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Le Livre blanc
Per a Nazione Corsa

LIVRE BLANCDans les années 80, le FLNC abandonne la revendication indépendantiste qui était la sienne depuis 1976. Le livre blanc, était le livre de base de réflexion du Front. Le FLNC se structure dans les années 80, pour occuper le terrain politique, il met donc en œuvre un livre blanc qui pose les bases de la Lutte de Libération Nationale sur un triptyque de lutte : La Lutte de masse, la lutte Armée, la lutte institutionnelle. Le front préconise une stratégie d’autodétermination en mettant en place des contre-pouvoirs qui deviendront par la suite de véritables structures politiques, ou syndicales comme le STC.

Il s’agit donc là de vous proposer la lecture d’un document vieux de 25 ans. De comprendre la Lutte de Libération Nationale des années 80. Ce livre blanc a eu depuis 20 ans, quelques modifications qui sont disponibles dans le livre de Pierre Poggioli « Derrière les cagoules ».

Voici son sommaire :

SUNTA

Conférence de presse (1/4/81)
     Introduction et analyse de la situation
     A Le Colonialisme
     B Les forces politiques traditionnelles
     C Le réformisme
     D Le Peuple Corse
     E Le FLNC
     Conjoncture
     Conclusion
Communiqué de presse (13/5/81)
     Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes
     Introduction : Un contexte nouveau
     Première partie
     Les dangers immédiats…
     Le Jeu électoral
     Le statut particulier
     Deuxième partie
     Les perspectives
     Le FLNC
     Stratégie à court et moyen terme
     Conclusion

Historique
     Notre pays est occupé depuis deux siècles
     Avec Pasquale Paoli notre pays a été indépendant
     Organisation du mouvement
     Organisation générale pour une réelle indépendance
    

I CUSTATU

1 Constat économique et social
     Agriculture
     Tourisme
     Industrie
     Pêche
     Artisanat
     Commerce
     Transport
     Finances
     Energie
     Social
     Santé
     Démographie
     Environnement
    
2 Constat politique
     Situation politique    

3 Constat culturel

Conclusion

II A LOTTA DI LIBERAZIONE NAZIUNALE

I) Bases fondamentales de Libération Nationale
     Identité culturelle
     Affirmation des droits nationaux
     Unité Nationale
II) Développement de la Lutte de Libération Nationale
     Création de contre-pouvoir
     Lutte dans différents secteurs
     Moyens

III ANNEXE

Annexe

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Conférence de presse (1/4/81)

Introduction et analyse de la situation

A) Le Colonialisme
B) Les forces politiques traditionnelles
C) Le réformisme
D) Le Peuple Corse
E Le FLNC

Conjoncture

A) les hypothèses
B) La Réalité

Conclusion

CONFERENCE DE PRESSE : 1/4/81

Introduction

26-1-80, 14-1-80. 30 000 Corses dans la rue pour demander la libération des patriotes incarcérés pour violences contre l’Etat Français ?  C’est aujourd’hui la donnée essentielle d’une réalité que d’aucuns cherchent par tous les moyens à camoufler : c’est une véritable conspiration du silence que tous les partis français prenant le relai du pourvoir s’emploient à favoriser et cela dans une seul but : nier la réalité de la lutte de libération nationale et l’enracinement populaire du FLNC.

 Analyse de la situation

A / Le colonialisme

Il poursuit son œuvre dévastatrice. Le bilan catastrophique de la colonisation est vite fait : agriculture, tourisme, industrie, commerce, emploi, culture, répression… les chiffres parlent d’eux-mêmes. Notre journal spécial Ribellu est clair. Ces chiffres et ce constat sont suffisamment repris, même par « l’opposition » pour qu’il soit nécessaire de les répéter. Nous ferons simplement remarqués que si ces différents constats sont identique, les causes ne sont pas les mêmes pour tous. « L’opposition » nie le fait colonial et c’est logique car elle ne veut pas reconnaitre la nécessité de la Lutte de Libération Nationale. De toute façon la gauche française ne reprend a son compte que contrainte et forcée, sous peine de perdre toute crédibilité, un certain nombre de données tout en les vidant auparavant de leur véritable contenue ; Elle évite ainsi le fond du problème et les conséquences qui en découlent. Ignorer par exemple le problème démographique qui conduit au génocide de notre peuple, sous prétexte d’antiracisme, est significatif de cette attitude. Comment peut on défendre un peuple lorsqu’on ni sa minorisation ?

La répression sévit sous toutes  ses formes (intimidations, perquisitions, interpellations, déportations, assassinats..) partout les suspects de la sympathie nationaliste sont surveillés dans leurs moindres faits et gestes, et soumis a toutes sortes de pressions. L’accès aux administrations, concours, emplois, est trié. Le rapatriement de certains Corses est bloqué. Même les élus sont suspectés (écoutes téléphoniques au conseil général). L’arsenal répressif s’étoffe chaque jour : la Cour de sureté de l’Etat siège en permanence, relayée par les tribunaux de droit commun (que certains disent « populaires »).

