Produit CORSU E RIBELLU

X

LES VRAIS ENJEUX DE DECEMBRE 2015 : ROMPRE AVEC UN SYSTEME QUI ORGANISE LA DEPENDANCE ET NOUS CONDUIT A LA RUINE ECONOMIQUE

1. La situation économique et sociale de la Corse est préoccupante.

Le taux de chômage est en croissance importante, +13 % en un an avec plus de 22 000 chômeurs. La réalité est affolante en termes de paupérisation et de fracture sociale, un corse sur cinq essaie de vivre avec moins de 900 € par mois. Le BTP est en berne avec 600 emplois détruits, 21% de chiffres d’affaires de moins. Le tourisme stagne et est en permanence sur le fil, suspendu aux évolutions de la saga judiciaire des transports maritimes. De plus, la crise structurelle des finances publiques doublée de la gestion catastrophique des fonds publics de la Collectivité Territoriale de Corse contribue lourdement à aggraver la situation.

2. Dans ce contexte, la faillite de l’Etat et de l’Exécutif territorial est totale 

Rappelons-nous les années récentes, il n’y a pas si longtemps, 2012 et 2013, où à grands renforts de conférence de presse, les préfets successifs nous expliquaient que la Corse sortait de la dernière place des régions françaises, que les politiques « importantes » de soutien de l’Etat, PEI notamment, portaient leurs fruits, que la crise globale l’avaient épargnée …

Il n’en est rien aujourd’hui. Non seulement la Corse est entrée dans la crise, mais elle y rentre de manière plus forte que les autres territoires. C’est en effet la première fois que l’île va cumuler les crises sectorielles de manière sensible.

L’heure du bilan du PEI a aussi sonné : Les 30% de moyenne demandés à la CTC ou aux collectivités locales, ont créé un phénomène d’endettement préoccupant pour la CTC sans compter que cette part d’autofinancement a souvent été plus haute dans les faits. Au-delà de l’effet d’aubaine conjoncturel provoqué pour le BTP, estompé depuis, force est de constater que durant 15 ans, cet instrument n’a pas provoqué de rattrapage. Comment se satisfaire que sur les réseaux de base (eau, assainissement) et le numérique, la facture territoriale soit abyssale ? Comment se contenter de l’outil actuel du chemin de fer pour le développement de l’île ?

Attardons-nous enfin sur le réel bilan de la Collectivité Territoriale de Corse : A l’actif de la mandature, il y a bien sûr les délibérations de principe reprenant des fondamentaux portés par le mouvement national dans son ensemble depuis des décennies. Nous nous réjouissons de ces votes intervenus, dans un climat politique apaisé. Ils consacrent aussi largement la stratégie que nous avions défendue dès avant les territoriales de 2010, en plaidant pour la recherche d’une plate-forme commune de revendications entre tous les nationalistes et les progressistes issus des forces traditionnelles.

Mais ces aspects positifs ne peuvent en aucun cas nous conduire à fermer les yeux sur les dérives du système. La dérive financière de la CTC n’est que la traduction budgétaire du fonctionnement politique de fond actuellement au pouvoir : priorisation évidente des dépenses de fonctionnement au détriment de l’investissement général de la CTC, de l’aide aux collectivités, de la politique culturelle, de la formation professionnelle, de la politique touristique …

La politique de recrutement au sein de la CTC, des agences et offices, qui a fait progresser de centaines emplois ces entités, plombant les budgets, n’a pourtant pas pu empêcher la croissance exponentielle du chômage sur la durée de la mandature, soit +63%.

