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269 attentats en 1977

L’année 1977, Naissance de FRancia, les anti « séparatistes » s’officialisent. Les interpellations contre le FLNC se multiplient, procès, mobilisations, actions clandestines, répression, mobilisations… Le FLNC fait des actions historiques contre le Fort Lacroix, le relais du Pignu.

C’est aussi l’année des grandes mobilisations populaires comme celles en soutien à Serge Cacciari et aux militants du FLNC:

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Historique de la LLN et du FLNC 04 par antofpcl

1977 : Parution du  » livre vert « , bible de l’organisation politico-militaire di F.L.N.C

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Janvier 1977

Le 14 janvier 1977 : Libération d’Edmond Simeoni, le leader autonomiste corse, après 16 mois de détention. (procès Edmond Simeoni)

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20 janvier 1977 : « La reconstitution de la tragédie de Bustanico» Le 26 septembre 1976, la population avait été informée du double meurtre des frères Ruggeri à la bergerie de Merza, perpétré par un légionnaire déserteur : Warner Ladevic, né le 27/07/1957 à Bottrop (RFA). Craintif, il a refait hier les gestes qui ont couté la vie aux deux bergers. Ce jour de 1976. Mlle Marie Ruggeri, sœur des victimes, s’était rendue aux bergeries afin d’apporter des provisions à ses deux frères. Alertés, les gendarmes découvrirent les deux corps recouverts de rondins de bois à demi-consumés. Ils appréhendèrent Werner le lendemain, porteur d’une paire de jumelles qu’il avait dérobée dans la bergerie. Il déclara qu’il enfonça la porte d’entrée de la bergerie, tira un coup de feu sur Xavier et asséna un coup de baïonnette qui sectionna l’artère fémorale de Pasquin.
(Source : Corse Matin)

Mars 1977

MARS 1977

Dans la nuit du 25 au 26 mars 1977 : Un commando de 8 hommes armés du F.L.N.C, investit le Relais de Fort LACROIX, ils désarment les sentinelles, les attachent à un arbre et minent le complexe militaire.

Dans la nuit du 25 au 26 mars 1977, Francis Lorenzi, Paul Anziani, Baty Darnaud, Antoine, Dominique Mattéi et moi-même (Pantaleon Alessandri) étions prêts à passer à l’attaque. Notre cible : le relais hertzien militaire de Fort Lacroix, installé au-dessus de Bastia dans un bâtiment datant de 14-18. Le FPCL avait toujours voulu mener cette action et avait chaque fois reculé, aussi, la réaliser nous-mêmes nous permettait de prouver notre détermination. Cette fois, c’était directement l’État français que nous visions.

Les lieux avaient été surveillés pendant des jours et des nuits. Nous savions tout, ou presque… Un grillage cisaillé, quelques enjambées, quand soudain je le vis face à nous. Il hésitait. Nous l’avions vu lors des repérages et la décision avait été prise de le neutraliser en le poignardant. Le temps de nous interroger du regard – qui va l’abattre ? – qu’il reculait déjà, ventre au sol, crevant de peur. Il n’a plus bougé, n’a pas aboyé. Le chien venait de sauver sa peau.

Voie libérée, nous avons foncé vers le corps de garde pour prendre sans peine les trois militaires.

« FLNC, tout va sauter, y a-t-il quelqu’un d’autre que vous dans le bâtiment ?
– On a un homme en bas, bafouilla l’un d’eux. Il dort, il s’est foulé la cheville dans la journée et n’est pas rentré chez lui. »
L’imprévu était de taille ! Nous n’avions compté que trois hommes de garde, la nuit, au fort.
Nous précipitant dans un autre bâtiment en contrebas, nous avons effectivement trouvé le quatrième garde, profondément endormi et bien décidé à le rester.
« Debout, FLNC, réveille-toi, tout va sauter.
– Ça va, les gars, je suis crevé, laissez-moi dormir. »
Se retournant contre le mur, il s’était déjà rendormi !
« FLNC, t’as pas compris ! On n’est pas tes copains.
– C’est ça ! Fous-moi la paix. J’ai pas envie de rigoler, je veux dormir. »
Je fus obligé de le saisir par l’épaule et de le tirer face à nous tandis que l’un d’entre nous cassait son arme, lui montrait le barillet plein, la refermait et la lui collait sur la tempe.
« T’as compris ? »
Sa réaction fut l’inverse de celle que nous voulions provoquer. Pris de terreur, le bidasse était totalement incapable de se lever et tremblait de tous ses membres. Nous avons été obligés de le soulever, de le tenir et de lui passer nous-mêmes son pantalon pour enfin le porter à l’abri. La scène était cocasse !
Une fois les quatre militaires ligotés sous des arbres suffisamment éloignés de l’explosion, nous avons activé nos charges et sommes repartis en empruntant la 4L de l’armée.
Le corps de garde, gravement endommagé, dut être rasé, et le pylône du relais, bien qu’encore debout, avait vacillé sur sa base et était hors service. Une partie de la surveillance en Méditerranée n’était plus assurée. Mais nous n’avions pas détruit ce que nous ignorions être le plus important : la salle technique du relais. L’impact de notre action fut pourtant considérable.

