Produit CORSU E RIBELLU

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(Unità Naziunale Publié le 11 juillet 2018 à 18h03) Si on ne peut pas douter du patriotisme d’un nationaliste quelle que soit son organisation, si on sait que chacun la croit plus efficiente et considère celle des autres comme plus ou moins gênante sur le chemin de la lutte de l’émancipation du Peuple Corse, on reste stupéfait quand on voit un aveuglement qui défie le simple bon sens, qui n’en épargne aucune, qui risque de compromettre la cause commune du sauvetage de notre Peuple et de sa terre.

Jamais le danger n’a été aussi visible. Jusque là on pouvait croire qu’un dialogue « constructif » aurait pu se nouer avec l’Etat jacobin républicain avec sa gauche ou même ensuite avec sa droite. Mitterand, Defferre, Joxe, Jospin avaient avaient fait des « statuts particuliers », la droite pouvait suivre. Sarkozy enchaîne par référendum la suppression des Conseils généraux : rejet à quelques mille voix près.

Hollande, Cazenave y reviennent avec la loi Assemblée Unique dont le principe est voté mais que Macron Président surprise doit d’abord lui donner consistance.

L’espoir reste. Vite on va déchanter.

Ballet de ministres qui maintiennent l’équivoque, qui ne promettent rien, qui préparent le piège en laissant croire que « l’arrimage » dans la République rassurerait le pouvoir et qu’un dialogue plus fécond pourrait s’ouvrir. On laisse l’article 74 pouvant aller un jour vers l’autonomie et on accepte un article 72-5 qui se révèle un piège, une véritable ratière. Toute proposition doit passer par le gouvernement et la voie parlementaire les nombreuses commissions concernées par la question qu’elle pose, des deux chambres des députés et des sénateurs, des amendements. Le gouvernement avec sa majorité contrôle tout, il est maître de l’ordre du jour et du temps, il peut tripoter la demande à coup d’amendements et de renvois, sans parler des avis du Conseil d’Etat ou des recours au Conseil Constitutionnel. Pendant ce temps l’Exécutif doit gérer les 5000 fonctionnaires territoriaux inquiets par un redéploiement inévitable et il est le dos au mur contraint de négocier les moyens d’éviter trop de casse. L’Etat peut louvoyer, mégoter mais c’est l’Exécutif à l’usure qui restera responsable devant le citoyen.

Jamais le danger n’a été aussi visible.

La mise en scène brutale et expiatoire de la cérémonie pour la mémoire d’Erignac est entièrement politique et pas forcément due au tempérament d’un nouveau roi élu.

Ce qui a changé n’est en rien comparable aux conditions des gouvernants précédents. En effet le pouvoir d’un seul, sans opposition face à une majorité « absolue » de natios. Il ne peut plus tergiverser de statut en statut particulier qui laisse l’illusion d’un pouvoir autonomiste possible un Jour sans les freins des clans. Une négociation avec cette majorité natios peut les rendre crédibles et du coup légitimer les principes d’un Peuple Corse avec des droits universels.

Un dilemme. Il impose un rapport de force total et immédiat.

Comme dit ci-dessus, il manoeuvre avec habilité. Il entretient un doute, assis sur le nuage brusquement il foudroie. Il a l’avantage de la position dominante.

Il sait par ses préfets, par ses polices politiques, par tous ceux qui s’inclinent devant tout pouvoir, par tous les opportunistes, il sait tout. Il connaît les forces et les faiblesses. Il a à disposition la panoplie d’un État centraliste et peut choisir les moyens.

Il semble avoir passer des consignes de chasse aux symboles.

Ses préfets traquent les drapeaux corses. Le seul qui a droit est le tricolore, finie leur cote à cote dans les cérémonies, dans ou sur des édifices publics.

La tête de Maure pollue celle de Marianne. Le directeur des impôts annonce devant son Ministre qu’il a compris qu’il convient de ne contrôler fiscalement que les Corses ce qu’a révélé le syndicat.

Ces quelques constats chacun a pu les faire. La liste complète est bien plus étoffée. Les coups plus tordus sont inconnus pour la plupart.

Ils existent, ils ont toujours existé. Nous avons connus les barbouzes, le Préfet Bonnet et ses gendarmes spéciaux. Pour un jacobin un contestataire du système est un ennemi de la République et tous les moyens sont bons contre lui. C’est la guerre. Elle se poursuit mais elle se fait au grand jour car les natios ont gagné des élections sans contestation possible mais faut les stopper par tous les moyens.

Dans la bataille actuelle qui est imposée, les natios ont perdu quelques atouts mais par leur faute surtout.

Ils accentuent leur divergences pour de bien pauvres soucis d’électoralisme. Les mandats convoités ne peuvent que servir une politique de l’Etat oppresseur.

Pour poursuivre le but historique il leur faut une véritable force qui révolutionne le système jacobin, une force populaire de fond bien consciente des mécanismes et déterminée à les détruire. On se met le doigt dans l’oeil si on pense que le moment de l’émancipation passe pour l’essentiel par des mandats dans des institutions qui entretiennent le statut quo jacobin.

Pourquoi tout ce temps perdu à tenir la résolution prise en octobre de fusionner les mouvements autonomistes ? Toute cette énergie à se marquer à la culotte ?

Cela équivaut à des chamailleries de gamins capricieux inconscients du danger.

La lutte pour le Peuple Corse a besoin de tous, de toutes les énergies. Si on a vraiment conscience du danger, on n’aura aucun mal à pouvoir les organiser et les faire converger, avec des pratiques de débats démocratiques, de confiance fraternelle.

N’est-on pas en guerre? Est-on à ce point aliénés que notre amour pour la Corse se laisse détourner dans des passions de gagnepetit ? Peu lucides et très aveugles ?

MAX SIMEONI sur ARRITTI