Le constat est donc accablant : la Corse reste plus que jamais aujourd’hui entravée dans son développement et son émancipation par un système politique clientéliste. Et, au-delà des avancées symboliques, le fonctionnement actuel de la CTC vise, non pas à installer le développement économique réel par le soutien à une fonction productive, mais à reproduire le système actuellement au pouvoir …

Quelques exemples : sur la mandature, déficit de plusieurs millions d’euros sur la politique culturelle (impactant les festivals), baisse de millions d’euros sur la formation professionnelle (impactant la qualification et l’accès à l’emploi notamment des jeunes), baisse importante du budget pour l’agence du tourisme d’une année sur l’autre, des engagements non respectés et insuffisants sur le plan de l’eau et de l’assainissement, des retards de versement importants sur le plan des aides aux communes impactant par voie de conséquence les prestataires et entreprises, baisse conséquente pour l’aménagement du territoire, la santé, l’enseignement …Il y baisse de fonctionnement impactant des actions de portée sociales et économiques, et hausse de 5,45% en moyenne par an des dépenses de personnel…(61 089 010 € au CA 2014). Nous pouvons parler aussi du taux de croissance annuel des charges financières (+6,01%) avec près de 16 900 000 € en 2014.

Le nombre de liquidation judicaire est en hausse vertigineuse, la crise économique est structurelle, la fracture sociale et territoriale se creuse. Dans un contexte global incontestablement très difficile (crise européenne et mondiale, crise des finances publiques) le fonctionnement actuel Collectivité Territoriale aggrave lourdement le phénomène par sa politique et conduit la Corse à l’impasse, et à l’échec.

En cohérence avec cette analyse, FEMU A CORSICA dont fait partie intégrante Inseme per a Corsica, a toujours voté contre le budget. FEMU a été le seul groupe à le faire et à s’opposer ainsi à la dérive financière et politique des comptes de la CTC.

SNCM-MobyCorsicaFerries

3. L’incertitude liée aux transports maritimes

Les incertitudes liées à l’issue de la procédure judiciaire liée à la SNCM, font peser une épée de Damoclés supplémentaire. Jusqu’à ce jour, ce dossier a été traité de manière chaotique, tant par l’Etat que par la CTC.
L’Etat a, depuis toujours, démontré dans le dossier des transports maritimes que l’intérêt de la Corse et des Corses était le dernier de ses soucis : gabegie, opacité, manœuvres frauduleuses au parfum de scandale, inconséquence sociale et mépris pour les salariés de la SNCM, légereté juridique face aux instances européennes…

L’exécutif porte également une lourde part de responsabilité : il s’est refusé à explorer toutes les pistes politiques et techniques pour garantir la plus grande maîtrise des transports pour l’île au service de son développement. Nous réaffirmons ici que le Président de l’exécutif, contrairement à ce qu’il a affirmé devant l’Assemblée de Corse et encore aujourd’hui sur les ondes, n’a jamais transmis aux élus de l’Assemblée le rapport qui devait être prévu sur la faisabilité de la compagnie régionale.

Il a privé l’Office des Transports de toute efficience. Il a escamoté le débat au sein l’Assemblée de Corse et refusé d’impliquer l’ensemble des forces vives dans un débat fondamental pour l’avenir de la Corse.

Non seulement, les différentes possibilités liées à la mise en œuvre d’une compagnie régionale maritime n’ont jamais été étudiées, mais aucune discussion politique digne de ce nom n’a réellement été engagée avec la Commission Européenne sur la base de la spécificité de la Corse reconnue au travers de l’article 174 du traité de Lisbonne. Cela aurait permis d’envisager un système de transports adapté en termes de financements de lignes (au travers de fonds régionaux ou européens notamment) et d’intégration méditerranéenne.

Le nouveau délai ouvert jusqu’au 25 septembre du fait du rejet des trois offres par le tribunal de commerce de Marseille doit permettre de changer de braquet et de mobiliser largement autour des vrais enjeux : remettre au centre du jeu l’étude sérieuse sur la Compagnie régionale, et l’articulation de la procédure actuelle avec la mise en oeuvre de la meilleure solution permettant de garantir à la Corse la maîtrise et la fiabilité de la desserte de transports maritimes au service de son développement.

Inseme per a Corsica appelle à une large concertation entre l’ensemble des acteurs institutionnels et des forces vives pour définir d’urgence une nouvelle stratégie porteuse de solution pérennes.

