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16(Article d’unità naziunale reprenant le site des Ultras Bastiacci ) Voici le 3ème volet de nos aventures niçoises, de loin le plus MEMORABLE d’entre tous ! Une invasion, du bleu, du blanc, du suspense, la victoire, des azzuffi par dizaines, tels sont les ingrédients de ce 8ème de finale de Coupe de France, qui est entré dans la légende du Sporting.

BASTIANICE190915 (64)En 16ème de finale, le Sporting avait bouté hors de la Coupe la formation de D1 de Toulouse, où s’illustrait déjà le guignolesque Barthez. Une bonne ambiance, une victoire nette et sans bavure (2 buts de Mangione), une équipe sure de son football: tout laisser à présager, sinon un grand parcours en Championnat, du moins un beau parcours en Coupe. Au moment du tirage des 8èmes, il va sans dire que les supporters attendaient que le sort ne designe que deux équipes: MARSEILLE, contre qui nous brulions d’en découdre, et bien evidemment NICE, contre qui ça avait legerement « frusté » en Championnat quelques mois auparavant.

Comme nous l’esperions tous, le sort designa NICE, et bientôt les grandes manoeuvres commencèrent. Déjà en pleine frénésie politique (les Regionales de 92 et le statut Joxe) la Corse ne parla bientot plus que de ce match, qui très tôt s’annonca être une INVASION programmée.

A Bastia le Sporting redevenait à la mode (pas mal de petits traitres qui s’interessaient à l’OM estimaient maintenant que le bleu foncé, c’était bien mieux que le bleu pale) et c’était à qui faisait des pieds et des mains pour participer à l’aventure. L’annonce faite par la SNCM d’une mise à disposition d’un navire ne fit qu’augmenter la passion autour du match, et dès la mi-Fevrier on savait que quelque chose de SPECIAL allait se produire..

Pendant que tout Bastia se préparait à l’invasion, sur le continent les bleus s’affairaient : les sections TESTA MORA de Nice et d’Aix bien sur, mais aussi les supporters de Paris, Lyon et de toute la Gaule. Le bruit se répandant que le bateau serait plein, l’angoisse etreint les supporters: Y aura-t-il assez de places au stade pour abriter toute cette faune ?

BianconiPierrotMimoria (12)

Dans les jours précédants le match, nous eumes confirmation que toute une tribune laterale, le Pesage ESt (et oui !), qui contenait environ 3500 places, nous serait reservée. Tout le monde poussa un ouf de soulagement : rien ne pourrait entraver maintenant notre marche en avant.

Arriva enfin le jour du match : la veille le navire « Ile de Beauté », était parti de Bastia absolument BONDE. Toute la jeunesse bastiaise, de Haute-Corse et même du Sud se trouvait embarquée, avec force drapeaux, pétards et autres bombes agricoles. Très vite un constat s’imposa: il n’y aurait pas assez d’alcool pour satisfaire tous les scimuliti naviguants !!!!!! Une ambiance assez sympathique et meme « sborgnesque  » s’instaura rapidement , et tout le monde fantasma sur le match du lendemain. Que le Sporting gagnerait , voilà qui ne faisait aucun doute pour les supporters. Non, la grosse question c’était : y aura t-il des incidents et si oui, dans quelle proportion ? Chacun y allait de son délire, et malheureusement une ou deux cabines furent detruites par des bleus qui ne surent pas retenir leur impatience.

Au petit matin, le bateau spunta dans le port de Nice, certains se tenaient de belles tronches de panizze, et d’autres, qui avaient dégueulé tripes et boyaux étaient de vrais fiadunetti ambulants. Sur le quai, certains parents, amis, ou etudiants expatriés attendaient les nouveaux Vikings, sous l’oeil désabusé et bovin des habitants de la ville de la salade. Afin de signaler leur proche débarquement les bleus (c’est logique) firent mugir les cornes de brume et bien sur expedièrent en guise de préambule quelques Bombes Agricoles bien senties !!!

Une fois sur le sol de Gaule, la meute joyeuse et ethylique se scinda en multiples groupes et commenca à deambuler dans toute la ville. Sous l’oeil spaventatu et interloqué des Pinz les hordes se croisaient et se macagnaient, tout en se posant LA question: « ils ont où les supporters nicois ? ». Certains avaient beau répondre: « comme d’habitude, planqués », l’inexorable quête se poursuivait.

