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Le 17 novembre 2004 (unita-naziunale.org) Le comité Anti Répression tenait une conférence de presse dont voici l’intégralité du texte :

« Nous partageons leur joie, celle de leurs familles, celle de leurs amis, mais GHJUVAN LUCCA et GHUVAN FILIPPU auraient déjà du être libérés depuis déjà de nombreux mois…

Ils ont certes été rapprochés à BORGU, comme deux autres patriotes, mais ce rapprochement – bien tardif – ne saurait dissimuler trop longtemps cette manipulation faussement chiffrée par les services préfectoraux des personnes revenues en Corse.

Ghjuvan-Filippu-AntoliniGhjuvan-Lucca-Albertini

Contre deux détenus politiques à Borgu, nous opposons le chiffre de 55 prisonniers déportés, également poursuivis pour faits politiques.

La question du rapprochement reste entière. Elle met en évidence la manifeste réticence des ministères et pouvoirs concernés à mettre en place un plan global et concerté, avec toutes celles et ceux qui le souhaitent, afin que chaque emprisonné puisse faire sa peine non éloigné des siens.

CONFCAR171104

Cette réticence, au nom de la sacro – sainte application de la loi républicaine, pour reprendre la rhétorique du système, marque la volonté d’un gouvernement qui puise son indifférence dans la logique répressive qu’il impose à l’aspiration identitaire corse.

Et ce n’est certainement pas pour rien si le ministre français de la justice, M. PERBEN, viendra prochainement en Corse. Avec un discours tout fait, déjà connu d’avance : « Le gouvernement ne transigera pas avec les terroristes (sic !) » et « la loi est la même pour tous (re-sic !), en Corse comme ailleurs ». Il sera sans doute accompagné dans sa pérégrination, par ces quelques élus territoriaux, qui nous l’avons déjà dit, ont jeté aux orties une des valeurs essentielles de leur communauté : la solidarité.

Et se situant au dessus des libertés individuelles et collectives, M. PERBEN nous a concocté un nouvel arsenal policier et judiciaire qui permet, déontologie mise à part, une surveillance bien encadrée de tout citoyen.

Entre « l’infiltration, la surveillance, l’interception des correspondances émises par la voie

des communications, la sonorisation et les fixations d’images de certains lieux ou véhicule » et la « protection des personnes bénéficiant d’exemptions ou de réductions de peines pour avoir permis d’éviter la réalisation d’infractions, de faire cesser ou d’atténuer le dommage causé par une infraction, ou d’identifier les auteurs ou complices d’infractions », les dispositions ne manquent pas pour nous rappeler qu’aujourd’hui, comme en temps de guerre hier, l’ennemi nous guette, jusque dans notre domicile ou l’on peut nous placer, pour mieux entendre ou voir, micro ou caméra…

Cette sécurisation de la société marque la dangerosité et la déliquescence d ‘un régime autoritaire. En Corse, quand on connaît la multiplicité des atteintes aux droits de l ‘homme, particulièrement dans le cadre judiciaire et policier, ces mesures laissent gravement craindre une recrudescence de comportements plus que judicieux et couverts…
Pendant ce temps, dans les prisons françaises, on continue de laisser pourrir, avec cette propagande gouvernementale qui abuse et trompe l’opinion publique, des dizaines de personnes, certaines sont en détention provisoire depuis plus de 57 mois (le triste record de FELICI TOMASI est en passe d’être battu !!!), au mépris des droits les plus élémentaires comme le droit à la dignité et au respect. D’autres sont injustement et longuement condamnés malgré leur innocence juridique avérée…
Dans les prisons, comme en dehors, c’est le bruit des bottes qui règne.

Le Comité Anti Répression appelle toutes les personnes éprises de justice et de liberté à se rassembler le lundi 22 Novembre, à partir de 17 Heures, devant le palais de justice, à Aiacciu pour dire non à PERBEN, non à l’autoritarisme, oui aux libertés, oui au rapprochement et à la libération de tous les patriotes incarcérés. »

COMITE ANTI REPRESSION

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