Occupation Militaire année 80 - document flnc.unita-naziunale.org
Occupation Militaire année 80 – document flnc.unita-naziunale.org

Les récentes condamnations pour quelques jets de pierres ou la possession d’un simple détonateur (3 ans de prison) prouvent les limites de certains mots d’ordre (suppression de la Cour de sureté de l’Etat). La justice en Corse est aux mains des clans (déclaration du procureur Guilloux lui-même) et croire en sa « démocratie » est illusoire. LE, quadrillage militaire de notre pays se poursuit : 14 nouvelles gendarmeries (que Giaccobi présente comme une amorce de solution à la désertification de l’intérieur) vont compléter ce quadrillage et faciliter le fichage et la répression de notre peuple. L’appareil c’est :

–          1300 gendarmes

–          500 gardes mobiles

–          700 policiers

–          300 CRS

–          Les barbouzes et les servies parallèles (DST, SDECCE)

–          L’armée – 6000 hommes – qui multiplie les manœuvres.

La légion qui a déjà participé camouflée à des opérations de maintien de l’ordre (Aleria, Bastia, Bastelica) et participe à de nombreuses opérations de surveillance. Elle est prête à intervenir officiellement en cas d’aggravation de la situation.

Ce potentiel peut être multiplié par pont aérien

Parallèlement les allogènes affluent, le chômage atteint 9 000 corses (surtout jeunes et femmes). 3000 corses s’exilent tous les ans. Les clans perpétuent leur chantage grâce aux escroqueries des emplois « contrats formation et préformation » ou autres combines et spéculent sur la misère et le désarroi de la jeunesse corse. C’est là-dessus que survivent les clans, maintenant notre peuple dans la soumission (violation de la législation du travail, mépris des conventions collectives, pressions, travail au noir, conditions de travail déplorables) avec la complaisance de l’administration (la corruption règne)

L’intérieur est mourant : le peuple corse s’exile ou se regroupe dans les villes HLM (Lupinu, Salines)

Le tourisme a subi cette année un premier effondrement : les miettes ne suffisent plus. Seuls les camps camouflés sous les appellations « à vocation sociale » (PTT, VVF…) ou autres, construits avec l’argent des contribuables corses ou leur épargne et les trusts internationaux profitent du tout-tourisme : pour les corses, les miettes et quelques emplois de larbins.

L’agriculture s’effondre, l’endettement est la seule solution (les crédits vont aux gros) la concurrence européenne fait le reste. La SAFER n’est qu’une arme à double tranchant car quelques solutions individuelles ne résolvent rien et risquent d’attiser les divisions. Seule une solution globale peut éviter cela.

La politique culturelle se résume à une université inadaptée qui ‘en finit plus de se mettre en place, à une maison de la culture qui censure les auteurs corses au profit des œuvres françaises.

A une charte culturelle vide de tout contenu, un enseignement du corse qui ne subsiste que par le bénévolat…

–          Le Vazziu illustre le peu de cas fait de la volonté populaire. EDF fait ce qu’il veut pourvu que les intérêts des tenants du tout-tourisme soient sauvegardés

–          La CNEXO poursuit son expérience à Pinia malgré l’opposition des pécheurs qui eux sont à la dérive

–          L’industrie est inexistante (bâtiments et travaux publics est au bord du gouffre)

–          Le petit commerce est écrasé par le développement du gigantisme commercial (Corsaire…)

La corse importe tout et n’exporte rien. Tous les secteurs non rentables sont asphyxiés. L’argent ne sert qu’à financer les importations ou est détournée par l’administration et les élus qui profitent de « l’Etat vache à lait ». La continuité territoriale accentue notre dépendance et permet une plus grande pénétration des trusts « à la reconquête du marché intérieur français ».

–          Le chemin de fer est menacé, l’artisanat n’est pas encouragé

–          L’urbanisme est anarchique et antisocial

–          Les mass-médias sont manipulés…

Devant cela, l’heure des constats n’est elle pas dépassée ? Nous laissons le soin de juger de ce que ce bilan aurait été si nous n’existions pas, si à l’oppression coloniale ne s’opposait pas la résistance libératrice d’un peuple.

Combien de projet néfastes n’avons-nous pas empêché (dixit élus eux-mêmes) ? Que serait notre terre sans notre résistance ?

–          Le haut lieu de la décadence, de la pourriture, des monopoles

–          L’Etat français y exploiterait le pétrole, y installerait une base atomique, une centrale nucléaire

–          Les gros capitalistes après avoir acheté s’y vautreraient comme dans l’ile cavallu, les châteaux, les clubs de vacances

–          La corse serait leur résidence secondaire

–          Les multinationales seraient maitresses dans notre pays

–          Les corses y côtoieraient les indiens au musée des peuples exterminés.

B Les forces politiques traditionnelles

La droite (CCB-RPR-UDF). Elle poursuit sa politique béni-oui-oui au pouvoir. Tout ce que le pouvoir fait est encensé. La dénonciation de la contestation, et les appels à la répression sont continuels.

L’approche des élections pose certains problèmes : le RPR s’insurge de la prédominance de l’UDF dans la recherche et l’offre d’emplois à leur clientèle ainsi que dans l’octroi de certains crédits.

Le CCB est partagé ne sachant qui soutenir…

Cependant l’union est sacrée lorsqu’il s’agit de condamner le mouvement corse. La responsabilité de ces gens là est totale.

L’opposition, elle, dénonce le clanisme mais n’en sort pas. Le PCF est invalidé à Bastia par le PS. Le PCF est élu à Bastia grâce au clan Giaccobi. A Calvi, Carlotti du PS soutient Colonna lequel est soutenu par Giaccobi et est l’ami du RPR Pasquini au collectif des élus. Le MRG Alfonsi soutient Colonna et vote Mitterrand, alors que Giaccobi soutient Crépeau.

A Calvi le RPR est élu grâce à la gauche.

