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Les chrétiens d’Orient, il n’y a pas si longtemps encore si nombreux dans cette partie du monde, sont en train de disparaître, ou plutôt d’être contraints à l’exil par des persécutions massives représentatives d’une intolérance brutale, odieuse et qui n’a guère de précédent dans l’histoire.

Les persécutions anti-chrétiennes de l’Empire romain ont été beaucoup moins violentes que l’on ne l’a dit et fort peu efficaces puisque, à la fin, l’empire romain s’est entièrement converti au christianisme dont il est devenu tout à la fois symbole et instrument.

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Malgré sa légende noire, l’Inquisition faisait reposer sa répression sur une certaine justice et des voies de recours possibles tandis que la pratique de la torture y était moins fréquente qu’on ne l’a dit en tout cas pas plus systématique que dans la justice ordinaire de l’époque.

Il n’est nul besoin d’être chrétien pour défendre la cause des chrétiens d’Orient.

Notre indignation et nos réactions s’imposent par simple humanité : une qualité qui n’existe pas à l’évidence dans la bureaucratie des transports parisiens.

Je ne sais pas ce qu’il en est des « règlements » de la Régie autonome des transports parisiens mais je peux indiquer ici ce que dit la Constitution à propos de la liberté religieuse et de la résistance à l’oppression.

Cette dernière est définie comme un droit « naturel et imprescriptible de l’homme ». Par ailleurs, « nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la Loi » (art.10 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789).

Des affiches défendant, de manière d’ailleurs bien indirecte et allusive, le droit des chrétiens d’Orient d’exprimer librement leurs opinions religieuses et de résister à l’oppression qu’ils subissent en raison de ces opinions ne sauraient donc enfreindre en aucune manière le principe de laïcité.

La RATP a renoncé mais elle l’a fait uniquement face à l’indignation venue de tous les bords politiques. Elle ne s’est pas excusée, n’a pas fait acte de contrition et n’a même pas confessé son erreur. Elle ne peut donc être absoute.

On pourrait exiger que la RATP propose, en rémission de sa faute, que des emplacements gratuits soient réservés gracieusement à ceux qui souhaitent protester à la suite du massacre de Garissa. Rappelons que dans cette monstrueuse affaire, les bourreaux ont sélectionné, parmi les étudiants, les chrétiens pour les assassiner à raison de leur confession religieuse.

Ce serait bienvenu, conforme à notre Constitution, et nullement contradictoire avec le principe de laïcité.

Mais les bureaucrates ne reconnaissent jamais leurs erreurs, manquent souvent de bon sens, parfois de sens moral et sont capables aussi d’égarements, préférant toujours leur petit règlement aux lois supérieures, celles qui sont issues des Constitutions ou des Droits de l’Homme.

Cet aveuglement n’est pas à prendre à la légère.

Cet excès n’est pas insignifiant à l’inverse de ce qu’en aurait dit Talleyrand. La technostructure tend naturellement à créer ses propres lois au mépris des lois démocratiques.

Sur des modes différents, Kafka et Galbraith ont dressé des tableaux lucides de la technostructure : la RATP vient de nous en donner un exemple significatif.

Blog Paul Giacobbi

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