Extrait du livre de PANTALEON ALESSANDRI « INDÉPENDANTISTE CORSE »

Le vendredi 25 26 27 Mars 1977 : Week-end de violence en Corse : 6 attentats dans la région de Bastia et d’Ajaccio. (Villas et dépôts commerciaux sont ciblés par le FLNC, dont le relais de Fort Lacroix)

JEUDI 31 MARS 1977 ?? : « Le domaine de Testa Ventilegne a été vendu hier à Paris pour 57.500.010 F ». Quelques dizaines de corses étaient venus assister, cet après-midi, au palais de justice de Paris, à la vente aux enchères du domaine de ‘Testa Ventilegne’, un ensemble de 2545 hectares de terrains situés sur les communes de Bonifacio et Figari. Il a été adjugé sur une seule enchère de 57 Millions à un client non encore connu de Maitre Touny. Le lot mis en vente hier provient de la liquidation des biens de six sociétés faisant partie du groupe Lefort constitué au total de cinq sociétés, toutes tombées en faillite. Ces 2545 hectares, composés de terre, maquis, rochers, étangs, marais, chênes lièges, pins et oliviers, avec 17km de côtes appartenaient jadis aux familles Pietri, Nicolai et Giovanangeli. Celles-ci ont vendu leurs terrain en 1958, 1970 et 1971 à deux sociétés qui les ont-elles-mêmes cédés au groupe Lefort en vue de l’édification d’un complexe de vacances. Mais ce groupe a fait faillite. Après la vente, plusieurs corses ont exprimé leur inquiétude. Ce site exceptionnel ne risque- t-il pas d’être endommagé dans des conditions irréparables ?

AVRIL 1977

Le 6 AVRIL 1977 : A FR.A.N.C.I.A, mouvement clandestin, bras armé de la CFR, voit le jour. Mouvement Clandestin et armé anti nationalistes, constitué de dirigeant de l’administration Française, de membres du S.A.C proche du R.P.R…, d’élus du clans

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Le 22 AVRIL 1977 : Attentat, à Cargèse, contre le village du Club méditerranée ; dégâts importants.

Le 23 AVRIL 1977 : Attentat à Grenoble : la Bourse du travail totalement détruite.

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JUIN 1977

Juin 1977 : Dissolution de la CGNC « A Cunsulta di a ghjuventù naziunalista corsa» suite à la demande des militants du FLNC

JUILLET 1977

Le 17 JUILLET 1977 : L’U.P.C voit le jour. Création de l’Union du Peuple Corse (UPC) qui remplace l’APC

AOUT 1977

Mémorial des Corses
Mémorial des Corses

Le 13 AOUT 1977 : Attentat à l’explosif contre l’émetteur du PIGNU de la T.V. française du col de TEGHJIME dans le CAP CORSE. Revendiqué par le F.L.N.C. Seul les téléspectateurs d’Ajaccio et de l’extrême sud pouvait recevoir la Une et le Deux pendant 18 mois. 6 autres attentats ont eu lieu, Rectorat d’Ajaccio, agence immobilière, locaux de l’INSEE et un hôtel près de Bastia. (Relais équipé en juin dernier)

En août 1977, Edmond Siméoni, récemment libéré, préparait sa grande rentrée politique à l’occasion du congrès de l’ex-ARC, devenue l’UPC (Unione di u Populu Corsu) après avoir été l’APC (Associu di Patrioti Corsi). La grand-messe était prévue à Furiani.

Nous savions que tous les médias seraient présents pour le retour d’Edmond. Aussi étions-nous bien décidés à profiter de l’occasion pour nous faire entendre.

Avec ses cent dix mètres de haut, le Pigno, planté au-dessus de Bastia, était et est encore le relais TV qui alimente la Haute-Corse. Dans la nuit du 12 au 13 août, quarante kilos d’explosifs furent acheminés pour cette action qui se voulait encore plus spectaculaire et plus efficace que celle de Fort Lacroix.

Nous avons pénétré à cinq dans le premier bâtiment, pour vite nous rendre compte que nous avions mal jaugé les lieux : ils étaient beaucoup plus grands que prévus. Heureusement, nous avions compté large sur le « paquet », et nous sommes passés à l’action après la fin des émissions en neutralisant un technicien dans la salle des machines et un autre dans son lit. La leçon de Fort Lacroix n’avait pas été oubliée, et nous avons bien pris soin de poser une charge de dix kilos d’explosifs dans la salle technique, en plus de celle placée sous le pylône.