Dans le milieu de l’après-midi, tout ce joli monde reçut peu à peu le renfort des supporters qui avaient choisi la voie des AIRS. Les vols de la CCM avaient en effet été multipliés par 3, et celà ne fit qu’ajouter au décorum bleu et blanc de la ville.

Pour tout dire, l’après-midi fut relativement tranquille. Relativement, car quelques bleus surexcités faisaient quand même des leurs : à qui avait été protagoniste d’un joyeux azzuffu avec quelques maghrebins des sinistres quartiers de l’Ariane, Pasteur, ou Las Planas (à visiter) qui comme chacun se prennent pour les patrons en Gaule, à qui jetait des oeufs sur les autobus de transport niçois, à qui penetrait à l’interieur du très chic et très bourgeois Lycée Massena, se disputait avec le personnel, et detruisait une partie des infrastructures !!!!

Ce vandalisme fut toutefois relatif, et bientot arriva l’heure de converger vers le Stade, situé dans le Nord de Nice, en plein Quartier Saint-Sylvestre.

Nous sommes maintenant à peu près une heure 1/2 avant le match, et la pression MONTE. Chemin faisant les macagne fusent à l’encontre des supporters rouges et noirs, qui rasent les murs. Une fois loins, ces derniers insultent, quelques bisco professionnels leurs courent après, mais en vain. De toute façon il serait vain de chercher des incidents car très vite on constate le vaste dispositif des forces de l’ordre. Le match est bien entendu classé à hauts risques, et l’avenue qui sert de liaison entre la Tribune Sud (la tribune des  » ultras  » niçois) et notre Pesage est à la fois barrée, et envahie de cars de CRS.

Devant l’entrée de notre tribune , les grilles (d’un bleu ciel horrible) sont fermées, et bientôt nous nous retrouvons plusieurs centaines agglutinés et on voyait dépasser les hampes de centaines de drapeaux. Comme nous ne sommes pas un peuple patient, nombreux sont ceux qui se plaignent, et qui veulent à tout prix entrer. La sécurité et les flics s’y opposent, mais bientôt certains des premiers rangs, incazzati, commencent à scuzzuler avec force les grilles !!!

Ce qui devait arriver arriva, la Securité paniqua, et faisant fi des consignes, commença à entrouvrir les grilles. Tout le monde tentait de  » s’enfrougner « , lorsque les flics donnèrent un contre -ordre !!! A notre grand dam les portes nous furent claquées au nez, et la scuzzulata recommença. Seulement plusieurs dizaine de bleus avaient réussi à pénétrer à l’intérieur de l’enceinte et s’étaient installés. Refusant ostensiblement d’obéir à la sécurité, il fallut l’intervention au micro de feu le Président J-F. Filippi pour les faire sortir !!

La manœuvre ne réussit que partiellement, et vu que nous étions à bout, enfin les grilles s’entrouvrirent.

Tout le monde dès lors se rua comme des affamés sur les pains au chocolat du « Babaorum  » un lendemain de sborgna. Le but était d’une part de trouver les meilleures places pour accrocher les innombrables BANDEROLES (qui a l’époque étaient très à la mode ) et surtout pour échapper à la fouille des flics. Tout le monde était outillé comme pour la guerre du Vietnam, et les objets illicites étaient foison. Dans mon sac à dos se trouvaient la banderole de mon groupe, deux bombes agricoles, et un fumigène blanc énorme qui provenait d’un stock de l’armée. A côté de moi, un type espérait lui aussi forcer la fouille car il avait apporté 15 paquets de mammouth !!!!!

Une fois arrivés devant les escaliers qui conduisaient à la tribune, nous nous rendîmes compte avec stupeur qu’il y avait un deuxième barrage filtrant au sommet des escaliers !!! Les flics, au courant de notre réputation d’artificiers en tous genres, prenaient leurs précautions. Je commençais à me sentir mal pour les objets contenus dans mon sac, lorsque nous assistâmes à une scène IREELLE, que je n’ai plus jamais revue depuis. Au moment où nous grimpions, des dizaines de mains anonymes appartenant à des bleus qui étaient déjà passés se tendirent vers nous afin que l’on puisse entrer notre artillerie en toute impunité !!!!! Sans refléchir je tendis mon sac à bout de bras, qui fut immédiatement happé avidement par un supporter qui rapidement me montra sa faccia pour que je puisse le reconnaître une fois le CRS franchi !!!!