Les salades et les alliances contre nature sont le lot de la gauche comme de la droite.

Le MRG. Tantôt à la droite, tantôt à la gauche caractérise les pratiques clanistes présentes dans tous les faits quotidiens. C’est la pulitichella, longtemps appelé, longtemps appelé par Riolacci à rejoindre Giscard (vu son attitude anti nationaliste corse) le clan Giaccobi joue aujourd’hui sur les deux tableaux. Son soutien à Crepeau, qui affaiblit Mitterrand au premier tour, lui laisse le champ libre pour le deuxième tour. Son choix se fera en fonction des chances de la droite ou de la gauche.

Le PCF.  Il poursuit sa politique nationaliste française, adoptant des attitudes de l’extrême droite envie. Il s’attaque aux immigrés tout en nous traitant de racistes, lorsque nous prenons pour cible des français qui sont en corse parmi les plus nantis, protégés qu’ils sont par la « paix française » qui vise au génocide de notre peuple. Il poursuit avec haine ses attaques incessantes contre le FLNC, reprenant les calomnies du pouvoir. Certains n’affirment t ils pas que pour la préparation du fameux 9 septembre 1977, Riolacci ayant convoqué tous les élus (conseil général) pour leur demander de cautionner politiquement les tenants de la Corse Française (les barbouzes), seul le Maire de Corti quitta la salle, le Maire de Sartè y demeurant jusqu’au bout avec d’autres « élus de gauche » ; remarquons que ce dernier s’était déjà signalé en défendant la base de Solenzara avant le raid de Kolwezi et en accueillant Giscard alors que la répression sévissait. Au niveau international, le PCF poursuit sa politique d’inféodation à Moscou, approuvant l’envahissement de l’Afghanistan « au nom du droits des peuples à disposer d’eux-mêmes ». Lors de la préparation de la manifestation du 14 janvier 1981 le PCF a essayé en vain de faire passer la condamnation du FLNC (avec la ligue des droits de l’homme) en préalable à toute mobilisation.

Le PS. L’éventualité d’une victoire électorale leur a permis un regain d’activité qui s’est surtout traduit par un constant appel aux nationalistes. Par la Ligue des droits de l’homme interposée, ce parti a tenté une OPA sur le mouvement national, considérant celui-ci dans l’impasse en utilisant le désarroi des familles de patriotes sur le thème de l’amnistie, il a en fait tenté la mise en place d’un front d’organisations démocratiques antiviolence pour marginaliser la lutte de libération nationale et le FLNC. Les derniers résultats électoraux ramènent les choses a leur juste valeur (Bastia, Calvi, sénatoriales…) leur manœuvre a échoué car le peuple n’est pas dupe. Le PS promet m’amnistie et prône le statut spécial dans le seul but de marginaliser U Fronte. Mais comment ne pas remarquer le manque d’unité de ce parti corse, le Sud ignore quasiment le statut, le Nord représente peu de choses (n’oublions pas que Giaccobi, responsable de la campagne Mitterrand en 1974 est opposé au statut). Le grave problème culturel est abordé sous l’angle du fait national corse par le Nord et expliqué différemment par le Sud (Culture Corse Français + Immigrés = melting-pot culturel)

 C Le réformisme

L’UPC. Les dernières péripéties du procès Bastelica ont définitivement situé ce mouvement. Après une tentative de négociation avec le pouvoir UDF (entrainant une dure réaction du RPR au conseil régional) sur la base de la libération des prisonniers de Bastelica, les dirigeants ont opté pour la gauche française. Cette négociation ne pouvait qu’échouer, le pouvoir étant piégé car libérer ceux de Bastelica impliquait la reconnaissance des barbouzes et donc le désaveu de Riolacci.

La logique coloniale a donc joué.  L’espoir d’une troisième force entre nous et les tenants du statu quo étant balayé provisoirement avec Giscard, les dirigeants de l’UPC ont donc changé leur fusil d’épaule.

L’arrivée de 1a gauche au pouvoir leur permettrait d’envisager la formation d’un front d’organisations démocratiques anti-FLNC, afin de pouvoir s’élargir et d’éviter ainsi l’éclatement. Les « tenants de la Corse au-dessus des partis » se trouvent ainsi, bon gré mal gré, récupérés par un système qu’ils ont soit disant toujours combattu.

La crise qui sépare une direction au comportement en dents de scie d’une base sincère et voulant aller de l’avant, est suffisamment visible et significative de l’ambigüité de leurs choix pour que nous insistions la dessus

 D Le peuple Corse

Les  peuples évoluent, mais ils évoluent lentement. Croire qu’un peuple se soulève un jour d’un seul coup est une erreur. Les peuples  suivent de lentes évolutions, de longues phases d’apathie et de fermentation. S’ils donnent parfois l’impression de tout renverser spontanément, c’est une fausse impression (Aleria, Bastia, Bastelica Fesch) en fait cela n’est autre que l’aboutissement d’une longue et nécessaire maturation.

Notre peuple, aujourd’hui, même s’il ne le traduit pas toujours en termes politiques, ressent le fait colonial et affirme  de plus en plus son identité nationale. Bien que niée par les circuits politiques français, la question nationale Corse est aujourd’hui posée et seule la lutte de décolonisation nationale qu’a engagé  notre Peuple s’inscrit dans le processus de décolonisation de ces dernières décennies. L’histoire de ces luttes nous enseigne que le colonialisme n`a jamais cédé facilement. Sa logique face aux mouvements de libération est de s’y opposer par tous les moyens. Les condamnations de nos frères ne sont qu’une des multiples facettes de l’arsenal répressif utilisé contre notre peuple.

