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Ces dernières semaines auront été une véritable caricature de ce qu’à quoi devrait tendre la démocratie. L’election surréaliste du président du défunt conseil général de haute Corse avait donné le “la” , et la suite n’a pas manqué de poursuivre dans le même registre.

  • En haute Corse les élections du conseil départemental ont été particulièrement surréalistes, avec un nombre inédit de nouveaux cantons sans candidats de l’opposition nationale: du jamais vu ! Au point que l’étiquette DVG appliquée à certains d’entre eux , signifiant traditionnellement “divers gauche” pouvait se traduire par un “divers giacobbi”.

L’un des conseillers généraux de la précédente majorité, aujourd’hui décédé, que j’avais apostrophé mi figue mi raisin d’un “vous voilà à présent des notres”, m’avait rétorqué avec autant d’humour que de sincérité je dois dire: vous qui me connaissez bien, Vincent, vous savez bien que j’ai le coeur à droite et l’estomac à gauche ..

La nouvelle “majorité départementale” est en fait à la gauche ce que la musique militaire est à la musique…Raymond Barre prétendait qu’il ne fallait jamais attacher son chien avec des saucisses : on verra bien.

S’il fallait aux sceptiques un signe de plus que le clivage gauche-droite dans notre Île, tel qu’il a été vécu depuis la libération, a perdu de sa pertinence, cette élection  aura été l’aboutissement et le point d’orgue d’une décadence annoncée.

  • En Corse du sud, ou la gauche ne dispose plus d’aucun siège, le petit fils d’un président PRG du défunt conseil général étant parti à droite avec armes et bagages, les nouveaux conseillers départementaux de droite se sont livrés à l’un de ces combats de nains qu’affectionne notre classe politique. Détenteurs de l’ensemble des nouveaux cantons, ils se sont affrontés sévèrement et ont fini par élire leur président au bénéfice de l’âge ! Sans doute ont-ils voulu adresser un message à la jeunesse ?

Le fait qu’ils n’aient  rien trouvé de mieux, dans la période de grave crise sociale que nous traversons, que de se jeter dans cette bataille de polochons est aussi dérisoire qu’indigne.

  • A Bastia enfin, la majorité plus que plurielle qui avait permis à un candidat nationaliste d’accèder au fauteuil du premier magistrat donne de la gite. Je ne crois pas que la visite rendue par François Tatti au nouveau président du conseil départemental soit l’unique cause de la discorde entre celui ci et ses partenaires: j’ai plutôt  le sentiment que c’est un peu la goutte d’eau qui a fait déborder le vase des désaccords qui s’étaient accumulés entre la ville de Bastia et sa majorité avec le président de la CAB qui est apparu à cette occasion particulièrement isolé dans cette institution .
J’avais soutenu la liste conduite par François Tatti et Emmanuelle de Gentile: je ne le regrette absolument pas, je réalise seulement que j’avais surestimé la mue du premier vers les thèses corsistes. Rien de surprenant, au demeurant : François Tatti n’est il pas le fils spirituel d’Emile Zuccarelli ?
vincentCarlottiGaucheAutonomisteCorseCorsicaOn dit qu’il se serait rapproché de Paul Giacobbi: je n’en sais rien, mais si cela s’avérait exact, comment comprendre qu’il se soit éloigné politiquement des autonomistes à Bastia, pour se rapprocher de l’homme, soutenu sans états d’âme par Corsica Libera, et on peut le comprendre, dont il a combattu les propositions à l’assemblée de Corse ?
Il serait dommage, pour lui , pour Bastia, et pour la Corse, que seule l’ambition, toujours légitime au demeurant en politique pour peu qu’on en ait les moyens,  éclaire son parcours.

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