Hélas les pandores abbanbanés se rendirent compte qu’ils se faisaient mystifier, et se firent beaucoup plus agressifs . Ils commencèrent à scuzzuler tous les bleus porteurs d’objets en cherchant furieusement des objets contendants. Je franchissais la fouille sans encombre, lorsque le bleu à coté de moi se fit confisquer son drapeau du Sporting 78 ( celui avec les écussons de Torino, Newcastle…) sous prétexte que le manche était en bois !!!!

Or, à l’époque les hampes n’étaient pas réglementées comme aujourd’hui, et cela était particulièrement abusif ! Nous étions plusieurs à intervenir auprès du gentil CRS pour qu’il restitue la bandera, lorsque le flic haineux jeta le drapeau comme un javelot sur la… pelouse !! C’est alors que le bleu en question, qui était âgé d’une trentaine d’années péta un cable et cria : « Mon drapeau que j’avais à depuis 10 ans ! Mon drapeau que j’avis depuis 10 ANS !!!!!! ». Lisant dans mes pensées, ce type, que je n’ai plus jamais revu ensuite, prit le flic par les épaules et lui expédia une majestueuse CAPATA !!!

Le flic s’écroula, nous pénétrâmes en force, et commençâmes à nous installer. Je remerciai chaleureusement le bleu qui s’était chargé de mon sac et sortit la banderole pour l’appicciguer au grillage. Seulement j’eus des difficulté car ce dernier, sur toute la longueur de la tribune, était saturé de types qui essayaient d’en faire de même !!!! On assistait d’ailleurs à de byzantines discussions entre Cuncoltaghji et partisans du MPA qui avaient chacun entendu signifier le soutien de leur tendance au Sporting par banderole interposées !! Idem pour les paisani des villages du Fiumorbu, du Nebbiu et du Niolu, pour ceux du  » Bar Machin  » !! Une fois ce travail effectué, il fallut se retrouver entre amis, car dans la bousculade tout le monde s’était perdu de vue. Nous pûmes constater d’ailleurs que les etudiants corses de Nice ne se trouvaient pas avec nous, mais en plein coeur de la mythique tribune Nord, entourés de Niçois !! Le stade est maintenant quasiment plein, et c’est la fièvre généralisée.

Immédiatement nous entreprenons de marquer le territoire : les premières bombes agricoles sont lancées sur les supporters de la Brigade Sud Nice, les drapeaux s’agitent, et les chants commençent à partir. Tout le monde donne de la voix en attendant l’échauffement des joueurs, lorsqu’un bleu (avec un bandeau sur le front) complètement « trapanatu » enjambe le grillage, saute bandera en main sur la pelouse, et commence à entamer un tour d’honneur !!!!!! Il commence son sprint scimitu sous nos encouragements, reçois aussi ceux de la Nord (corses de Nice), se fait ensuite copieusement siffler par la Tribune d’honneur, et enfin passe devant la Tribune Sud où les  » ultras  » niçois, passablement énervés et vexés de s’être faits bouger par nos bombes agricoles, l’attendent de pied ferme ! Alors que j’étais en train dire à mon voisin  » si ils veulent sauter eux aussi pour le tazzer on y va « , le furieux du Sporting (sûrement un habitué de la EST) se précipite vers le tribune Sud et commence à frapper comme un malade sur les faccie des niçois appicigués au grillage !!!

Tout le monde chez nous hurle de bonheur en criant  » Bastia ! « , lorsque des espèces de vigiles de la sécurité du stade, habillés en survet bleu et taillés comme des Rambos, envisagent de s’emparer de ce nouveau Jojo Petrignani !! Habilement prévenu par nos cris animaliers, ce scimulitu, les bras levés en signe de victoire, se précipite vers notre tribune, et comme un ouistiti palmé réussit à échapper aux mollosses ! A la fois morts de rire et fiers de lui, nous reprenons à gorge déployée nos chants, lorsque les joueurs pénètrent enfin sur la pelouse pour l’echauffement !!!!

D’emblée, les joueurs du Sporting, qui aperçoivent notre tribune et la marée de drapeaux bleus et blancs, nous saluent. Antoine Di Fraya dira par la suite qu’il avait été franchement impressionné par notre nombre et notre ferveur.