Face a l’intransigeance du colonialisme et à sa logique, le peuple sait aujourd’hui que l’affrontement avec lui est inévitable et qu’il faut se donner les moyens de combattre l’oppression. C’est pour cela qu’il se reconnait dans le FLNC.

 E. Le FLNC

Le FLNC est la seule force politique offrant des perspectives d’avenir à notre peuple et lui donnant les moyens nécessaires sort combat. C’est un instrument que chacun, conscient de l’enjeu, se doit de rejoindre afin de participer a la construction  d’un outil de moins en moins imparfait au service du peuple Corse en lutte. Le FLNC est aujourd’hui porteur de l’expression la plus consciente de la destiné de notre peuple Il est l’avant-garde et le moyen. Notre popularité et notre enracinement sont une réalité que personne ne peu nier malgré les campagnes d’intoxication et de mensonges orchestrées par le pouvoir et les appareils des partis français.

Même si le peuple ne comprend pas toujours nos actions, il ne nous rejette pas. Nous sommes
parfois trop en avant mais jamais en dehors de notre peuple.

U Fronte  incarne une aspiration profondément nationale et populaire. II est véritablement la seule structure politique dans laquelle se reconnait notre peuple qui a pris conscience de la menace de disparition qui le guette sur sa propre terre. II en est le stimulateur et défenseur : « Un semu piu in de noi »  ce n’est pas nous qui l’avons inventé c’est une expression populaire. Notre popularité se concrétise dans nos militants. Notre mouvement s’enracine dans les forces vives les plus productrices de noire peuple (la répression en témoigne).

Notre popularité se concrétise aussi dans nos moyens et le choix de nos objectifs. La violence, même si moralement condamnable, n’est pas impopulaire contrairement aux communiqués quotidiens qui martèlent l’opinion. Ces condamnations, même si parfois nous commettons des erreurs sur les personnes ou des erreurs techniques, ne viennent en fait que des médias contrôlés par le pouvoir ou des appareils de partis, condamnations d’ailleurs que la base de ces partis n’approuve pas.

Un Corse en danger se défend. La Corse menacée se défend. Face au danger de disparition la réaction violente de notre peuple est historique et authentiquement Corse.

Si le problème corse existe, chacun le reconnait, il n’y a de réaction logique pour notre peuple que celle-ci. De même, le mot d’ordre IFF que nous avançons, décriée par tous les appareils de partis ou les medias est profondément populaire.

Si les appareils de partis ou les médias ne savent pas déterminer le clivage Corse-Français, notre peuple dans sa conscience de peuple, même si cela ne se traduit pas en revendication

Politique, sait très bien qui est Corse, qui ne l’est  pas : « U ghjunghjticciu Francese o no, sara sempre un ghjunghjticciu »

Bien que la dénonciation de la colonisation de peuplement soit une priorité pour nous (génocide par substitution) nous n’oublions pas pour autant le rôle économique, social, politique, culturel et répressif que certains Corses jouent contre les intérêts de notre peuple.

Chacun a quelque niveau que ce soit, doit des à présent en être conscient. Entre les intérêts du colonialisme et ceux de notre peuple, le choix s’impose pour eux.

La violence du peuple corse est légitime, elle s’inscrit dans un processus de résistance séculaire face à l’envahisseur. Les médias tentent par un amalgame constant de nous assimiler aux Brigades rouges ou autres. Ce n’est surement pas a nous de juger ou de condamner ces gens-là. Si ces groupes (Brigades rouges, RAF, GRAPPOS,..) présentent quelques similitudes dans le choix des moyens (guérilla entre autres) leur combat ne peut pas être compare au notre. Nous assimiler à eux, c’est faire abstraction des fondements de la lutte de libération de notre peuple, c’est nier le fait national corse.

Si les medias utilisent de telles manœuvres c’est uniquement pour permettre aux Etats européens d’unifier l’Europe répressive en nous discréditant (tous des terroristes) et criminaliser nos actions (militants – droits communs) en occultant le motif politique (exemple Irlande). On nous taxe de terroristes, mais on oublie que deux fois en un an, 30 000 personnes ont défile pour exiger la libération de ceux que le pouvoir et les appareils politiques traitent de terroristes. Nous ne sommes pas des terroristes, nous sommes des patriotes corses…

Dans le monde, notre solidarité s’exerce envers tous les peuples qui luttent pour leur liberté. En Europe nous nous reconnaissons, par exemple dans la lutte des peuples basques et irlandais.

Le rôle du Front n’est pas de se substituer au peuple corse pour prendre en charge sa libération. Sans contre-pouvoirs populaires, sans prise en main par le peuple lui-même du pouvoir économique et politique, il ne peut y  avoir de libération ;  celle-ci ne peut donc être le fait que du peuple lui-même.

Mais l’histoire a montré, en Corse et ailleurs, que sans direction politique capable de maintenir sans dévier la perspective finale, pour nous c’est la libération nationale, les luttes populaires s’enlisent ou sont détournées par les réformistes. Saul le FLNC peut jouer ce rôle. C’est-à-dire :

–          Faire prendre conscience au peuple de la nécessite de la lutte de libération par un travail de propagande et designer les véritables ennemis.

