Produit CORSU E RIBELLU

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Une fois de plus un descendant de négrier perpètre une agression raciste à l’encontre d’un descendant d’Africain déporté, et cela en terre d’esclavage. Toutefois, vu le caractère particulièrement caricatural de cette agression publique, le MIR (Mouvement International pour les Réparations) s’interroge :

gwadloup UPLGQuel est l’objectif visé par Monsieur Nicolas CHAULET ?
Cette agression est-elle « spontanée » ou s’agit-il d’un épisode faisant partie d’une opération globale pensée en amont ?

18 MARS 2015
Les faits sont notamment rapportés par un avocat témoin de la scène qui se passe dans un restaurant.
Me Nirelep : « A une table voisine de la mienne, déjeunait paisiblement un jeune guadeloupéen, Monsieur Frédéric AUGUSTIN. Arrive un homme jeune, dont rien n’indiquait qu’il pût être victime d’une quelconque altération mentale. Tout d’un coup, on entend cet individu s’en prendre, sans raison, à mon jeune voisin : ” Sale nègre ! Fils de pute! Esclave ! Fils de vieille négresse ! C’est moi Nicolas CHAULET qui te le dis, les nègres ont toujours été les chiens des CHAULET ! Kounyi a manmanw, makak ! Un petit nègre comme toi, ne peut pas faire peur à un CHAULET ! Je vais te faire tuer, sale petit nègre ! ” Il est facile d’imaginer que la température est rapidement montée. …Que croyez qu’il [Nicolas CHAULET] fît alors ? Avec la complicité active de son épouse ou compagne ou amie, il va commettre de graves dégradations sur le véhicule professionnel de Monsieur AUGUSTIN, va lui dérober son matériel et son outillage…et va appeler les gendarmes qui vont accourir avec une célérité inhabituelle, pour secourir Monsieur Nicolas CHAULET, poursuivi par un nègre en colère ! Les gendarmes durent se rendre à l’évidence. Non seulement ce triste individu n’était nullement menacé, pour la simple raison qu’il n’était pas là, d’autre part, la victime était bien Monsieur AUGUSTIN, soutenu par toutes les personnes présentes, et qui offraient spontanément leur témoignage. Monsieur AUGUSTIN a déposé plainte contre Nicolas CHAULET pour injures racistes, dégradation de bien, vol, menace de mort. »

UN CONTEXTE COLONIAL CLASSIQUE
Le contexte est classique, à savoir une continuité de l’Etat qui soutient son colonat et applique un régime dérogatoire à la population colonisée, laquelle subit,
le droit produit par la France depuis 4 siècles, à savoir un droit qui sacralise la propriété et le recèle des biens acquis par les colons sur le crime (Article 17 de la Déclaration des droits de 1789),
et lorsque ce droit tendrait à servir la défense des droits humains du colonisé et à remettre en cause l’impunité dont jouit le colon, la non application de ce droit.
C’est ainsi que face au legs colonial criminel : Nicholas Sarkozy martèle son refus de « repentance », que son successeur François Hollande affirme publiquement son refus de « réparation », et que le tribunal de Fort-de-France (le bien nommé !!!) face à la procédure en réparation du MIR-Martinique botte en touche en invoquant la trop grande complexité de la mise en œuvre des réparations.
Quand la meilleure défense c’est l’attaque…
FACE À DES COLONISÉS QUI EXIGENT L’OUVERTURE DU DOSSIER DES REPARATIONS

L’ouverture du dossier des réparations, à commencer par la réforme foncière, est incontournable, et l’Etat et ses colons qui font bloc, n’entendent rien lâcher.
En Guadeloupe, dans le sillage du sabotage de l’Accord Bino (obtenu en 2009), on assiste à une offensive qui va crescendo. Soutien des tribunaux à l’apologie de la pureté de la race (Affaire Hayot), à l’apologie des « héros coloniaux » (Affaire de la Stèle), campagne révisionniste et verrouillage de l’Université (Affaire Code Noir de Jean-François Niort), subversion du projet de Mémorial dont il est prévu, en point d’orgue en mai prochain, l’inauguration par celui-là même – François Hollande – qui dans un discours public en janvier 2015, ose proclamer « La Shoah, le plus grand crime jamais connu et jamais commis dans l’humanité » (Affaire Joëlle Ursull).