Les niçois se placent à notre gauche, et commencent à trottiner, en se tenant à distance respectable des scimuliti bleus les plus proches d’eux. Tout le monde chez nous commence à monter en puissance, en veillant toutefois à ne pas trop se carboniser d’entrée, parce qu’on sait que le match va être long et éprouvant (pour ma part à ce moment je me paye déjà un sérieux mal de crâne (barre au front) qui est le signe avancé de la plus parfaite sbattulance).

L’échauffement se poursuit sans que rien de notable ne se produise, lorsqu’un ballon un peu trop appuyé par un niçois se dirige vers le grillage des bastiais les plus proches du poteau de corner. Immédiatement on perçoit un petit mouvement de foule de ce côté là, où se trouvent quelques animaux venus de l’Extrême-Sud (Portivechju plus spécialement). Inconscient du danger le capitaine niçois, l’arrière-gauche Philippe MATTIO, feint d’ignorer les immanquables quolibets, et se dirige vers le ballon, lorsque nous voyons partir de la tribune un petit objet à la forme ovoïde, qui rebondit deux fois sur la pelouse, avant de se coller au cuir. Quelques profanes se demandent de quoi il peut s’agir, alors que les yeux les plus avertis ont instantanément décelé une de nos fameuses Bombes agricoles !!!!

Seulement l’autre buse de capitaine ne l’a pas vue, et il s’apprête à mettre un calciu dans le ballon ! Je retiens mon souffle en craignant le pire, lorsque le bruit de la détonation nous parvient. Alors que ceux qui n’ont rien vu crient « Olé !! », en croyant à une B.A isolée, on perçoit le petit nuage de fumée classique qui accompagne l’explosion, et surtout le mocciu incarné de Mattio s’écrouler comme une bouse sur la pelouse !!!!

Tout le stade se tourne alors vers l’explosion, et un grand froid gagne notre tribune, car le Mattio est toujours  » leccu  » sur la pelouse. Certains crient déjà au comédien, mais après l’arrivée des premiers secours, on se rend compte que le niçois est purement et proprement dans les pommes !!!

C’est alors que le spectre du match perdu sur tapis vert saisit d’angoisse la marmaille bleue, qui n’en mène pas large. Les plus pessimistes (toujours les mêmes, ceux qui à 3-0 ont toujours peur qu’on se fasse remonter) y vont de leur couplet « Stu colpu simu freschi » et autres « L’avemu da piglià in culu », ce qui a le don d’irriter les inconscients (type : plastiqueurs de Postes et de Caisses d’Epargne) qui ne voient aucun mal dans cette sympathique démonstration pyrotechnique.

Quoiqu’il en soit le capatoghju est toujours présent, et on se demande si ce match, qui partait si bien, n’allait pas définitivement tourner en eau de boudin. Fort heureusement non, car au bout de quelques minutes, Mattio se revèle, et est même acclamé par une partie des bleus !!! (reconnaissons que parfois on fait une belle petite bande de falzacci, non?). C’est donc soulagés que nous assistons à la fin de l’échauffement. Les bleus regagnent les vestiaires sous nos vivats.

Pendant ce temps, les niçois de la BSN sont vexés comme des poux. Et pour cause : ils ont assisté depuis le matin au déferlement turchinu dans leurs rues, ils sont mis en minorité dans leur propre stade (30 % minimum du public est bleu, et inutile de dire qu’ils sont submergés au niveau de l’ambiance), se sont reçus une bonne palanquée de bombes agricoles dans la tronche, et cerise sur le gâteau, leur capitaine vient d’être violemment scuzzulé et a dû rapatrié sur le bord de touche comme une figue molle de la Ruche Foncière.

Ainsi font leur apparition dans la Tribune Sud quelques drapeaux tricolores, qui font mauvais genre avec le pseudo-particularisme régional niçois (dont le comté a été intégré à la République après nous). Immédiatement une nuée de drapeaux frappés du clandestin agenouillé s’agitent aux quatre coins du secteur bleu, et la grosse pression commence à se répandre.

Alors que les 22 acteurs sont dans le tunnel, on franchit un nouveau pallier, et une séquence mémorable va bientôt se produire. Pendant que résonnent les  » Bastia, Bastia « , et que les premiers fumigènes comment à être décapsulés, les rouges et noirs commencent à exhiber une grande banderole :  » SI LA MERDE ETAIT DE L’OR, LA CORSE EST UN TRESOR  » (avec concordance de temps déféctueuse en prime), le tout agrémenté d’une Marseillaise dont on sent qu’elle n’a pas été souvent reprise jusqu’ici (fierté française et présence de banlieusards obligent).