–          Faire en sorte que le peuple s’organise et prenne en charge, partout ou c’est nécessaire, cette lutte jusqu’à la mise en place de structures de contre-pouvoir a tous les niveaux de la vie économique, politique, sociale et culturelle.

–          Donner à la lutte des perspectives politiques claires, c’est-à-dire a la fois définir des revendications largement mobilisatrices et faire en sorte que la lutte pour ces revendications aboutissent a la lutte pour la libération nationale. Ce sont ces perspectives politiques claires qui permettent à toutes les luttes sectorielles, à toutes les structures de contre-pouvoir de converger pour la prise du pouvoir économique et politique…

–          Frapper militairement le colonialisme partout ou c’est nécessaire pour l’affaiblir et permettre à la lutte du peuple corse de progresser. Mais il serait illusoire de songer faire la guerre a l’Etat français et la gagner. Il faut être conscient que notre victoire sur le colonialisme sera politique. La lutte armée est on élément pour affaiblir l’impérialisme, situer les responsabilités et donner plus d’impact à notre combat sur le plan international, Mais nous savons que seule, elle serait totalement inefficace.

Le Front avance dans le sens de l’histoire de notre pays. II est aujourd’hui la force essentielle de la vie quotidienne.

C’est une réalité incontestable : la nier ou l’occulter est une erreur grave ; la minimiser, la discréditer, la salir n’est que propagande anti-corse. Tenter de marginaliser le Front par la création d’un Front antiviolence, c’est reprendre les tentatives de Riolacci (droite-gauche confondues).- référence déclaration Pieruccicse.

 Conjoncture

Les 26 avril et 10 mai 1981 ont lieu les élections françaises : des urnes sortira le chef de l’Etat français.

Ces élections ne nous concernent pas. Nous appelons a l’abstention car le pouvoir de droite ou de gauche ne lèvera pas l’hypothèque de la domination française sur notre pays les solutions apportées ne pourront que de secours.

 A Les hypothèses

– La droite est réélue

La colonisation et la répression se poursuivent et se renforcent (des professionnelles barbouzes envisagée.) un semblant de statut est peut-être accordé. Une troisième force éliminant les tenants du statu quo discrédité est mise en place pendant que la répression s’accentue contre  le mouvement national.

– La gauche est élue

Les solutions avancées ne sont que sectorielles et électoralistes. La gauche aujourd’hui est condamné a embrayer sur le mouvement national pour ne pas se couper du peuple. Chirac, en déclarant que la répression n’est pas la solution, a le même comportement. Mais la position de la gauche vis-à-vis du mouvement national c’est la condamnation et l’appel a la répression (discours Marchais), d’ailleurs comment peut-on demander la libération de ceux que l’on condamne à chaque attentat. La gauche vis-à-vis du mouvement national ne demande que la « clémence ». Ce n’est pas une solution pour la Corse, car il n’y a pas de solution politique en dehors de la reconnaissance de la réalité nationale corse.

La libération de nos frères est promise ainsi qu’un statut spécial mais le clan Giaccobi ne se prépare-t-il pas a être l’interlocuteur de Mitterrand en Corse ? Il est opposée au statut et a toujours appelé à la répression, tout comme l’ancien député Alfonsi (rappel de sa déclaration du Boeing).

La Cour de sureté de l’Etat est supprimée mais nos « juges naturels » seront-ils plus cléments. Les tribunaux corses seront-ils plus indépendants, plus démocratiques (manifestants d’Aiacciu, reprise des clans REF procureur Guilloux lui même) ; n’est-ce pas le moyen d’occulter !es mobiles politiques surtout au niveau international ? Toutes ces promesses ne nécessitent-elles pas une majorité parlementaire (vote au Parlement…).

 B La réalité

Même en  admettant que le visage du colonialisme change, que les données politiques changent, cela entrainerait il  pour autant un changement dans les rapports de l’Etat colonial avec la lutte de notre peuple.

Toutes ces promesses peuvent-elles résoudre le problème corse ?

Nous disons non car seule la lutte de libération nationale peut sauver notre peuple ;

Ramener la lutte de libération en un problème de violence est un alibi ?

Nous, nous disons que ce n’est pas la violence qui entraine la répression mais la revendication politique avancée ; le problème corse est un problème politique et non militaire ; le problème c’est la remise en cause des liens coloniaux. Quels que soient les moyens employés, la répression du pouvoir de droite ou de gauche s’abattra un jour ou l’autre : un pouvoir de gauche n’accrochera ou ne négociera le droit à l’autodétermination que contraint et forcé.

Pour que la violence cesse et que la paix revienne il faut abattre le colonialisme car la violence c’est l’oppression française.

La lutte de libération nationale mettra fin à l’oppression et a l’exploitation coloniale de la Corse ; elle va bien plus loin qu’une simple modification des institutions. Elle suppose que le peuple corse soit de nouveau maitre chez lui, maitre de son destin économique, politique, social et culturel. Elle suppose qu’il ait récupéré sa terre, ses richesses, la maitrise de ses moyens de commerce et d’échange.

Elle suppose qu’il puisse décider librement, non seulement de ses institutions, mais aussi de ses relations avec les autres pays de la Méditerranée, de ses choix en matière de développement Économique et en matière de société, le tout en fonction de ses besoins et de sa culture.

