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Exploitant les failles nombreuses du nouveau PADDUC voté en avril 2015 ou poursuivant une politique spéculative agressive, parfois pluri-décennale, un certain nombre de municipalités de Corse s’engage toujours plus avant sur la voie o combien périlleuse du totalitourisme prédateur. Ainsi, la municipalité de Calvi a -t-elle fait voter en conseil municipal le 29 juin dernier le déclassement de 95 ha de terres protégées ou agricoles dans la ville, en se servant d’arguments aussi vains que trompeurs.

Bien au-delà des méfaits d’une politique strictement spéculative, ces arguments découlent de l’application de la pensée unique libérale qu’A Manca combat dans la rue comme dans les prétoires et ce, depuis sa création, dans la globalité de ses conséquences. Cette pensée consiste à faire croire qu’hors du tout tourisme, il n’y a point de salut pour la Corse. Cette prétendue analyse, erronée et dangereuse, est sous tendue par l’idée que la Corse doit avoir une vocation touristique exclusive.

 Comprenons- nous bien, la pratique d’un tourisme à haute valeur culturelle fondé sur la valorisation patrimoniale et le partage des richesses qu’il produit et entendu comme une part de l’activité économique de la Corse, serait à nos yeux une politique souhaitable.

Mais, oublier ou feindre de croire que le totalitourisme est l’une des sources principales de la spéculation immobilière, du creusement des inégalités sociales par la précarisation du plus grand nombre, de l’acculturation programmée, est une faute politique majeure que A Manca se garde et se gardera toujours de commettre.

Ainsi, demander comme l’a fait la Municipalité de Calvi, le déclassement des ESA (espaces stratégiques agricoles) et de certaines ERC (espaces remarquables et caractéristiques) ne relève pas  de la volonté de mise en oeuvre d’un « développement maîtrisé » comme elle le prétend.

C’est bien plutôt un choix politique unilatéral, fait au nom des intérêts d’une minorité en contradiction directe avec ceux de la majorité. C’est le choix d’une mono-activité touristique  aussi périlleuse que prédatrice.

En effet, renoncer à une activité productive (l’agriculture sous toutes ses formes, y compris le maraîchage, garantie d’une auto-suffisance alimentaire) au profit d’une mono-activité de service, présente de nombreux risques et aléas.

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Ne retenant que les principales conséquences, nous pensons par exemple à la prédation sur les espaces naturels collectifs, aux inégalités sociales croissantes, sources de précarisation en matière d’emploi, d’accès au logement, aux services publics, mais aussi à l’absence de redistribution des richesses entre la minorité (8% d’après l’INSEE) qui profite de la manne touristique et l’écrasante majorité qui survit tout juste.

L’argument de l’ »intérêt général » au service des enfants concernant  l’ALSH est démagogique et non tenable. Rien n’empêche d’envisager une autre localisation. Pourquoi vouloir léguer à ces mêmes enfants au nom desquels on prétend agir, une pinède qui serait irrémédiablement défigurée par un pas supplémentaire franchi en matière de totalitourisme ?

 De manière plus générale, il faut bien comprendre que la mono-activité touristique empêche évidemment tout retour en arrière et procède d’une vision à très court terme: une fois l’espace mité, les pollutions présentes et les divers dégâts advenus, point de salut ! Pourra-t-on retrouver une pinède ? un patrimoine dévasté ?

Si on en juge par l’échec commercial des Rivages de Calvi, il semble que la politique municipale fondée sur un totalitourisme excluant les résidents à l’année ne soit pas une réussite, c’est le moins que l’on puisse dire ! Rappelons que cette opération spéculative mise en œuvre par la SPLM avec la participation et le soutien de la Municipalité, fut présentée en son temps comme une juteuse source de développement pour la ville et s’est traduit dans la réalité par la défiguration d’un site, la perte d’un espace naturel communal, donc collectif (et susceptible d’accueillir par exemple l’ALSH) et au total, comble de l’incompétence, en matière libérale même, par un tout petit nombre d’appartements vendus.

Si comme A Manca, vous refusez d’accepter en silence la chronique d’une mort annoncée pour la ville de Calvi et, plus globalement, pour de très nombreuses villes littorales de Corse, il faut agir vite et simplement.

Le premier acte indispensable est de participer à l’enquête publique qui se tient jusqu’au 3 juillet à la Mairie de Calvi et dans les mairies de Corse, en disant clairement non au déclassement des terres voté ici par la majorité municipale.

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 Les remarques à écrire sont simples :

Rappelons que toute la pinède est un site inscrit et que toutes les parties naturelles d’un site inscrit sont des espaces remarquables.
Parce que le club olympique n’a pas de permis de construire, le Tribunal Administratif considère que ce bâti n’existe pas … c’est donc une partie naturelle et qui doit le rester. Qui plus est, le Club Olympique n’a rien à voir avec l’ALSH.
Quant à la zone de l’ALSH, c’est une zone naturelle à intérêt écologique faunistique et floristique de type 1 (ZNIEFF) et un ERC par jugement du Tribunal Administratif et de la Cour d’Appel (la commune n’a pas fait appel).
En raison de tout cela, mais aussi de l’ érosion du littoral et des nuisances écologiques, demandons à ce que la pinède dans son ensemble soit laissée tranquille. Il faut donc, malgré les bémols que l’on peut trouver au PADDUC, accepter et défendre néanmoins la cartographie de la CTC sur cette zone.

Pour leur part, les militants et sympathisants d’A Manca, dans la section Balagne comme ailleurs, participeront bien entendu à l’enquête publique, se réservant le droit d’agir de toutes les façons possibles et en toute indépendance en défense des espaces naturels collectifs, comme ils l’ont toujours fait.

A MANCA