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(Unità Naziunale Publié le 12 juin à 16h48) Le feuilleton de la création de Femu a Corsica, parti de regroupement des militants issus de la famille « modérée » de la famille nationaliste, entre dans sa phase décisive. La dynamique post-électorale s’est ralentie, et la nécessité politique est plus que jamais avérée d’ancrer définitivement Femu a Corsica.

La tactique gouvernementale est bien rodée, qui ne laisse aucune place au doute sur les intentions de son principal inspirateur, l’Elysée. Depuis le discours tenu lors de sa venue en Corse lors de la commémoration Erignac, Emmanuel Macron a fixé sa feuille de route au gouvernement : donner le change en multipliant les visites ministérielles sur tout sujet et à tout propos, en flattant les corps intermédiaires et, au besoin, en lâchant quelques subsides, pour mieux adopter des positions de fermeture face aux demandes de l’Exécutif afin de lui créer un maximum de difficultés financières et, donc, politiques.

Les dernières visites de Bruno Le Maire et de Nicolas Hulot en sont deux exemples parlants. Nicolas Hulot a deux compétences, l’énergie, et l’environnement qui recouvre le traitement des déchets. Sur l’énergie, il n’a fait aucune déclaration sur le futur approvisionnement gaz alors que l’appel d’offres est en cours, et que l’engagement de l’Etat sera déterminant pour son aboutissement. Aussi, a contrario, le désengagement que cette attitude manifeste est de bien mauvais augure.

Puis il est allé se promener sur le site de la centrale hydroélectrique de Sampolu, où un projet de STEP (Station de Transfert d’Energie par Pompage), indispensable pour stocker les énergies renouvelables afin de pouvoir accompagner la montée en puissance des installations solaires ou éoliennes, attend des financements modestes pour pouvoir sortir de terre. Pas un mot ni la moindre annonce à ce sujet.

Enfin, son propos sur les déchets a été encore plus caricatural : Nicolas Hulot a rallumé les feux d’un projet néfaste et illusoire d’incinération, l’exact contraire de ce que l’on pouvait attendre d’une personnalité à réputation écologiste, alors que chacun espérait qu’il apporte des moyens nouveaux pour mettre en œuvre le plan de tri à la source élaboré par l’Assemblée de Corse.

Côté Bruno Le Maire, même topo : on flatte les entrepreneurs de la Corsica Linea, puis on donne un satisfecit à la Chambre de Commerce pour une étude dont in fine on ne tiendra aucun compte. En effet, la démonstration chiffrée des surcoûts rencontrés par toute économie en situation d’insularité, à compenser par une fiscalité moindre, se traduit dans la réponse du Ministre par une remise en cause du statut fiscal actuel de la Corse alors que son bilan chiffré est très en deçà des besoins mis en avant. Tout en accompagnant le tour de passe-passe d’un tonitruant « je ne tends pas la main à ceux qui l’ont mordue » adressé à Jean Guy Talamoni qui avait jugé bon de mettre en cause le ballet des visites gouvernementales en n’assistant pas à la rencontre avec le Ministre de l’Economie.

Ce que les Ministres font, les Préfets le relaient systématiquement sur le terrain, et l’objectif est bien clair, transparent même : mettre la gouvernance nationaliste en difficulté et favoriser la montée en puissance d’une alternative « républicaine ».

Dans ce contexte, le mouvement nationaliste ne peut plus se contenter de surfer sur la vague qui l’a porté jusqu’à une majorité absolue des voix en décembre dernier. C’est une question de nécessité politique fondamentale, car l’électorat, s’il n’est pas rassuré par la cohérence d’une démarche politique structurée, se trouvera fragilisé par le travail de sape que l’Etat Macron mène méthodiquement.

Du coup les annonces non suivies d’effet pour Femu a Corsica, ou, pire, les volte-face désinvoltes alors que tout a été mis en place (adhésions recueillies par centaines, statuts adoptés en grand meeting fondateur), mettraient tout le mouvement nationaliste sur la mauvaise pente.

Nous sommes régulièrement tributaires de phases électorales où chacun joue son plan de carrière plutôt que la réflexion politique d’ensemble. Nous jouons très gros, trop gros, pour continuer de louvoyer.

L’Assemblée Générale du PNC peut être une Assemblée Générale de fin de processus, et, accompagner la mise en place immédiate de Femu a Corsica. Mais elle peut être aussi l’Assemblée Générale de trop, celle qui, démentant la précédente tenue en septembre, cherche à relancer une nouvelle période d’attente. Elle serait alors mortifère pour le PNC. Espérons qu’elle ne le sera pas pour Femu a Corsica dans son ensemble !

François Alfonsi sur Facebook


#Corse Le PNC reporte son A.G au samedi 23 juin 2018