Le peuple corse ne peut arriver à cela que : 

–         par la reconnaissance de ses droits nationaux

–         la destruction de tous les instruments du colonialisme français (administration, colons, forces d’occupation et de répression)

–         confiscation des grandes propriétés coloniales, des trusts touristiques et annulation de toutes les transactions spéculatives depuis  1962 ;

–         instauration d’un pouvoir populaire et démocratique, expression de la volonté du peuple corse par le suffrage universel réhabilité ;

–         réalisation de la reforme agraire pour assurer les aspirations des paysans, des ouvriers, des intellectuels et débarrasser le pays de routes les formes d’exploitation ;

–         droit à l’autodétermination dont les modalités de déroulement seront définies lors des négociations avec la France.

 Conclusion

Cependant la promesse de libération de nos frères et le choix ambigu de l’UPC ne contribuent guère à la clarification et laissent espérer beaucoup à certains (l’aspect humanitaire jouant un rôle non négligeable).

Aussi pour ne pas donner d’arguments a ceux qui sans arrêt nous accusent de faire le jeu du pouvoir partant du principe que la violence sert ce pouvoir (mais oubliant que le problème est politique et non pas un problème de violence…) et qui en cas de défaite de la gauche ne manqueraient pas de nous en faire porter la responsabilité (élections de 1978) nous avons décidé une suspension de notre activité

Cette trêve démontrera si besoin était encore que la seule solution pour sauver le peuple corse c’est la notre et balayera les illusions réformistes entretenues par certains au détriment de la survie de notre peuple.

Cela implique un désaveu total par avance de tout attentat pouvant être perpétré à dater de demain soir.

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Communiqué de presse (13/5/81)

     Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes

Introduction : Un contexte nouveau

Première partie
Les dangers immédiats…
Le Jeu électoral
Le statut particulier

Deuxième partie
Les perspectives
Le FLNC
Stratégie à court et moyen terme
Conclusion

 

Communiqué 13/5/81

La venue de la Gauche au pouvoir est un grand jour pour le peuple français. Mais elle n’est pour notre peuple avide de liberté qu’illusion et joie précaires.

Nous ne pouvons un instant laisser croire à notre peuple que dans la liste des libertés qu’apportera la gauche au peuple français y figureront aussi les nôtres, car il manquera l’essentiel :

Le droit des peuples a disposer d’eux-mêmes

Le pouvoir colonial français qui nie, étouffe et réprime l’aspiration nationale corse n’a changé que de nature, car Mitterrand, profondément attaché au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, nie ce droit à notre peuple en se camouflant derrière la formule vague du droit a la différence ».

En dehors de la prise en compte de ce droit fondamental, II n’y a pas de solution au problème corse, Le statut particulier à la Sicilienne n’est simplement qu’une reforme régionale administrative très poussées qui esquive le vrai problème.

Face au nouveau pouvoir colonial fidele à la Constitution de 1958, lui aussi profondément attaché l’unité nationale française et hostile a toute expression nationale corse, notre peuple n’a pas d’illusion à se faire quant a la prise en charge par Mitterrand dune véritable solution politique pour notre pays.

La promesse de la libération de nos frères emprisonnés et l’arrêt de toutes les poursuites (qui n’est que justice pour nos frères), qui réjouit à raison notre peuple tout entier, n’est qu’habileté  politique qui laisse croire que la question corse est réglée.

Notre peuple ne doit pas être trompé avec la gauche au pouvoir en France le problème corse reste entier.

Le nouveau pouvoir colonial combattra toute aspiration nationale corse avec ses nouvelles méthodes et ses nouveaux visages, incontestablement mieux armés que la droite pour étouffer et canaliser le mouvement national corse en proposant des solutions sectorielles comme essentielles.

En conséquence nous appelons tous les nationalistes à se mobiliser et a s’organiser dans l’unité pour faire aboutir la revendication nationale corse, seule garantie de la survie de notre peuple menace de disparaitre sur sa terre : pour l’heure, la conclusion de notre conférence demeure valable. Nous expliciterons bientôt notre analyse de la situation et préciserons notre stratégie à venir.

La Corse appartient aux  Corses

C’est notre pays

Nous y avons nos droits

Nous le rappelons
FLNC

INTRODUCTION

Un contexte nouveau

Lors des dernières consultations électorales, le peuple français a manifesté sans équivoque sa volonté de changement, Le FLNC ne peut que se féliciter de cette maturité exprimée par le peuple français. N’en déplaise à certains, le FLNC a toujours considérés le peuple français comme un peuple frère, il ne peut que se réjouir des conquêtes de celui-ci.

Mais le peuple français n’est pas le peuple corse. De cette vérité objective, scientifique, découle le sens profond et fondamental de notre combat. Confondre des deux peuples en une seule entité c’est faire preuve que l’on œuvre pour le colonialisme, consciemment ou inconsciemment. C’est admettre comme naturelle la domination politique de l’Etat français sur notre terre. C’est  légitimer la prépondérance culturelle de la langue et de la civilisation française sur notre identité véritable, sur notre seule nationalité : la nationalité corse. Enfin, c’est accepter sans réagir la mise en coupe réglée de notre pays par le capital.

Au moment ou une partie sincère de notre peuple s’abandonne à la rêverie, nous   devons le mettre en garde, l’empêcher d’emprunter le chemin souvent répété de la crédulité.

Il nous faut un pouvoir corse mettant en place des institutions corses si nous voulons préserver la lutte de libération nationale de toute récupération.

Dans ce contexte, la fraternité avec le peuple français est indispensable mais elle ne saurait être à sens unique : les intérêts des forces populaires corses ne seront pas sacrifies aux intérêts français.