De notre côté, après un moment de stupeur, c’est la craquance généralisée qui s’installe : alors que l’hymne gaulois est entonné, se produit une réaction en deux temps : dans le coin des porto-vecchiais 3 bombes agricoles sont lancées, qui explosent en plein milieu des niçois, qui détalent comme des lapins de la forêt de Bonifatu, ce qui laisse admirer trois énormes gouffres béants à l’endroit exact des déflagrations ! Mieux encore (moment magique) et alors que personne ne s’était concerté, 3000 poitrines à l’unisson se lancent dans une série impressionnante de « FLN! FLN! » comme on en a jamais entendu !!!! Quelle n’est pas de surcroît notre stupéfaction à la vue de clanistes purs et durs (c’est à dire limite C.F.R) en hystérie totale !!! Pour un peu, on leur aurait demandé d’aller prendre d’assaut le camp de Légion à calvi, ils y seraient allés à la nage, ces animaux -là !! La scimità et le patriotisme spontané dans toute leur splendeur ce soir là…

C’est dans cette ambiance apocalyptique et tri-dimensionnelle ( re-barre au front pour tout le monde) que les joueurs bleus, menés par Pierrot Bianconi, déboulent sur la pelouse, dans un incendie de fumigènes…

Alors que le coup d’envoi va être donné, on assiste à quelques petites échauffourées dans la tribune d’honneur en face de nous. Visiblement se trouvent là-bas des petits groupes de bleus qui doivent disserter de la fraternité franco-corse sans langue de bois.

Les joueurs sont enfin liberés dans l’ambiance que l’on devine et le Sporting se présente ainsi (si je me souviens bien) : Valencony, Bianconi, Salou, Burnier, Soumah, Taberner, Faye, Di Fraya, Rzepka, Mangione, Bourabaa.

D’emblée le sporting est à l’attaque, mais les niçois ripostent. On joue la 10ème minute lorsque le Sporting se voit attribuer un corner juste dans le coin droit de notre tribune. Antoine di Fraya le frappe, le ballon traverse une foret de jambes, et va se ficher dans le coin droit du but niçois !!! Tout le monde exulte, devant ce magnifique corner direct, lorsque l’arbitre, après maints palabres, annule le but pour un prétendu hors-jeu !!! Inutile de s’attarder sur les noms d’oiseaux dont il est aussitôt affublé….

Mais le Sporting ne se décourage pas et repart à l’attaque. A la suite d’une faute sur Mangione, l’homme en noir tente de se rattraper et nous siffle le penalty !! Explosion de joie dans nos rangs, immédiatement douchée à la vue du gros Piotr RZEPKA qui s’avance pour tirer. De son pas lent qui ne laisse pas sans évoquer le sprint de Mohamed Ali lors de la cérémonie d’ouverture des J.O d’Atlanta, ce quasi-albinos, se prépare, ouvre son pied et trompe le portier adverse !!! 1-0 pour Bastia alors qu’un gros du rang au-dessus s’affale sur moi et que je sbattule sur un type barbu avec un parapluie sur la tête aux couleurs du Sporting !!

Ensuite, la partie s’équilibre, et nous avons la confirmation que le match va être une vraie straziata. Les incidents de jeu ne manquent pas (avec un Pierrot plus bianconesque que jamais) et la mi-temps est sifflée sur le même score, qui nous remplit de satisfaction.

Tout le monde se repose un peu chez nous en prévision de la rude 2ème mi-temps, lorsqu’ on aperçoit un petit groupe de niçois de la Brigade Sud (je vous laisse deviner quelle composante…) s’avancer à l’angle gauche de la tribune pour venger les affronts subis jusque là. Ils tombent sur la même bande de surexcités de Portivechju que tout à l’heure, renforcés d’éléments disparates provenant du reste de la tribune. Certains niçois exhibent des couteaux (!!!) et n’ont pour toute réponse que quelques déchainés qui tentent de passer le grillage mozzu pour en découdre. Comme l’on voit venir vers ce lieu de désordre les sympathiques forces de l’ordre (renforcées par les vigiles en bleu taillés comme des Rambo qui avaient coursé le scimulitu de l’avant-match), on comprend qu’il ne sert à rien de tenter un assaut voué à l’échec. Toutefois, afin de se retirer dignement, les bleus font cadeau de quelques petites bombes agricoles qui explosent dans un joli bruit de fond, ce qui a le don de crisper un peu plus nos amis azuréens qui nous promettent l’enfer à la fin du match (ben voyons…).

