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Les pressions et les menaces subies par Séverin Medori, maire de Linguizetta, sont inadmissibles : elles doivent être dénoncées par toutes celles et tous ceux qui se montrent sincèrement préoccupés par les dérives qui affectent la Corse depuis quelques années, et dont la côte orientale reste un terrain particulièrement exposé.

On peut regretter, de ce point de vue, le faible nombre de réactions publiques dans la classe politique. Nous apportons tout notre soutien à Séverin Medori et à sa famille dans une épreuve difficile et éprouvante : c’est à présent à la justice de faire son travail et nous lui faisons confiance pour faire la lumière sur cette affaire et, le cas échéant, punir les coupables des exactions qu’elle aura constaté.

Reste qu’il importe, en même temps, de tirer les leçons d’une situation qui n’est sans doute pas originale dans notre Île. Les appétits féroces qui se sont révèlés ces dernières années, singulièrement sur le littoral oriental montrent à quel point les élus des communes de cette région peuvent être soumis à la pression d’individus dont les scrupules ne sont pas la qualité première. L’assemblée de Corse n’a pas hésité à procèder à des votes emminement transgressifs sur la co-officialité des langues corse et française, comme sur le statut de résident. Elle n’a pas plus hésité à voter la fusion des départements avec la CTC , c’est-à-dire en fait, à faire main basse sur l’ensemble de leurs compétences .

Pourquoi donc a-t-elle alors, en votant le PADDUC dans sa dernière mouture, décidé de mettre en avant le principe de libre administration des collectivités pour laisser aux communes l’entière liberté d’élaborer les documents d’urbanisme sur leur territoire, alors que de toute évidence il faudrait libérer des élus communaux de la pression qui s’exerce sur eux, en transférant à la CTC un certain nombre de leurs compétences dans ce domaine sensible ?

vincent Carlotti gauche autonimiste corseSans doute la crainte d’une fronde des maires les a-t-elle inspiré, tant il est vrai qu’en Corse il vaut mieux affronter durement l’Etat, au moins verbalement, qu’affronter les élus de la base, surtout bien sûr, à la veille d’une élection territoriale.

Vincent Carlotti