Produit CORSU E RIBELLU

X

(Unità Naziunale publié le 5 juin à 15h57) Le 26 mars dernier à l’occasion de la visite du Secrétaire d’Etat Olivier Dussopt, j’exprimais de vives réserves quant à l’utilité des visites ministérielles relevant de mondanités, de coups médiatiques, voire de simples alibis.

Je confirmais néanmoins ma disponibilité pour participer à de vraies réunions autour d’un ordre du jour précis et présentant de réelles perspectives d’avancées concrètes pour les Corses. Cette position m’a conduit à rester en retrait des différentes visites s’étant déroulées dans l’île depuis lors.

En ce qui concerne la venue en Corse de Bruno Le Maire, ministre de l’économie et des finances, la question de la fiscalité était posée.

Rappelons à cet égard qu’un projet largement consensuel de statut fiscal et social, outil indispensable aux yeux de la grande majorité des Corses, avait été réalisé sous l’égide de la présidence de l’Assemblée de Corse en 2017.

Visite de Bruno Le Maire : une énième concertation en trompe-l’oeil

J’ai donc participé ce matin à une réunion technique entre la Collectivité de Corse, le ministre Le Maire, les responsables des chambres de commerce et d’industrie et ceux des chambres des métiers. Il s’agissait de vérifier si de véritables discussions étaient ouvertes afin de trouver des pistes de solution aux problèmes économiques et sociaux de la Corse.

Quelques minutes seulement de réunion ont suffi à constater l’inutilité de cette nouvelle visite ministérielle.

En effet, le ministre devait préciser dès l’abord qu’aucune mesure fiscale ne pouvait être insérée dans la Loi de finances pour 2019, ce qui reporte une éventuelle avancée à une date que de nombreuses entreprises corses ne pourront attendre.

Par ailleurs, à ma question sur la simple notion de statut fiscal et social dérogatoire, le ministre devait répondre qu’il lui était en l’état impossible de s’engager en ce sens. Par conséquent, il apparaissait à l’évidence que cette énième visite ne relevait pas d’une démarche sincère et constructive mais d’une nouvelle mise en scène médiatique visant à faire croire que Paris est attentif à la situation de la Corse.

C’est la raison pour laquelle, j’ai décidé de décliner l’invitation qui m’était faite de participer à la grand-messe organisée au Palais des congrès d’Aiacciu.

J’ai, bien entendu, explicité ma position auprès des autres responsables de la Collectivité de Corse ainsi qu’aux élus consulaires auxquels je renouvelle ma solidarité pleine et entière.

Restant disponible dans la perspective de vraies discussions permettant de faire avancer les affaires de la Corse et des Corses, je regrette néanmoins qu’une nouvelle occasion ait été manquée, faute par Paris de s’engager dans un processus loyal prenant en compte la volonté exprimée par les Corses en décembre dernier.

Président de l’Assemblée de Corse
Jean-Guy Talamoni