Les joueurs reviennent, et le match reprend. Inutile de s’attarder longuement sur la deuxième mi-temps, ce fut une SOUFFRANCE de bout en bout. Chaque bleu passe à tour de rôle par toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, et le paroxysme de l’adrénaline est atteint lorsqu’un niçois lancé plein axe s’échappe avec le ballon, grille les deux défenseurs venus sur lui, et s’apprete à penetrer dans la surface pour un face à face plus que dangereux avec Valencony. Les sorties dans les pieds n’etant pas le fort de notre goal (il excellait par contre sur sa ligne), tous sommes tétanisés, lorsque l’eternel Morlaye SOUMAH, revenu d’on ne sait où, lui inflige un magistral tacle par derrière qui envoie sbouler le nicois à l’interieur de la surface. Moment atroce, on ne sait pas si l’arbitre va siffler le penalty (de compensation) ET / OU expulser Morlaye, lorsque le brave homme ne sort qu’un misérable carton jaune pour notre guinéen.

La Vierge Marie, dont je rappelle que nous portons les couleurs, est intensément remerciée, et je jure dans l’instant de ne plus manquer aucun office (saoul ou pas) le dimanche matin à Notre-Dame de Lourdes.

La toute fin de match est du même calibre : les nicois sont plus qu’une fois proches du but, et leur public en bois se reveille de plus en plus. Ambiance, ambiance…

Les arrêts de jeu sont interminables, et le mauvais pressentiment nous etrangle, lorsque la fin du match est sifflée, dans le délire que l’on imagine !!!

Comme des centaines de bleus je me précipite au grillage dans l’idée d’envahir le terrain pour feliciter les joueurs bleus, et notamment Pierrot Bianconi, qui se dirige vers notre banderole. Quelques bleus arrivent à pénétrer sur le terrain, dont un qui vient du secteur des étudiants corses de Nice situé en tribune Nord. Alors que je suis en passe d’atteindre mon but, je suis violemment frappé sur les mains par un CRS qui avec sa compagnie s’est rué vers nous pour nous empecher d’aller fêter la victoire. Pire : le bleu de Nice, qui vient de récuperer le maillot bleu de Bianconi est rattrapé alors qu’il s’apprete à rejoindre son secteur, et ROUE de coups par un policier. C’est alors que Petru Bianconi, alerté par nos soins se lance dans son fameux sprint scimitu et balance un terrible tackle dans le dos de cette ordure, qui sera rapatrié sur civière (+ plus de 15 jours d’I.T.T qui feront craindre un moment pour la participation de Petru au ¼ de finale contre Nancy à Furiani.)

Apres un ultime salut aux joueurs et aux dirigeants de l’époque (1000 fois plus proches des supporters que l’equipe actuelle…), et le temps de récuperer nos banderoles, il est maintenant temps de se plonger dans la nuit niçoise afin de savourer notre victoire. Inutile de dire qu’on débache en quatrième vitesse, car rapidement le bruit des premiers incidents nous parvient. On croyait que ça allait être chaud, mais en fait c’est plus que chaud : on apprend que c’est WAR ZONE dans tout le quartier du Stade du Ray, et il n’est pas question pour nous de ne pas en être….

Aussitôt sortis de la tribune, nous assistons à des scènes de liesse, lors de lesquelles on voit des bleus se rouler dans la pelouse des jardins environnants, et même un (sûrement en manque) en train de copuler avec un cyprès en poussant des cris !!! C’est aussi le moment où on aperçoit des amis qui étaient là mais qu’on avait pas vu : embrassades, projets d’escouade pour aller chasser la racaille niçoise, et aussi rendez-vous plus tard dans la nuit pour parachever le succès par une bonne petite sborgna…

Seulement ces accolades font perdre un temps précieux, parce que dans les avenues proches du stade, ça a déjà péter de tous les côtés. N’ayant pas la prétention se savoir tout ce qui s’est passé ce soir-là, je ne vais parler que de ce que sais de source sûre.

Première surprise : le dispositif policier énorme mis en place dans l’avenue qui relie la tribune des ultras niçois à la notre, a été relâché pour faire place aux innombrables navettes de cars de la Ligne 2 des Transports Urbains qui doit ramener les bleus au port où le bâteau les attend.