Pour cela, tout doit être mis en œuvre pour reconquérir notre souveraineté nationale. Personne ne nous réintégrera dans nos droits naturels, si nous n’avons pas la volonté d’aboutir: C’est une condition nécessaire à la survie de notre peuple.

Première partie :

Les dangers immédiats…

Nous mettons en garde notre peuple contre certains périls :

L’euphorisme : les problèmes de la Corse ne sont pas réglés, l’identité corse demeure menacée le peuple corse n’a pas recouvré ses droits imprescriptibles. Nous tenons d’ailleurs dire que nous refusons le mot d’ordre de paix civile tel qu’il est partout proclamé, car nous rappelons cette vérité première : seul le colonialisme menace la paix sur notre terre.

Là encore, qu’on ne s’y méprenne pas : nous ne sommes pas contre la paix nous ne sommes pas des partisans inconditionnels de la violence, Bien au contraire, nous aspirons à la paix pour notre peuple. Le peuple corse sait être hospitalier et généreux lorsque ses intérêts vitaux ne sort pas menaces.

Comment pourtant peut-on prétendre parler de retour à la paix civile, alors qu’il n’y a jamais eu de guerre civile on tentation de ce genre ?

L’affrontement entre Corses n’a jamais existé, seuls les colonialistes et leurs relais politiques ou armés ont été ou demeurent nos adversaires : mais notre peuple, toujours  à nos cotes comme nous sommes a ses cotes. Rappelez-vous du piteux échec du 9 septembre 1977.

Le peuple corse, il est en nous-mêmes et nous sommes en lui.

L’entrisme : nous devons mettre également en garde certains militants sincères contre la tentation de l’entrisme dans les structures politiques françaises. Le mouvement populaire corse doit conserver sa dynamique, et sa stratégie propres. Notre peuple ne se sauvera pas par procuration.

Nous lançons donc un appel à toutes les couches de notre peuple pour qu’elles surmontent leurs divisions.

Nous demandons à nos intellectuels de surmonter leurs querelles d’écoles et .leurs académismes.

– L’illusion démocratique : libération des prisonniers politiques ; cette libération camouflée sous des aspects essentiellement juridiques et humanitaires tend à faire croire qu’il n’y aura plus de problème corse quand il n’y aura plus de prisonniers politiques.

En fait, cette libération, c’est la reconnaissance de la légitimité de notre lutte.

De même la volonté de maintien d’une « mini CSE » (selon la déclaration de M Faure, ministre MRG de la Justice) signifie la reconnaissance du problème politique qui demeure sans solution.

Et même si demain la CSE était dissoute, ces contradictions apparentes nombreuses et répétées montrent la perplexité du pouvoir face au problème corse, et nous imposent la plus grande vigilance.

Le jeu électoral

II demeure fausse a cause de l’omniprésence des clans et de leur facilite a s’adapter au nouveau pouvoir (les quatre nouveaux députes ne pourront qu’assurer la permanence d’un système politique éculé). Cependant, les nouveaux visages ne servent qu’à renforcer les vieux visages. De plus, des «  nouveaux visages » sont partie prenante dune structure soumise au centralisme parisien des partis (accords nationaux PS-MRG par exemple. Manœuvres, pressions, magouilles…)

Le jeu électoral actuel ne vise qu’a la distribution de quelques miettes ou petits postes favorisant les appétits individuels. II ne fait rien avancer compte tenu de l’urgence de la situation (dermographie, déculturation), au contraire, il renforce les institutions d’un Etat qui reconnait formellement l’existence du peuple corse, mais qui refuse d’en tirer les conséquences : ses droits nationaux.

Le jeu électoral renforce le pouvoir qui ne tend qu’à réduire la LLN en refusant de poser le véritable problème : la Corse appartient au peuple corse. A quoi sert d’occuper des postes d’élus ou autres, si l’on renforce les structures coloniales et claniques…

Le statut particulier

Le statut particulier ou autre réformette ne peut apparaitre comme une solution au problème corse. Ces demi-mesures, n’entraineront qu’un simple changement institutionnel et, par la, occulteront la dimension de notre lutte. Les liens entre la Corse et la France sont des liens coloniaux les rapports qui existent entre les deux pays ne sont que prédominance et soumission. Ce n’est pas en gérant de telles institutions que l’on mettra en cause cet état de fait.

Nous sommes conscients qu’en elle-même l’indépendance ne lèvera pas forcement l’hypothèque du colonialisme. Les luttes de libération que mènent les peuples de nombreux pays (Afrique noire, Amérique latine, Moyen-Orient…) montrent que si ces pays ont conquis depuis des années leur indépendance institutionnelle, rien de fondamental n’y a changé l’impérialisme y maintient sa domination économique, politique et culturelle.

A ce propos, le FLNC espère que les peuples progressistes sauront imposer à l’impérialisme la négociation Sud/Nord nécessaire à la paix et à la fraternité des peuples dans le monde…

Seule la libération nationale peut mettre fin a l’oppression et a l’exploitation coloniale de la Corse. La LLN va bien plus loin qu’une simple modification des institutions. Elle suppose que le peuple corse soit de nouveau maitre chez lui. Maitre de son destin économique, politique, social et culturel. Elle suppose qu’il ait récupéré sa terre, ses richesses, la maitrise de ses moyens de production de commerce et d’échange. Elle suppose qu’il puisse décider librement, non seulement de ses institutions mais aussi des relations avec les autres pays de la Méditerranée, de ses choix en matière économique pour son développement ainsi qu’en matière de société, le tout en fonction de ses besoins et de sa culture.

