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« À 90mn du bonheur » avais-je titré dans Arritti la semaine dernière. Ce fut 20mn… Décidément le football aseptisé, starisé, qatarisé de la LFP aura une fois de plus gagné.

Tout a été fait pour canaliser l’ardeur et la fougue insolente des Bastiais. Des contraintes -inédites- imposées au public des bleus(1) jusqu’à la fameuse 20ème minute de la « double peine » comme l’a dénoncé Jean Michel Larqué lui-même, furieux de cette confiscation de fête et de confrontation qui fait la magnificence du football et le spectacle d’une finale ou près de 10% de la population corse s’était déplacée sur Paris pour supporter son équipe et faire entendre la voix de tout un peuple.

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Il était écrit que David ne terrasserait pas Goliath ce 11 avril, ou plutôt c’est ainsi qu’en a décidé M. Bastien, arbitre de la rencontre, rangé au conditionnement permanent de ce football qui ne ressemble plus au football et auquel sont soumis les arbitres et les clubs français ! Se soumettre ou se marginaliser, voilà le dilemme…

Bastia est lui un club atypique du championnat français, car il refuse ces règles, et c’est là toute l’histoire entre la Corse et Paris ! Décidément deux mondes inaccessibles… Qui vaincra l’autre ? Bastia ne semble pas vouloir « se ranger ». La LFP l’a bien compris qui ne cessera dès lors à réprimer et haïr ces insolents qui bravent son autoritarisme. « Nati per soffre » dit le slogan du club des supporters le plus actif, Bastia 1905 !

Quelle plus belle illustration encore que ce Président au pouvoir absolu qui rejette son propre protocole pour ne pas daigner descendre sur la pelouse pour saluer les 22 acteurs comme c’est la coutume avant match ? Du jamais vu ! Tout un symbole de son odieuse partialité et de sa colère de voir le Sporting prétendre à ce titre ! Protocole encore auquel il avait dérogé en 2012 pour ne pas venir en Corse remettre le trophée de Champion de Ligue 2 au Sporting Club de Bastia !(2) du jamais vu également !

Pourquoi Bastia a-t-elle droit à un tel traitement si ce n’est pour cracher à la figure de cette Corse qui le nargue jusqu’à se hisser en finale de « sa coupe » ? Et que dire de ce mépris insupportable à nouveau de refuser à ce que soit apposée la banderole du collectif du 5 mai 1992 ? Ce drame qui lui rappelle trop peut être les dérives de ce foot business que la LFP de M. Thiriez encense…Sébastien Squilacci est

un grand défenseur, magistral et propre dans ses interventions, il est rarement pris en faute. C’est aussi un homme d’expérience, une pièce maîtresse de la défense bastiaise. Dans ce challenge qu’on savait très difficile pour les bleus, il était en charge du marquage de la star suédoise, son expulsion injuste a réglé définitivement le sort du match et mis fin à la fête que devait être cette finale !

Dès lors Goliath avait les espaces nécessaires pour plier définitivement les choses et les bleus, leur coach, leur public, n’y pouvaient plus rien et ne pouvaient qu’assister impuissants au triomphe de ce football sans âme.
Le Sporting a eu un superbe parcours et ni Toto3 ni ses camarades ne doivent avoir de regrets. Ils ont tout donné et nous ont porté magnifiquement jusqu’au stade de France.

Finalement notre erreur aura été de croire que Bastia y avait bien toutes ses chances pour pouvoir créer la surprise et transformer ce grand rendez-vous d’émotion collective en pur moment de bonheur. Ils ont d’ailleurs prouvé que c’était possible, jusqu’à la fameuse 20ème minute, rivalisant jusque-là avec le monstre qatari comme ils avaient su le faire à Furiani en janvier dernier, et augurant d’une bien belle finale tous les amoureux du ballon rond ! M. Bastien (coaché par M. Thiriez ?) en a décidé autrement…. Mais leur faute à eux et à toute l’intelligentsia parisienne est de ne pas comprendre qu’à chaque fois qu’ils veulent étouffer la Corse, ils la renforcent ! Nous reviendrons M, Thiriez.

Forza o zité è arritti più chè mai !!!

Fabiana Giovannini.

1) Banderoles, bâches et matériels de spectacle interdits, empêchant la réalisation de tifos.
2) le club avait alors acheté un banal trophée pour pouvoir fêter tout de même son titre avec ses supporters en fin de saison…
3) Toto est le surnom donné à Sébastien Squillacci.

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