux Terrachon père et fils, mercredi soir dernier au commissariat : voiture piégée devant la gendarmerie de Vescovato en 2009, attentats contre la Banque de France à Bastia et la délégation militaire de Borgo, et plasticage d’un véhicule de police.

27/10/2011 24 Ore n°324
Par Caroline Heurtault
Photo : Pierrot Murati

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Dossier Répression – Terrachon Michel

 

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