Nous demandons également la tenue d’urgence d’une session extraordinaire de l’Assemblée de Corse, si nécessaire sur deux jours, associant le CESC et l’ensemble des forces vives.

4. INSEME PER A CORSICA : Le développement économique et social priorité majeure au travers d’un projet alternatif

Pour Inseme per a Corsica, répondre à cette crise majeure, refuser le « décrochage » social et territorial, est une priorité absolue des mois et années à venir.

Toute réforme institutionnelle garantissant une liberté de décision plus grande pour le peuple corse ne fait sens qu’au service de l’émancipation politique, culturelle, économique et sociale de notre pays.
Pour les nationalistes que nous sommes, le combat économique et social est essentiel. Notamment et surtout dans le cadre de la lourde crise actuelle.

Fidèle à sa philosophie d’ouverture et à sa logique de convergence, Inseme per a Corsica travaille actuellement, au travers de réunions et séminaires, à un projet alternatif, assis sur des mesures fortes et immédiatement opérationnelles pour répondre aux défis de l’heure.

Ce travail sera versé dans la corbeille commune et nourrira le débat et le projet que FEMU A CORSICA portera et défendra aux élections territoriales de décembre 2015.

La qualité et l’efficience du projet que nous serons collectivement en capacité de présenter aux Corses est en effet une des conditions essentielles de la victoire.

INSEME PER A CORSICA centrera ses propositions autour de quatre piliers majeurs et indissociables :

L’avènement d’une réelle politique transversale de la solidarité : solidarité et péréquation territoriale (communes, intercommunalités, acteurs des territoires), dispositifs de solidarité sociale en faveur de l’accès au foncier et au logement, finition d’une carte d’accès aux soins sur tout le territoire, dispositifs financiers prioritaires simplifiés pour les jeunes créateurs d’entreprises et les publics cible …

Une réelle politique de soutien à l’économie productive : crédit-épargne entreprise, taux d’intervention publique rehaussés selon les secteurs (tourisme, filière bois, numérique, Energies Nouvelles Renouvelables…), mesures fiscales adaptées et ciblées type zone franche montagne, simplification radicale sur le plan des montages des dossiers d’aides, une accessibilité renforcée aux territoires de proximité (Toscane, Ligurie, Sardaigne notamment)

Une réforme du système d’insertion et de formation professionnelle, parce qu’il est impératif de donner à notre de vraies perspectives d’emplois et de qualification ;
Un lien plus resserré entre CTC, agences et offices et l’Université sur le plan des politiques de recherche, transfert de connaissances techniques et d’innovation aux entreprises, d’accompagnement à la création d’entreprise pour les jeunes diplômés.

Notre volonté est de proposer des mesures opérationnelles, applicables rapidement dans leur mise en œuvre, aptes à faire de changer de cap la trajectoire économique du pays.

La mutualisation, la simplification, la péréquation et surtout l’évaluation de nos politiques sont notre culture en la matière. Nous mettons déjà en pratique ces principes dans les collectivités et entreprises dans lesquelles nous sommes en responsabilité.

Par la réalisation de ce projet alternatif et la proposition d’un contrat politique à nos partenaires du PNC et d’A Chjama, nous souhaitons que FEMU A CORSICA renforce son poids politique, élargisse son attractivité, et soit le moteur de l’alternative que les Corses attendent et espèrent dans cette période économique et sociale trouble et incertaine.

Nous y travaillons avec toute l’énergie nécessaire. Et nous pensons réellement que l’heure du changement est arrivée.

MAnif13juin2015UnitaNaziunale

De manière concomitante, les mobilisations sont nécessaires pour obtenir de l’Etat la reconnaissance constitutionnelle et les outils nécessaires au respect des droits du peuple corse : c’est pourquoi nous appelons à la manifestation organisée à Aiacciu ce samedi 13 Juin à 16h au travers d’a chjama di Corti initiée par a Ghjuventù Indipendentista.

Inseme Per a Corsica