Il y eut soudain du remue-ménage au rez-de-chaussée, où un militant était resté en surveillance. Une porte s’ouvrit sur un homme. Nous étions face à face, tous deux armés. Il était solide, il n’avait pas peur, il me prenait juste pour un cambrioleur et était prêt à me tirer dans les jambes.

« FLNC, tout est cerné, pas d’histoire, on n’a rien contre vous, décharge ton arme, ai-je hurlé en devinant que son fusil était chargé à la chevrotine.
– Ah ! Si c’est le FLNC, alors…, et les deux canons de son fusil s’abaissèrent.
– Va dans ta chambre, habille-toi et prends tes affaires. »
L’homme a obéi. Je soufflai, car, s’il avait tiré, j’allais droit à l’amputation des jambes.

En attaquant le relais TV, nous ignorions qu’il vivait là provisoirement avec sa femme, son enfant et un chien. Tout était miné, il n’y avait plus qu’à embarquer tout le monde. Nous avons emprunté une voiture sur place, celle d’un des employés, dans laquelle nous nous sommes entassés : le père, la mère, le gosse, le chien, les deux techniciens et nous cinq !

La détonation fut phénoménale.

Nous avons abandonné nos prisonniers et leur voiture dans la nature, tout en prenant soin de garder les clefs du véhicule. (…) Dans un ancien four à chaux près de la fontaine du Bourreau. Nous avons laissé nos sacs d’armes, nos cagoules, et un quart d’heure après l’embranchement de la route du Pigno, il n’y avait plus qu’une voiture normale, qui ramenait des gens tranquilles ! Après avoir déposé les hommes du commando en ville, Yves et moi sommes allés jeter les clefs de la voiture du technicien dans une vasque de fleurs, devant le palais de justice.

Il ne nous restait plus qu’à appeler le commissariat pour indiquer aux flics la cachette des clefs et les inviter à constater les dégâts. Nos scanners d’écoute nous répercutaient leurs propos. Le moins que l’on puisse dire est qu’ils rechignaient à monter au Pigno : cette affaire ne dépendait pas d’eux mais de la gendarmerie, ils ne trouvaient pas les clefs dans les fleurs… Nous prîmes un malin plaisir à les rappeler pour leur donner de plus amples indications.

Ils finirent par y arriver, mais je ris encore de leurs conversations agitées pour mettre au point une véritable stratégie militaire et une montée en colonnes afin d’amorcer l’approche du Pigno.

Je coupai enfin mes scanners d’écoute, les laissant à leur fébrile organisation pendant qu’un militant me raccompagnait au village dans une vieille 2 CV. À 7 heures du matin, j’étais enfin au lit. L’opération, préparatifs compris, avait duré dix-huit heures.

Je redescendis le lendemain après-midi pour le meeting d’Edmond Siméoni à Furiani et trouver, comme je m’en doutais un peu, des dirigeants de l’UPC qui ne décoléraient pas. Avec l’attentat du Pigno, nous avions réussi un formidable coup médiatique, tout le monde ne parlait plus que du FLNC.

C’est là que, avec JPS, nous avons organisé la première conférence de presse du Front pour une quinzaine de journalistes et de photographes, venus sur l’île pour Edmond mais ne demandant qu’à nous suivre.

À San Martinu di Lota, sous le cimetière, en plein maquis, ils étaient trois sous des cagoules de fortune : Yves Stella, Nanou Battestini, le responsable de la Casinca, et Guy Pancrazi, un étudiant de Paris que nous avions mis là pour parler car il s’exprimait bien et avait commencé à participer aux activités du FLNC. Autour d’eux, un périmètre de sécurité extrêmement soigné avec des militants bloquant tous les sentiers et toutes les voies d’accès.

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Sur la table de la conférence trônait le fameux Petit Livre vert du FLNC, que nous étions allés chercher à Paris chez JPS, responsable du Front dans la capitale. Le Petit Livre vert présenté cette nuit-là fut l’occasion de la première photo d’une conférence clandestine du FLNC. Elle était totalement imprévue, mais les photographes insistaient tant que l’autorisation d’en prendre une, et une seule, fut donnée. La photo prise par Gérard Koch a fait le tour du monde.

L’attentat du Pigno s’est soldé par trois milliards de dégâts et la Haute-Corse fut privée de télévision pendant plusieurs mois. On se demandait d’ailleurs s’il allait y avoir un baby-boom, un sursaut démographique dans la région. Je riais beaucoup d’entendre ma vieille tante Annonciade tempêter contre ceux qui l’empêchaient de suivre son feuilleton préféré. Nous, nous conseillions à tous d’organiser des veillées, des soirées culturelles

Extrait du livre de PANTALEON ALESSANDRI « INDÉPENDANTISTE CORSE »

Le 14 AOUT 1977 : Congrès de FURIANI: l’U.P.C « se casse » et MAX SIMEONI, toujours au maquis y fait une apparition.

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