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Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur, était à Bayonne, vendredi 28 août. EH Bai avait appelé au rassemblement. Les abertzale ont remis une lettre à un représentant du gouvernement dans laquelle ils demandent une entrevue.

H BAI

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www.ehbai.eus

Bernard Cazeneuve

                                                                                  Ministre de l’Intérieur Français

Monsieur le Ministre,

Votre venue en Pays Basque, en cette rentrée politique, est marquée par ce qui sont et seront trois sujets majeurs pour l’avenir du Pays Basque.

Tout d’abord, vous n’êtes pas sans connaitre la volonté affichée par une majorité de la société Basque de doter ce territoire d’un cadre institutionnel lui permettant de se développer dans le respect des décisions qu’il prendra. A ce jour encore, la revendication d’une collectivité territoriale à statut particulier reste une demande majoritaire au sein de la société Basque relayée entre autres, par le conseil des élus du Pays Basque. D’ailleurs, Cette demande légitime fût balayée d’un revers de main par le gouvernement que vous représentez. Ceci étant dit, dans le cadre de la réforme territoriale, la possibilité de doter le Pays Basque d’un premier échelon institutionnel se dessine avec la création d’un EPCI unique. Ce cadre, bien qu’insuffisant, serait un premier niveau de reconnaissance politique du Pays Basque. Nous souhaiterions, d’ailleurs, que le plus rapidement possible les représentants de cette collectivité soit élus au suffrage universel direct. Il vous appartient, entre autre, d’évoluer dans ce sens.

Le 20 octobre 2011 sous la présidence de nombreuses personnalités internationales  dont Kofi Annan, se tenait une conférence de paix au palais d’Aiete de Donostia-Saint Sébastien. De nombreux responsables politiques du Pays Basque nord prenait part à cette conférence à l’issue de laquelle un appel était lancé à l’organisation ETA et aux gouvernements Français et Espagnol dans le but de résoudre les conséquences du conflit en Pays Basque. Suite à cet appel, ETA annonçait le 23 octobre 2011 l’arrêt définitif de la lutte armée. Depuis les Etats Français et Espagnol n’ont fait aucun pas positif dans le sens de la résolution. Dans ce sens, nous demandons de cesser les opérations policières à l’encontre de militant(e)s de ETA engagés dans une dynamique de désarmement ainsi que des citoyen(ne)s Basques qui leur apporte de l’aide. Nous exigeons de changer d’attitude envers le collectif des prisonnier(e)s politiques Basques et de répondre positivement aux demandes formulées lors de la déclaration de Bayonne du 24 octobre (co-signée par des représentants de différentes sensibilités politiques) et de la conférence humanitaire qui s’est déroulée à Paris à l’assemblée nationale le 11 juin. Concrètement, le rapprochement et le regroupement de l’ensemble des prisonniers politiques Basques à la maison d’arrêt de Mont de Marsan et la libération des prisonniers conditionnables et des prisonniers gravement malades seraient des signes forts de la part du gouvernement Français quant à son engagement en faveur de la paix en Pays Basque. Il est également indispensable de rendre possible un espace de dialogue pour résoudre le conflit.

BasqueETAAvocats

Enfin, au moment où le contrat de plan est en pleine négociation, nous tenons à appeler votre attention sur la situation de l’euskara : la langue Basque. Malgré les efforts des différents acteurs mobilisés en faveur de la langue Basque, le nombre de locuteurs ne cessent de diminuer. L’augmentation de dotation annoncée par les représentants de l’Etat nous parait en tous les cas insuffisante face aux besoins et à l’ambition marquée par le Pays Basque pour mener une politique linguistique permettant la sauvegarde, le maintien et le développement de la langue Basque. L’officialisation de la langue Basque serait également un élément positif pour inciter à l’apprentissage et l’utilisation de notre langue.

Dans le but de pouvoir échanger sur l’ensemble des sujets concernant l’avenir du Pays Basque, nous vous demandons de recevoir une délégation d’EH bai dans les plus brefs délais.

Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, nos salutations distinguées.

Euskal Herria Bai