Le premier azzuffu est à mettre sur le compte d’un groupuscule venu de Bastia , et qui formera plus tard le noyau dur de Testa Mora : à peine sortis dans l’avenue, ces derniers aperçoivent un enfant d’une dizaine d’année en train de pleurer. Ils lui demandent pourquoi, et le petit explique qu’il est isolé, et que des niçois en colère lui ont déchiré sa bandera corsa, dont il ne reste que des lambeaux. Il explique aussi que les auteurs de cet acte déplorable ne se trouvent pas loin, et il les désigne du doigt. Aussitôt les bleus les prennent en chasse, les coincent dans une impasse du quartier résidentiel voisin, et leur administrent une sévère correction. ils en profitent pour récuperer la bandera, qu’ils rendent au gosse qui vient de retrouver son père et qui est ravi.

Dans le même temps, ce sont des bleus en directe provenance des Collines de Casatorra qui sont aux prises avec les niçois qu’ils viennent de croiser. Cette équipe, pour l’essentiel licenciée à l’AJB, se caractérisait par leur grande solidarité et leur scimità. Alors que les niçois insultent, ça part de tous les côtés, sans préavis. Aux premières loges on trouve, l’actuel portier d’une boite de nuit à la mode du sud de Bastia. Résultat des courses : les niçois, roués de coups de drapeaux et autres moyens classiques, sont en déroute. Certains animaux de ce groupuscule arborerons ensuite en Tribune Ouest une grande bandera sur laquelle on remarquait des traces de sang accompagnées de la légende suivante :  » Sang Niçois  » !!!

De l’autre côté du stade, ça bouge pas mal aussi, et c’est d’ailleurs là que va se produire le plus gros incident de la soirée. Là les bleus sont beaucoup moins nombreux, car la plupart de ceux que l’on croise sont ceux venus en voiture particulière, et qui ont envisagé de passer la soirée sur Nice. C’est notamment le cas d’une bonne escadrille venue de Solenzara, que j’ai croisé quelques minutes auparavant avec force embrassades.

Au moment où ces fatigués approchent de leur véhicule, ils sont pris à partie par des supporters niçois qui se trouvent dans un car bondé des transports urbains. Les insultes sur la bâtardise de la corsitude fusent, et les courageux niçois se croyant à l’abri, menacent de descendre du car. C’est alors que les Fiumurbacci, nullement impressionnés, se mettent sbattuler : plutôt que d’attendre avec appréhension une éventuelle descente, ils décident de prendre les devants et de passer à l’attaque !! Le conducteur se dirige vers son véhicule, ouvre lecoffre, et distribue à ses comparses 3 barres de fer !! Au lieu de menacer eux aussi, ils se mettent aussitôt à courir vers le car, sous le regard tétanisé des pinz !!! Or, la tétanisation ne tarde pas à se transformer en effroi, car en deux coups de cuillières à pot toutes les vitres du car sont purement atomisées par les furieux solenzarais en transes !!

Alertés par le raffut (avenue bloquée) les CRS accourrent et se jettent sur les bleus, qui après avoir tenté une retraite, sont neutralisés. Résultat des courses : 4 individus sur-le-champ en garde à vue dans les sols du Comissariat Central, et mise en examen immédiate pour coups, blessures, et dégradations !!!! Quelques mois plus tard le verdict tombe : 6 mois de prison avec sursis pour les protagonistes !!

Il y aurait encore beaucoup à dire sur les événements de cette soirée (par exemple la bagarre à laquelle j’ai été mêlé au carrefour de Saint-Sylvestre est trop minable pour en faire état). Precisons toutefois le dernier incident important qui a touché cette fois un supporter du Sporting, et qui illustre le courage légendaire des niçois : alors que les navettes se succédaient vers le port, une canette de bière pleine jetée depuis un bar proche du stade traversa la vitre du car, et atteignit en plein visage un bleu d’une quarantaine d’années, qui eut le nez arraché. Sa blessure necessita par la suite plusieurs interventions chirurgicales.

Voilà pour se déplacement mythique, qui aurait pu l’être encore bien plus si les tristes sires niçois avaient joué le jeu. Esperons simplement que les bleus un jour se décidéront à réagir, afin que ces faits d’armes n’aient pas vocation à n’etre que de l’histoire ancienne et surtout révolue…

ERI, OGHJE, DUMANE

FORZA BASTIA

PZD

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