Comme nous sommes conscients que l’indépendance ne lèvera pas forcement l’hypothèque du colonialisme, nous sommes conscients qu’il y a dans cette lutte des situations qu’on ne peut négliger.

Actuellement la situation semble favorable pour que les organisations politiques proposent leur statut particulier afin de récupérer le minimum de pouvoir politique que cédera l’Etat français (en guise d’apaisement) sous la pression du mouvement national.

Si l’Etat français octroie on quelconque statut à notre pays, il est évident qu’il créera une situation politique que nous devront prendre en considération.

Mais une solution de ce type, quelle qu’elle soit, ne peut être la solution finale pour notre pays et notre peuple, et nous la combattrons si elle ne prend pas en charge l’intérêt collectif de notre people.

Deuxième partie Les perspectives

Le FLNC

Nous rappelons notre combat contre la droite et les clans : personne n’a combattu le pouvoir de droite plus que nous, les faits et la répression sont la pour le prouver :

–         au niveau de l’exploitation de notre pays

–         de l’accaparement de nos terres

–         du génocide par substitution de notre people

–         de la domination culturelle française

–         de l’exil et du chômage

–         de sa politique d’expansion impérialiste dans le monde.

Les finalités de notre combat : Elles ont été résumées dans notre « livre blanc ».

Par son combat le peuple corse, après la mise en échec et la destruction des instruments du colonialisme, contraindra l’Etat français à négocier, concrétisant ainsi la victoire politique de la nation corse.

Cette négociation implique des préalables :

–         Libération de tous les patriotes et arrêt de toute répression

–         Rapatriement des forces d’occupation et de répression

–         Reconnaissance des droits nationaux du peuple corse et son droit a l’autodétermination

–         reconnaissance du fait colonial et donc des conséquences qui en découlent (aide a la reconstruction, indemnisation, aide au retour des Corses, répartitions…).

L Etat français devra s’engager sous contrôle de l’ONU ou de tout autre organisme international, après une certaine période (durée à déterminer) à garantir les modalités d’application de l’autodétermination. Durant cette période l’administration de l’île se fera à égalité entre l’Etat français et les combattants de la libération nationale.

La tache des patriotes rassemblés au sein du Front est de mener la lutte jusqu’è la défaite du colonialisme et des clans, et de restituer au peuple et a lui seul les moyens politiques, économiques et culturels de maitriser son destin.

Nous luttons pour le peuple corse et c’est à lui seul que nous remettons la souveraineté nationale et le pouvoir politique que le colonialisme lui a confisqué.

La reconnaissance des droits nationaux du peuple corse et son droit à la maitrise de son destin implique la reprise du pouvoir politique par le peuple corse. Le rôle de décision et de sanction est dévolu au people et a lui seul.

Les combattants de la lutte de libération nationale feront en sorte que  soient prises immédiatement les mesures politiques, économiques et culturelles qui, par le renversement de
l’aliénation coloniale avec la disparition de toute influence et de tous les instruments du colonialisme rendront tous ses droits au peuple corse.

Notre peuple, alors librement consulté par la voie du suffrage universel réhabilité, se donnera les moyens de chasser définitivement toute forme de colonialisme, d’exploitation et d’oppression.

Stratégie à court et moyen terme

Le danger viendra de la droite qui peut vouloir déstabiliser la France en utilisant la Corse : les risques de provocations subtiles par l’intermédiaire de mouvements qui se parent d’un ultranationalisme, fut-il corse, ne sont pas à exclure.

Nous disons clairement la Corse ne permettra pas la répétition d’un 13 Mai 1958 (note) (X).

Plus que jamais nous veillerons à dénoncer les provocations d’ou qu’elles viennent.

Toute démarche unitaire est un moyen de marginaliser les provocateurs. Cette démarche est aussi nécessaire au développement de l’indispensable débat au sein du mouvement populaire corse, premier pas vers sa réelle unité, ceci afin de permettre le renforcement de la lutte de libération nationale.

Le FLNC continuera la trêve pour permettre à cette démarche de se développer.

La mobilisation des forces populaires corses peut et doit d’ores et déjà amené le pouvoir céder sur cinq points fondamentaux :

–         Réhabilitation de la langue et de la culture corses dans tous les domaines (enseignement, vie publique, radiotélévision…)

–         fin de la colonisation de peuplement (corsisation des emplois, chartre de retour des exilés et refus des fonctionnaires non corses);

–         liquidation de toutes les formes de spéculation et notamment de la spéculation immobilière

–         départ des colons :

–         évacuation des forces d’occupation, de répression et d’agression (Légion étrangère, base atomique de Sulinzara…).

Conclusion

Le président de la République française, François Mitterrand, et son gouvernement se font les ardents défenseurs dans le monde et au sein de l’internationale socialiste, du principe des droits des peuples à disposer d’eux-mêmes. Ils ont donc les moyens d’apporter une véritable solution au problème national corse en nous reconnaissant ce droit. Notre peuple et la communauté internationale sont attentifs, ils jugeront sur des actes et non sur des principes.

La paix en Corse dépend de cette volonté politique ; sinon le FLNC, inlassable défenseur des droits historiques du peuple corse, tout en refusant d’être l’allié objectif des forces réactionnaires, se verra contraint de faire respecter ces droits car la Corse n’appartiendra jamais qu’au peuple corse.

La suite dans quelques temps…

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