Dans un pays colonial et impérialiste tel que la France, l’apologie de crime – et au cas présent, de crime contre l’humanité – est omniprésente : dans la signalétique, l’enseignement etc. Mais aujourd’hui à l’évidence elle redouble avec le soutien actif de l’Etat qui monte en première ligne.

POUR INFORMATION : QUE SE PASSERAIT IL, AU REGARD DU
DROIT FRANÇAIS ACTUEL, SI NOUS N’ETIONS PAS DES COLONISÉS

Une injure raciste est une expression insultante dirigée contre une race en particulier, et dont le caractère offensant, est perçu par tous. La loi n°72-546 du 1er juillet 1972 sur la lutte contre le racisme a introduit d’autres notions, avec notamment le délit de provocation « à la discrimination, à la haine ou à la violence l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée ». Cette même loi de 1972 punit également la discrimination exercée par un agent public.
Le droit pénal réprime les actes qui sont une manifestation de racisme. La peine prévue est « d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende ou de l’une de ces deux peines seulement. Privation de droits civiques pendant 5 ans au plus (CP : art.131-26 2° et 3°15), affichage ou diffusion de la décision prononcée (CP : 131-3516)
La loi 2003-88 du 3 février 2003 et la loi 2004-204 du 9 mars 2004 a créé une nouvelle circonstance aggravante à caractère raciste, xénophobe ou antisémite (article 132-76 du code pénal).
La circonstance aggravante doit être établie de manière objective et n’est caractérisée, selon l’article 132-76 du code pénal, que lorsque l’infraction est précédée, accompagnée, ou suivie de propos, écrits, images, objets, ou actes de toute nature portant atteinte à l’honneur ou à la considération de la victime ou d’un groupe de personnes dont fait partie la victime à raison de leur appartenance ou de leur non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation, un race ou une religion déterminée.
Cette circonstance aggravante a pour effet d’augmenter la peine encourue, pouvant même le cas échéant modifier la nature de l’infraction (les dégradations dangereuses de bien privé assorties de la circonstance aggravante à caractère raciste deviennent un crime).
La loi 2004-204 du 9 mars 2004 portant adaptation de la justice aux évolutions de la criminalité́ a élargi aux menaces, vol, et extorsion la liste des infractions pour lesquelles la circonstance aggravante à caractère raciste ou antisémite peut être retenue.
Menaces de mort, 5 ans d’emprisonnement et 75.000 € d’amende au lieu de 3 ans d’emprisonnement et 45.000 € d’amende
Dégradations de bien privé, 3 ans d’emprisonnement et 45.000 € d’amende au lieu de 2 ans et 30.000 € d’amende.
La peine est portée à 5 ans d’emprisonnement
Vol Extorsion, 5 ans d’emprisonnement et 75.000 € d’amende au lieu de 3 ans et 45.000 € d’amende …/…

En Conséquence,
Le MIR-Guadeloupe, s’insurge contre cette montée en puissance de la haine, du racisme, et de l’apologie du plus grand Crime contre l’Humanité jamais commis, et EXIGE REPARATIONS
Le MIR-Guadeloupe, a décidé de mettre en œuvre tous les moyens légaux avec d’autres organisations nationales et internationales pour exiger que Justice soit rendue à nos glorieux ancêtres, et qu’ils soient réhabilités
Le MIR-Guadeloupe, porte son total soutien à Monsieur Frédéric AUGUSTIN, victime d’une inqualifiable et ahurissante agression verbale, où le caractère raciste évident est posé avec en plus la dégradation de son outil de travail et menace de mort
Le MIR-Guadeloupe, s’associe à toutes les actions pour imposer que Justice soit rendue non seulement à M. AUGUSTIN, mais aux africains descendants en générale.
Avec force, détermination, Le MIR-Guadeloupe, continue sa lutte pour arracher les justes Réparations qui nous sont dues.

Line HILGROS
Présidente du MIR-Guadeloupe