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En marge de « A Ghjurnata D’Arritti », la visite d’une délégation aux grévistes de la faim à Corti :

« Une fois terminées les rencontres avec le public bastiais, les invités d’Arritti sont allés à Corti où ils ont rendu visite aux vingt jeunes nationalistes de Ghjuventù Indipendentista qui ont entamé une grève de la faim après s’être retranchés dans le « nid d’aigle » de la Citadelle. Une bonne heure d’échanges a eu lieu entre les jeunes grévistes et les deux députés européens qui seront, désormais, les députés de ces jeunes Corses à Bruxelles et Strasbourg.

En ce dimanche matin, l’escalier via le Musée de la Corse est fermé et le seul accès possible consiste à emprunter un sentier abrupt et escarpé qui conduit à une porte au pied de la Citadelle. De là il faut monter jusqu’au sommet de l’édifice où, dans une guérite sommairement équipée, les grévistes de la faim ont installé leur salle de jeûne. La place est limitée, tous ne peuvent dormir en même temps, le local n’a ni portes ni fenêtres, il est ouvert aux vents : les conditions du jeûne sont particulièrement dures et la détermination tranquille des jeunes grévistes de la faim impressionne.

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A leurs côtés, les soutiens sont nombreux. Le père Culioli vient se joindre à notre délégation. Les jeunes soulignent l’engagement du Président de l’Université, Pierre Marie Romani, et les centaines de personnes venues les soutenir depuis le parvis du Musée lors d’un rassemblement spontané le samedi soir.

Une délégation de l’Exécutif et des Elus de l’Assemblée de Corse était attendue pour l’après-midi. Cette rencontre s’est finalement conclue par un accord pour suspendre l’action de grève de la faim sur la base des engagements solennels pris par la représentation élue de l’île de poursuivre sans relâche l’action jusqu’à arracher la satisfaction des mesures demandées par l’Assemblée de Corse à une très large majorité : coofficialité de la langue corse, reconnaissance constitutionnelle de la spécificité de la Corse, statut de résident, rétablissement du statut fiscal issu des arrêtés Miot, etc… Courant juin, une grande manifestation populaire aura lieu. Pour les jeunes, le déni de démocratie à l’encontre de décisions de l’Assemblée de Corse est insupportable !

Dans les conditions très dures qui sont les leurs, les jeunes ont des marques de fatigue déjà avancées au terme d’une semaine de grève. Mais la mobilisation provoquée autour de leur action confirme la pertinence, malgré son isolement, sa difficulté d’accès et son total inconfort, du lieu qu’ils ont choisi d’investir. Car ce lieu symbolique de l’Histoire de la Corse a parlé aux Corses. L’intuition de leur action spontanée était la bonne : en choisissant un tel site symbolique, plutôt qu’un site fréquenté par de nombreux passants par exemple, ils ont marqué les esprits. Leur action, incontestablement, a relancé la mobilisation !

L’échange avec les deux députés européens a été tout à fait inédit pour ces jeunes militants nationalistes.

D’abord, José Bové a évoqué sa propre expérience de gréviste de la faim, à plusieurs reprises, jusqu’à 28 jours lors de sa lutte du Mac Do de Millau. Rares sont les élus qui peuvent vous conseiller sur le plan médical et vous prévenir des moments les plus difficiles dans la conduite d’un tel mouvement ! Ainsi que du contrôle que l’on doit accepter, par les médecins, par les responsables politiques qui vous entourent, car le manque de lucidité est fréquent quand on mène ce type d’action.

Josep Maria Terricabras a évoqué le combat des Catalans pour leur auto-détermination, aujourd’hui dans une phase décisive, et combien l’essentiel dans une lutte de ce type était de provoquer une prise de conscience transversale, dépassant les clivages idéologiques et rassemblant le peuple dans son ensemble. Les seuls nationalistes de cœur ne suffisent pas à renverser le cours de l’histoire d’un Peuple. Ils doivent être rassembleurs. Pour ces jeunes souvent adeptes de l’action de rue, l’impact de leur action non-violente est une révélation. Ils ont ressenti l’adhésion populaire la plus large.

Invitation a été faite pour porter jusqu’à Bruxelles la voix de la revendication du peuple corse portée par ces jeunes militants.

L’ALE se propose d’accueillir leur démarche, et José Bové de la soutenir face à la presse européenne.

La lutte continue.

François Alfonsi

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